Exposition Bill Viola @ Haunch of Venison

Hatsu-Hume (1981, 57′)   

A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 21 février prochain, la galerie Haunch of Venison présente une exposition de Bill Viola, l’occasion idéale de découvrir l’oeuvre de ce pionnier de l’art vidéo et son plus célèbre représentant dans le cadre d’une exposition solo. Peut-être avez-vous déjà vu quelques unes de ses vidéos ou de ses installations dans une exposition thématique d’un musée d’art contemporain (ses oeuvres font d’incessants aller-retours entre les plus grands musées européens et américains). Par exemple, en 2007, le Hamburger Bahnhof présentait dans le cadre de son exposition “Schmerz” la vidéo Observance, montrant 18 personnes se succédant face à un drame situé hors-champ, provocant chez eux la douleur et la tristesse.La mort est en effet l’un des thèmes récurrents explorés par Bill Viola dans ses vidéos et ses installations sonores, ainsi que la naissance, le sommeil, le passage, en un mot, la perception humaine et la relation au monde. La galerie Haunch of Vision (dont l’antenne de Londres représente Bill Viola en Europe) présentera différentes oeuvres, plus ou moins récentes, parmi lesquelles The Messenger, datant de 1996, et la série Transfigurations créee pour la Biennale de Venise en 2007.
Parallèlement, la galerie diffusera dans le cadre de la Berlinale deux films de Bill Viola de 54 et 57 minutes: Hastu-Hume (First Dream), réalisé au Japon en 1981 et The Passing, réalisée en 1991 et mettant en scène la mort de sa mère et la naissance de son fils.
Ces deux films seront diffusés tous les jours, plusieurs fois par jour, du 5 au 15 février:
11h30: Hatsu-Hume
13h: The Passing
14h30: Hatsu-Hume
16h: The Passing
17h30: Hatsu-Hume
19h: The Passing

Voilà, vous savez tout. A part les coordonnées de la galerie Haunch of Venision (qui, certes, se trouve à Wedding, mais quelle meilleure occasion de mettre enfin les pieds dans ce quartier?)
Heidestrasse 46
+ 49 (0) 30 39 74 39 63
U6 Schwartzkopffstrasse / S Wedding
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h


Par Soizic Cadio

Crystal Castles squate le Spreepark



Il y a quelques mois, LLT signaient l’un des posts les plus célèbres (toute proportion gardée) de leur jeune histoire en révélant à leurs lecteurs l’existence et l’emplacement d’un parc d’attraction abandonné, le Spreepark. (Ce morceau d’histoire est à découvrir ici). Suite à la parution de l’article, nombreux furent les aventuriers en herbe à tenter d’escalader les grilles pour braver le redoutable chien d’attaque et profiter quelques minutes (ou quelques heures pour les plus téméraires) de ce petit monde oublié. Face à ce succès inattendu et fatigué de résister aux intrusions clandestines, le propriétaire des lieux décidait d’ouvrir les portes de son parc d’attraction fantôme pour quelques heures moyennant finance. De nombreux photographes se sont succédés pour immortaliser les vestiges du Spreepark mais pas seulement! Le parc a également inspiré les musiciens puisque le groupe électronique Crystal Castles a tourné quelques scènes du clip de sa chanson Crime Wave dans le Spreepark. 

Par Yann Faure

Dry Guillotine Fest: Ed Banger crew au Maria

Du beau monde demain soir au Club Maria, puisque le Dry Guillotine Festival a décidé de faire la part belle au label de Pedro Winter, Ed Banger. Demain, Busy P, DJ Mehdi, So Me et Justice (qui présenteront leur documentaire A Cross the Universe) se succèderont derrière les platines dès 22H. Vendredi, le Birthday Party Crew prendra les choses en main et Samedi c’est notre Mr Oizo national qui clôturera les festivités…  

Bref, du gros son en perspective pour la génération fluo…

Pour les curieux, le trailer du docu A Cross the Universe réalisé par Romain Gavras et So Me (ça a l’air bien trash)


Par Yann Faure

Moabit Vice

La saga de l’été Berlinois s’appelle Moabit Vice. Chaque semaine, le magazine et agenda culturel Tip publie sur son site Internet un nouvel épisode de cette série, parodie de Deux flics à Miami, version Moabit. Pour qui a déjà mis les pieds à Moabit, quartier oublié au nord de Tiergarten, ce simple titre a de quoi faire sourire. S’il est un quartier qui, justement, n’apparaît pas ou peu dans les pages agenda de Tip, c’est Moabit.
D’ailleurs, (parenthèse historique du professeur Lapinwiki), le nom de Moabit viendrait du Français. Les Huguenots débarqués à Berlin pour fuir les persécutions l’auraient baptisé ainsi en référence au pays de Moab, où les Hébreux auraient été parqués avant d’entrer au pays de Canan. Tout un programme… Bref.
Dans le rôle des deux flics à Miami, deux loosers de Moabit dans la plus pure tradition des séries policières Allemandes. Un logo on ne peut plus kitsch (qui a osé associer du vert et du violet depuis le générique de Sauvé par le Gong?), un générique absurde (pourquoi voit-on des flammands roses?) et une bande son à faire pâlir Eric Serra sont les ingrédients de cette mini série d’environ 5 minutes par épisode.
Dans le dernier épisode en date, publié vendredi dernier, Sunny et Rico (c’est le nom des deux protagonistes, représentants de la police du style) se retrouvent devant l’Arbeitsamt de Moabit, équivalent de l’ANPE, à traquer un Hartz IV, l’équivalent du Rmiste, qui roule en ferrari. De très bon goût et encore mieux que Tatort.

Par Soizic Cadio

Gemüseschlacht 2008 : Friedrichshain 1 – Kreuzberg 0 (la bataille de légumes)

Dimanche 27 juillet 2008. 12h00. Oberbaumbrücke. La guerre des légumes peut commencer après plusieurs semaines de préparation intensive. Chaque camp affûte ses armes et scrute l’adversaire. Chacun se prépare à plusieurs heures de combat acharné, où tous les coups sont permis pour vaincre le frère ennemi. Les chars sont en place, les munitions rassemblées, les combattants sur le qui vive.  

Nous vous parlons là d’une guerre fratricide qui sévit au cœur de Berlin depuis plusieurs années, sans que personne ne sache précisément quand tout cela a commencé. L’origine de la Gemüseschlacht, ou guerre des légumes, serait (d’après le gentil policier chargé de surveiller les hostilités) la réforme de la carte administrative de Berlin, qui avait pour but de fusionner certains quartiers en une seule entité administrative. Au nom de cette réforme, les quartiers de Friedrichshain et de Kreuzberg ont donc fusionné en 2001 pour devenir Friedrichshain-Kreuzberg. Quelques irréductibles auraient décidé de marquer leur opposition à cette nouvelle « réunification » en organisant chaque année une bataille rangée sur l’illustre Oberbaumbrücke, le pont qui relie les deux quartiers. Et c’est aujourd’hui, dimanche 27 juillet, que les deux camps ont choisi de s’affronter dans la bonne humeur sous un ciel bleu azur, sous l’œil bienveillant de la Fernsehturm et du Molecule Man, et sous le regard halluciné des passagers du U-Bahn, qui surplombe le pont.

Arrêtons là les explications et reprenons notre compte-rendu des hostilités. Rapidement, les Kreuzbergiens prennent l’avantage grâce à un char de fortune du haut duquel les assaillants lancent leurs munitions en perçant les lignes ennemies en moins de 20 minutes. Pendant ce temps, les projectiles volent de part et d’autre : légumes et fruits pourris en tout genre (pêches, tomates, bananes, citrons, choux-fleurs…), œufs pourris, farine, ballons de baudruche remplis d’eau ou de liquide indéterminé. Ayant repoussé Friedrichshain dans ses tranchées, Kreuzberg sort sa botte secrète : une catapulte très élaborée qui permet d’envoyer des ballons d’eau à vitesse éclair. Mais si Kreuzberg remporte haut la main la première manche en surprenant l’ennemi par sa créativité, les combattants de Friedrichshain s’avèrent plus efficaces sur la durée. Ils reprennent finalement l’avantage et repoussent les Kreuzbergiens de leur côté du pont, après une bonne heure de combat au corps à corps à l’aide de battes en mousse.

Comme chaque année, la victoire revient à Friedrichshain, que l’on soupçonne d’être soutenu par des renforts de Prenzlauer Berg, qui crient à l’unisson « Ost Berlin ! Ost Berlin ! ». Kreuzberg de son côté, est aidé de factions venues de Neukölln, mais rien n’y fait. Ironie du sort, Kreuzberg, le plus à l’est des quartiers Ouest, se retrouve encore une fois à l’Ouest malgré lui. Au-delà de l’aspect ludique et défouloir de cette bataille rangée se cache le symbole d’une division géographique encore bien persistante. Kreuzberg a toujours été à l’Ouest, Friedrichshain à l’Est, et cette géographie de fait s’est vue matérialisée par un mur pendant près de 30 ans.


Par Soizic Cadio & Yann Faure


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.