‘Kottbusser Tor’
Entendu à…
mardi 10 février 2009
Entendu à 227 commentaires
Par Soizic Cadio
Kotti’s secrets
jeudi 11 décembre 2008
Bars/Cafés, Clubs, Kreuzberg 307 commentaires
Lorsqu’on découvre cette place pour la première fois en tant que touriste, on ne peut s’empêcher de penser aux banlieues françaises également construites sur le triste modèle du Tetris. Un Tetris figé, austère, et où les empilements de barres ne rapportent pas de points… On descend du U-bahn, on jette un regard furtif sur la place, puis on s’engouffre dans les profondeurs de la station, le repère des drogués et de leurs fournisseurs. À peine sorti de la station, on presse le pas pour rejoindre la Oranienstrasse ou le Graeffekiez, mais jamais, non jamais on ne s’arrête.
Pourtant Kottbusser Tor, c’est aussi Kotti, un surnom donné à la place par ceux qui y vivent, ceux qui y travaillent, ceux qui s’y arrêtent parce que oui, Kottbusser Tor est un endroit attachant, vivant, un vrai Kiez avec ses habitants et sa vie de quartier et, cerise sur le ghetto, Kotti est également un des hauts lieux de la vie nocturne berlinoise. Mais pour le savoir, encore faut-il s’y arrêter et explorer ces barres que l’on ne saurait voir. Les Lapins Techno vous montrent les portes derrière lesquelles se cachent les lieux qui font les nuits de Kotti. Il ne tient qu’à vous d’y pénétrer.
On aime: ses serveuses à moustache, sa déco dépouillée et absurde, les meubles qui tombent du plafond (allusion au magasin de meuble qui résidait dans l’immeuble), ses murs de béton, ses néons verts et la Flensburger à 2€…
Pour s’y rendre: Sortir du U-bahn côté Rossmann, pénétrer dans le passage entre le Rossmann et le kebab, la vitrine du bar est visible du passage, mais attention, ne cherchez pas la porte, l’entrée se fait du côté opposé.
On aime: l’étroitesse de l’espace, ses fenêtres inclinées, sa vue imprenable sur le U-bahn, ses DJs.
Pour s’y rendre: Sortir du U-bahn côté Kaiser’s et prendre l’escalier ouvert à droite du supermarché, puis l’escalier de gauche et la première porte à gauche au premier étage.
On aime: ses fenêtres inclinées et sa vue sur le U-bahn (comme au Paloma), ses sièges le long des fenêtres, et son baby foot…
Pour s’y rendre: Sortir du métro côté Kaiser’s, longer la Skalitzer Strasse jusqu’a la porte du n°134. Monter les escaliers jusqu’au premier étage, puis pousser la première porte à gauche.
On aime: sa programmation oscillant entre groupes berlinois underground et figures de la scène internationale alternative, la simplicité de l’endroit (une salle carrée, une scène, un bar, comme au Lido), ses mezzanines.
Pour s’y rendre: Sortir du métro côté Kaiser’s, longer la Skalitzer Strasse jusqu’aux faibles lumières qui ornent le kiosque de l’entrée. La salle est au fond de la cour.
On aime: le côté Trash et défoncé du lieu, les toilettes sur le palier, sa programmation très berlinoise.
Pour s’y rendre: Sortir du U-bahn côté Kaiser’s, longer la Skalitzer Strasse jusqu’à la porte du n°133. Gravir les escalier jusqu’au dernier étage, pousser la porte en face des toilettes.
Par Yann Faure
Christiane F., 46 ans…
lundi 18 août 2008
Berlinpinpin, Charlottenburg, Kreuzberg 471 commentaires
Photo: Polyvore.comSi ce nom ne vous évoque rien, voici un petit résumé. En 1978, deux journalistes du magazine Stern partent à la rencontre de jeunes adolescents autour de la gare de Zoo dans l’idée de faire un reportage sur la scène de la drogue à Berlin. Au cour de leur enquête, ils vont croiser Christiane F., dont l’histoire va devenir emblématique d’une ville et d’une génération. Au lieu d’un reportage, c’est un best-seller qui va naître de cette confession. Christiane F. habite dans une cité de Neukölln dans les années 70, avec une mère dépassée et un père violent. De déménagements en crises familiales, elle connaît à 13 ans son premier amour, son premier acide et sa première piqûre d’héroïne. Rien de cette descente aux enfers ne nous est épargné, sur fond de Berlin gris et bétonné où la “scène” de la drogue se concentre autour de la gare de Zoo et du Sound. Christiane F. est entourée d’une bande de bébés zombies qui vont tomber les uns après les autres, palliant à l’absence d’autorité parentale et à l’abandon de l’école par toujours plus de drogues. L’histoire de Christiane F. a également donné lieu à un film, Wir Kinder vom Bahnhof Zoo, avec en guest star David Bowie jouant son propre rôle, comme une figure emblématique du Berlin de cette époque.
Cette histoire a donné lieu à certaines dérives, de l’utilisation du film comme pamphlet moralisateur anti-drogue à la fascination morbide de certaines adolescentes pour cette “héroïne” (lu sur un forum: “Christiane F. est mon idole! Son histoire est formidable, j’aurais aimé avoir eu sa vie”…). La vie de Christiane F. a donc été largement exploitée, elle-même ayant passé plusieurs années de sa vie à faire la promotion du livre et du film sur des plateaux de télé.
Si l’on vous parle de ça, c’est que Christiane F. a refait surface il y a quelques jours dans les journaux à scandales Allemands. Le livre s’achèvait sur un paragraphe de rédemption où l’on apprenait que Christiane F. s’en était sortie, qu’elle avait définitivement abandonné la drogue et vivait à Hamburg une vie clean et saine. Sauf qu’on apprend aujourd’hui que Mme F. vient de perdre la garde de son fils, qu’elle a replongé dans la drogue et que personne ne sait vraiment où elle est. Elle aurait été vue du côté de Kreuzberg, la “scène” s’étant déplacé de la gare de Zoo à Kottbusser Tor. 30 ans plus tard et 7 km au sud-est, la photo floutée de Christiane F. se retrouve aujourd’hui dans le Bild entre la pin-up dénudée et les résultats du foot…
Par Soizic Cadio
Kreuzberg Museum : « Schade das Beton nicht brennt »
lundi 10 mars 2008
Berlinpinpin, Kreuzberg, Musées 183 commentaires
Le premier intérêt de ce musée est la reconstitution du quartier en maquettes très précises, où chaque façade, chaque square, chaque boutique est représenté. Sous les maquettes, on trouve de curieuses jumelles dans lesquelles on aperçoit une photo en 3D d’un commerçant ou d’un habitant de Kreuzberg, dans sa boutique ou dans son appartement. Ces petits personnages figés dans les jumelles ont l’air étrangement vivants dans leur petite pièce en 3D.
Sur les murs, tout autour de la pièce, une longue frise chronologique reprend l’histoire du quartier grâce à des textes et des photos. Mieux vaut parler allemand si l’on veut saisir pleinement la dynamique de Kreuzberg. On y apprend que l’histoire du quartier, resté longtemps à la marge de la ville, a été très mouvementée. Situé à l’ouest du mur mais à l’est de la ville, le destin de Kreuzberg à l’époque du mur a été des plus singuliers. Dans les années 60 a été mise en œuvre une importante politique urbaine appelée « Sanierung », soit rénovation. Ce plan devait s’accompagner de destructions et de reconstructions d’immeubles et d’appartements pour leur donner un format standard, ce qui devait passer par de nombreuses expulsions et délogements. L’histoire de quartier est également étroitement liée à la communauté turque, largement concentrée à Kreuzberg dès les premières vagues de migration. Durant la période de « Sanierung », la communauté de Kreuzberg s’est animée, s’est révoltée, s’est unie contre. Scandalisée par les expulsions et les spéculations immobilières, elle a mis en place de nombreuses associations et réunions de quartier pour organiser la résistance par des actions spectaculaires comme l’occupation illégale de logements vides.
Enfin, confortablement installé dans un canapé, on peut achever sa visite en visionnant de courtes vidéos sur des thèmes qui ont fait l’histoire et la vie de Kreuzberg : la constitution du club mythique SO36, les manifestations, les émeutes urbaines et la répression policière, la communauté turque… On peut également y voir un film dont le titre pourrait être celui du musée : « Schade das Beton nicht Brennt ». Dommage que le béton ne brûle pas.
Kreuzberg Museum
U1 U8 Kottbusser Tor
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h
Entrée gratuite
Par Soizic Cadio







