‘Designers’
SideSeeing : le Trendmafia version Neukölln
jeudi 30 juillet 2009
Neukölln, Online Shopping, Shops 590 commentaires
Quand Kreuzberg et Friedrichshain s’affrontent pour la bataille de légumes, Neukölln vient en renfort du côté de Kreuzberg. Mais quand Kreuzberg et Friedrichshain s’associent pour un marché de créateurs et designer commun, Neukölln lance son propre marché de créateurs : SideSeeing. Il se tient sur le Maybachufer, à l’endroit du marché Turc et la dernière édition a lieu dimanche prochain (le 2 août). On y retrouvera une cinquantaine de créateurs, dont quelques-uns que nous apprécions tout particulièrement et dont nous avons déjà parlé ici (Ken Panda, KaWeDe, Hirschkind, Rütli Wear), mais on pourra aussi y découvrir plein de petits nouveaux…
Sur la photo, de gauche à droite, de haut en bas : Berlinfabrik, Neonpolka, Mein Laden (on vous recommande aussi le vrai magasin, Böckhstrasse 26), Mandu, JR Sewing, Creme carreau, If mama knew, Ahoj! Souvenirmanufaktur.
Par Soizic Cadio
Shopping Berlinois, volume 3
mardi 2 juin 2009
Mode, Online Shopping, Shopping 747 commentaires
Après nos petits chouchous Softmachines, Basteltüte et Team Brûlé Berlin, voici notre nouvelle sélection de créateurs Berlinois dénichés sur DaWanda. Au programme, des pandas, des saucisses en tissus et des t-shirts gemütlich.
La suite..
Par Soizic Cadio
Fashion week: Over Hose
jeudi 29 janvier 2009
Kreuzberg, Mode 788 commentaires
Par Yann Faure
Wasted German Youth, créateur de bien jolis stickers (& T-shirts)
vendredi 16 janvier 2009
Mode, Shopping 1,077 commentaires
Les collaborations artistiques entre labels musicaux et designers ne sont pas nouvelles. Factory Records a forgé son identité grâce aux visuels expérimentaux de son designer attitré Peter Saville. De même, personne ne discutera l’influence qu’a eu le travail de So Me dans le succès planétaire d’Ed Banger. L’identité d’un label ne se bâtit plus essentiellement sur son esthétique sonore mais sur ce que le label donne à voir au travers de ses pochettes de disques, de ses flyers, de ses clips, de son site et de ses T-shirts édition limitée vendus chez Colette.
Ça, le cousin Berlinois d’Ed Banger, Boysnoize records l’a bien compris et c’est avec le designer Paul Snowden créateur de Wasted German Youth que le label s’est associé pour la réalisation de ses visuels. Le concept est des plus simples : des stickers rectangulaires qui affichent des slogans en lettres majuscules blanches sur fond noir, déclinés en T-shirts. Les slogans ? « German Wasted Youth » (mouaif…), « Berlin Wasted Youth » (c’est mieux), « The kids want techno » (ha bon?), et « Minimal my ass » (notre préféré). Des T-shirts sympas, mais à notre avis un peu trop chers : 45 € pour le modèle de base et 65 € pour les éditions limitées, pas très Berlinois tout ça…
Wasted German Youth sera à Premium Berlin du 29 au 31 janvier.
Wasted German Youth
www.wasted-german-youth.com
Les T-shirts sont en vente sur le site
Par Yann Faure
La Rock’n Roll attitude sur ton canapé: Soft Machines
mardi 9 décembre 2008
Shopping 1,013 commentaires
Dans la série des objets onéreux, inutiles et indispensables voici les Soft Machines. Le concept est très simple : Des machines de légende comme la boîte à rythmes TR 808 de Rolland, la pédale d’effet proco RAT 2 ou la Big Muff de chez Electro-Harmonix dans des versions tissus et rembourrées pour bien caler vos fesses sur le canapé.
Avouez que pour développer une idée aussi tordue, l’auteur de ces créations devait avoir de sacrés talents pour la couture mais surtout un énorme béguin pour ces petites machines. Évidemment, le créateur de ces monstres de tissu est musicien, musicienne plus exactement puisqu’il s’agit de la bassiste et guitariste du groupe pop rock Berlinois mondo fumatore.
Les spécialistes s’empresseront de faire remarquer que la réplique de la TR 808 n’affiche que 12 touches au lieu des 16 sur la véritable machine et que certains potards manquent à l’appel, à ceux-là nous répondrons avec courtoisie mais fermeté, que ces coussins ne font de toute façon pas de musique, puisqu’ils sont en tissus.
Seul hic, le prix : 99€ pour chacune de ces Softs Machines. Si on peut relativiser l’investissement pour la TR 808 dont l’original s’échange autour de 900€ sur eBay, il n’en va pas de même pour les pédales d’effets, étrangement moins chères que leur réplique en tissus.
Mais honnêtement, le prix de l’absurdité peut-il être raisonnable ?
Retrouvez le shop de Soft Machines sur Dawanda, ici.
http://fr.dawanda.com/shop/softmachines
Par Yann Faure
Berlin Merchandising
samedi 6 décembre 2008
Berlinpinpin, Shopping 222 commentaires
On connaissait déjà le Ampelmann, ce bonhomme rouge (les bras en croix) ou vert (marchant d’un pas volontaire) qui ornait les feux de signalisation de l’ex-RDA. Destinés à disparaître après la réunification, les Ampelmann ont vu s’élever en leur faveur un élan de soutien populaire inattendu qui leur a permis de garder fièrement leur place de maîtres des trottoirs. C’est ainsi qu’à partir de 2001 ont commencé à fleurir les boutiques Ampelmann officielles un peu partout dans Berlin. Le bonhomme orne désormais les sacs et les t-shirts, s’affiche en porte-clés ou en badge, sans oublier la boule à neige Ampelmann édition limitée spéciale Noël. Il est devenu l’un des nombreux symboles de cette ville qui n’en manque pas, trouvant sa place sur l’étagère à côté de l’ours et de la Fernsehturm.
Cela ne nous avait pas marqué plus que cela jusqu’à ce qu’on remarque une chose en écumant les Flohmarkt, les marchés de créateurs et les boutiques de designers. Il semblerait que Berlin ne soit plus seulement un terrain de jeux et un décor pour les créateurs berlinois. Berlin en est aussi le sujet et la muse. En déambulant dans les allées du Flohmarkt de Mauerpark à Prenzlauer Berg, on se rend vite compte que les puces cèdent peu à peu la place aux designers locaux. Grand bien leur fasse, s’ils peuvent ainsi rencontrer leur clientèle. Mais en s’approchant un peu plus près, on s’aperçoit que ces créations - fringues, bijoux, photos ou peintures - tournent autour d’un thème récurrent : Berlin, Berlin, Berlin. Et la star du marché, c’est la Fernsehturm.
Au début, on trouve ça super. Ben oui, nous aussi on adore Berlin alors on s’achète 8 t-shirts, 4 sacs et 17 badges, avec des ours, des tours télé et des I ♥ Berlin à tour de bras. Et puis on se rend compte que tout ça va rester dans le placard parce qu’on habite Berlin et que c’est la honte de se promener avec un t-shirt Berlin à Berlin… Alors, tout ronchon et frustré, on grommelle que Berlin est en train de devenir un grand magasin de souvenir, voire une marque, voire un tampon « certifié branché ». C’est vrai qu’on imagine mal les designers parisiens vouant un culte à la Tour Eiffel ou à l’Arc de Triomphe.
En même temps, on peut aussi comprendre que des créateurs aiment cette ville au point de ne parler que d’elle, de la représenter et d’en saisir le sens. Après tout, c’est ce que nous faisons aussi à travers Les Lapins Techno. Mais si, toutefois, vous avez envie de voir autre chose, rendez-vous au Trendmafia ce weekend, le marché de créateurs qui a lieu tous les premiers samedis du mois à Friedrichshain. Plus de 70 artistes et designers berlinois seront présents, notamment Team Brûlé Berlin, Albino Berlin et Berlinillustrated !
Le Trendmafia de Noël: samedi 6 et dimanche 7 décembre, de 13h à 20h, Frankfurter Allee 21A
Par Soizic Cadio
Rütli Wear ou le streetwear made in Neukölln
jeudi 20 novembre 2008
Neukölln, Shopping 250 commentaires
La célèbre histoire de Rütli Schule
L’école Rütli a gagné sa réputation un jour de 2006, lorsqu’une enseignante de l’école a décidé d’écrire une lettre ouverte au Sénat de Berlin pour se plaindre de la difficulté d’enseigner dans cette école. Cette lettre a d’abord lancé le débat sur le système éducatif allemand, au niveau du secondaire. Il existe trois sortes de collèges-lycées en Allemagne: les Gymnasium, où sont rassemblés les meilleurs élèves, destinés à passer le bac et à poursuivre de longues études, les Realschulen, où sont regroupés les élèves à qui l’on apprend un métier, et enfin les Hauptschulen, où sont parqués tous les autres, en situation d’échec scolaire et souvent de détresse sociale. La Rütli Schule est une Hauptschule…
Mais plus qu’une polémique sur le système éducatif allemand, cette lettre a mis le feu aux poudres sur un sujet aussi sensible en Allemagne qu’en France: l’immigration et “l’intégration”. Il faut savoir que Neukölln est le quartier Multi Kulti par excellence, et qu’à la Rütli Schule, 83% des élèves sont “issus de l’immigration”. Ce que dénonçait l’enseignante dans sa lettre, c’était l’impossibilité d’enseigner quoi que ce soit à des élèves dans un climet de terreur, de violence, de vandalisme et de racisme. En quelque jour, l’histoire a fait le tour des rédactions allemandes, qui y ont vu un parfait marronier et se sont précipités à la Rütli Schule.
“Ce que voulaient dire cette enseignante, c’est que ces élèves n’avaient aucun avenir. Et les médias ont débarqué à l’école en se disant “attention, ce sont de vrais terroristes”… Tous les journaux allemands, et même des médias européens sont venus, ont filmé, pris des photos… Et ils ont même payé des élèves pour qu’ils fassent des choses bizarres. Tiens, je te donnes des cigarettes et tu balances cette poubelle…”, nous raconte Matthias, l’un des fondateurs de Rütli Wear. Certains journalistes auraient même directement fourni les cailloux que les élèves étaient censés jeter moyennant rémunération. Pendant plusieurs semaines, la Rütli Schule a occupé le devant de la scène, décrite partout comme “Gewaltschule” ou “Terrorschule” (l’école de la violence et de la terreur). Puis les choses se sont calmé. Les médias ont commencé à prendre du recul et à analyser ce monstre médiatique qu’ils avaient crée. Et les autorités de Neukölln ont pris les choses en mains.
“Rütli était devenue l’école la plus célèbre d’Allemagne, tout le monde connaissait ce nom. Les politiques devaient agir parce que ce n’était pas bon pour eux que Neukölln apparaisse dans les médias comme un ghetto. Peu à peu, plein de projets comme le nôtre ont commencé à émerger. Tout le monde voulait faire quelque chose avec cette école. Finalement, elle a eu de la chance dans son malheur…”
Motifs designés par les élèves pour la collection N.1 de Rütli Wear
La création de Rütli Wear
Le projet est né pendant ces événements. Les trois fondateurs, tout juste sortis de leurs études de sociologie, ont eu cette idée dans un bar en buvant des bières, comme c’est souvent le cas: “On s’est dit qu’il n’était pas normal que les élèves se voient coller cette image et qu’ils endossent la responsabilité de tout ce qui ne va pas dans le système éducatif allemand. On voulait faire quelque chose. On a d’abord décidé d’imprimer des t-shirts avec le nom de Rütli, juste pour provoquer un peu. Le jour du 1er Mai, la manifestation qui a lieu tous les ans s’est dirigé tout droit vers l’école. Et là, on a commencé à distribuer nos t-shirst dans la foule. Vu la réaction des gens, on s’est dit que ça pourrait être intéressant de faire quelque chose avec ça. Tout le monde venait nous voir, nous poser des questions, nous dire que c’était cool… On a décidé d’aller parler au directeur de l’école, pour lui expliquer qu’on avait un projet, que les élèves pourraient créer leur propre design pour dire “c’est ça notre vie, pas ce qu’on montre dans les médias”. Au début, il était plutôt réticent. Beaucoup de gens venaient le voir pour lui proposer des projets en rapport avec l’école, parce que Rütli était médiatique et que ça pouvait rapporter de l’argent… Le directeur était distant avec tous ces projets. On est revenu plusieurs fois, on a continué à lui parler de notre projet, je crois qu’on était assez agaçants en fait… Et puis il a finit par dire oui. Il nous a donné trois classes pour essayer. Chaque classe vient une journée par semaine à l’atelier.”
Motifs designés par les élèves pour la collection N.2
Cet atelier, situé dans la Pflügerstrasse, ils l’ont ouvert avec un couple de Polonais et un Français. Ils y impriment leurs vêtements, ont crée un petit bar ouvert aux habitants du quartier et peuvent le louer pour une journée ou plus pour des projets d’impression. Depuis deux ans et demi, l’aventure Rütli Wear continue avec les élèves de l’école, âgés de 15 à 18 ans. Mais qui fait quoi exactement? Et comment se passent les relations avec ces ados?
“Les élèvent créent le design et les motifs. On est trois à travailler principalement sur le projet. L’un d’entre nous est designer, l’autre est éducatrice. Ils s’occupent des cours avec les élèves et développent différentes techniques créatives, comme leur donner deux minutes pour peindre un truc qui leur évoque Neukölln, ou bien les faire prendre des photos dans le quartier et les faire travailler à partir de ça. Et puis on leur apprend les techniques d’impression mais pour l’instant, ils ne le font pas eux-mêmes. Pour eux, c’est une bonne opportunité. Au début ils se demandaient ce qu’on leur voulait… Puis ils sont venus plusieurs fois, ils ont compris qu’ils pouvaient apprendre des choses et que c’était plus drôle que l’école! Des journaux sont venus les interviewer plusieurs fois, ils étaient super fiers. En général, on essaie de se mettre un peu en retrait et de les laisser sur le devant de la scène. Ils sont super fiers de leurs t-shirts. Et maintenant, ils sont fiers de leur école.”
Nous nous sommes demandés comment les fondateurs du projet voyaient l’évolution actuelle du Reuterkiez, où est basé leur atelier. Quand ils ont commencé il y a deux ans et demi, il était bien loin du quartier branché qu’il est aujourd’hui, avec ses multiples bars et galeries d’art.
“Le Reuterkiez est un quartier spécial. Jusqu’ici, ce qui s’y passe est vraiment intéressant. Mais j’espère que ça n’ira pas trop loin dans la gentrification, comme Prenzlauer Berg. Il y a deux ans, il n’y avait qu’un ou deux bars. Aujourd’hui il y en a 40, ça se développe très vite! La situation actuelle est parfaite, j’espère que ça n’ira pas trop loin…”
Et l’avenir de Rütli Wear?
“L’idée maintenant, c’est de travailler avec d’autres écoles et institutions sociales et culturelles. On a déjà commencé avec le Kindergarten de la Reuterplatz. On veut que les gens développent leur propre design, leur propre ligne de vêtements, et nous, on s’occupe de les vendre et de faire de la pub…”
Motifs de la collection Kioskids
Si leurs ventes ont un peu baissé une fois que la tempête médiatique autour de l’école s’est calmée, ils ont remarqué que chaque fois que quelque chose se passe dans l’actualité, en rapport avec la délinquence juvénile, les ventes de Rütli Wear augmentent. Pour être prêt à acheter votre sweat Rütli à la prochaine échauffourée, rendez-vous sur leur shop online ou dans l’un de ces magasins:
* Croissanterie, Pannierstrasse 56
* SDW-Neukölln, l’atelier de Rütli Wear, Pflügerstrasse 11
* Hainweh, Gärtnerstrasse 17
* Ausberlin, Karl-Liebknecht-Strasse 17












