Camille ist ein Berliner: son concert au Fritzclub

Des coin coin, des canards, des canards, miaou miaou, wouaf glouglou slurp. Bienvenue dans le comics strip de Camille. Camille, la seule chanteuse capable de faire chanter simultanément Miaou Miaou à une moitié du public et Wouaf Wouaf à l’autre moitié, la seule à pouvoir se moquer de Mariah Carey en chantant mieux qu’elle, la seule à oser traverser en slam une salle de concert vêtue d’une combinaison de plongée… Camille la drôle de fille est venue prendre le thé avec nous mardi soir, pour nous faire écouter ses dernières chansons. Enfin, elle est venue jouer à Berlin à la Postbahnhof mardi 3 juin avant de partir pour une tournée marathon à travers la France.
C’est avec un manque total d’objectivité et une mauvaise foi à toute épreuve (si elle chante bien même quand elle chante faux) que nous nous sommes rendus à son concert mardi dernier. Nous l’avions déjà vue deux fois en live, assez pour savoir que ses concerts ressemblent à des performances, et nous attendions donc les bras croisés d’être une fois de plus émerveillés. Mais Camille n’est pas si prévisible… Postés au pied de la scène, (parce que les petits Français que nous sommes ne font pas le poids face au gabarit Allemand), on a été un peu surpris par l’entrée en matière. Où était donc passée l’exubérante Camille qui dansait, chantait, sautait, criait, tout à la fois ? La nouvelle Camille, vêtue d’une tunique orange, est arrivée très calme, un peu blasée, et a enchainé les trois premières chansons presque comme une formalité. La glace a fini par se briser, sans qu’on sache où était la part de jeu. Au milieu du morceau « Au port », Camille oublie les paroles. « Eh, petite fille… », A-t-elle commencé. Blanc. « Je suis toi-même et je te parle », lui a répondu un Français qui suivait. C’est alors que le déchaînement attendu a commencé, une avalanche de morceaux piochés dans les trois albums pêle-mêle, parfois même mélangés entre eux. Camille se met au piano pour entamer « Pâle septembre », elle y insère une partie d’un morceau du dernier album pour terminer sur la montée finale de « Pâle Septembre ». Les morceaux, les voix, les sons, les mots, les partitions, sont passés au mixeur dans une sorte d’heureuse alchimie. Il faut dire qu’elle a le talent pour ça et qu’elle est bien accompagnée. La musique est physique pour Camille, qui fait de ses compagnons de scène des instruments de musique. Elle a le don de pouvoir transformer ses musiciens en sampler humain : elle entonne un son ou une mélodie puis fait signe à un des choristes dans son dos qui reprend le son, puis elle en chante un autre, repris par un autre choriste… Jusqu’à ce que tout ce petit monde s’accorde et que Camille lie ce joyeux bordel de sa voix. Une voix littéralement capable de tout : tantôt petite fille, tantôt diva, voix de canard ou de chanteuse lyrique, voix suave ou gueularde… En vrac, Camille a chanté Too drunk to fuck, reprise à succès de Dead Kennedys, Là où je suis née, Ta Douleur, Au port, Janine, et de nombreux morceaux de Music Hole, dont le génial Katie’s Tea.  

2 heures plus tard, nous étions en nage et heureux. Pour la dernière chanson, Money Note, parodie des chansons à succès de divas de la soupe, Camille arrive sur scène avec ses airs de chatte vêtue d’une longue robe de soirée noire. Elle chante puis finalement se retourne, pour dévoiler un long décolleté du milieu du dos à la moitié de ses fesses. Elle nous annonce finalement avec un peu d’appréhension qu’elle va finir son concert à côté et demande au public de la porter jusqu’à l’autre salle. Elle enfile sa combinaison de plongée le plus naturellement du monde (enfin dans la mesure où on peut enfiler naturellement une combinaison de plongée) et se retrouve bel et bien sur la scène de l’autre salle. Ses musiciens la rejoignent et ils entament un dernier morceau a capella : Paris, de sa belle voix un peu gouailleuse. Un morceau qui a le don de nous rendre nostalgique. Paris, tu paries paries paries que je te quitte, que je change, de cap, de capitale…


Par Soizic Cadio

Du sex in the city : Sébastien Tellier à Berlin le 9 mai

Décidément, l’Europe musicale n’en finit plus de se faire. Après la deuxième édition de la nuit européenne des clubs le week-end dernier, c’est au tour de notre représentant national à l’Eurovision de faire la une de l’actualité culturelle Berlinoise. Sébastien Tellier sera en effet de passage à Berlin le 9 mai au club Cookies pour une interprétation live de son dernier album, Sexuality, paru chez Record Makers. Le label a montré un savoir-faire impressionnant dans le développement d’artistes, en témoigne la montée fulgurante des artistes Klub des Loosers, Kavinsky, et bien sûr Sébastien Tellier…

L’artiste déchaînait récemment les passions et les foudres des défenseurs fanatiques de la francophonie (on en parlait même sur RFI) car la chanson (Divine) que Sébastien Tellier interprétera pour l’Eurovision est en Anglais (pardon Molière). Bref, encore une preuve de l’étroitesse d’esprit de certains hommes politiques qui n’ont toujours pas conscience que la réputation de la culture française à l’étranger ne se fait pas exclusivement à grands coups de petit Larousse. Les mauvaises langues devraient plutôt jeter un œil au nombre impressionnant de visites de la page Myspace de Sébastien Tellier et s’entretenir un court instant avec nos voisins Britanniques et Allemands, encore sous le choc du maxi « Sexual Sportswear ».

L’album Sexuality, produit par Guy-Manuel de Homem-Christo (Daft Punk), est une petite perle, un album touchant, direct, moite et synthétique avec des gros morceaux de sexe eighties dedans. On attend avec impatience la performance live du virtuose, en attendant allez donc faire un tour sur sa page myspace.

myspace.com/telliersebastien


Par Yann Faure

Un concert de Team Plastique ou l’art et le porno chic

Un homme monte sur la scène. La silhouette est grande, barrée d’un manche de guitare. Un écran derrière s’allume et des motifs roses et noirs défilent. La lumière soudaine accentue le contraste et les contours de l’ombre du guitariste Axel Dankeschon se précisent. Les premières notes s’échappent, se superposent pour finir dans un déchaînement de décibels et de saturations.   

Au plus fort du bruit, on pousse dans mon dos. Je me retourne. Une toile plastique transparente laisse entrevoir deux visages. Le curieux attelage traverse la salle jusqu’à la scène. Ce sont elles, les deux créatures manquantes du Team Plastique. La boîte à rythme commence à jouer comme la toile libère les deux jeunes femmes aux tenues légères et singulières. La première s’appelle Legs Akimbo. Sa poitrine est tout simplement énorme et contraste avec la petitesse de son corps. Elle est LA voix du Team Plastique, un timbre écorché mais limpide, qui dynamise chaque battement de la beat box. La deuxième s’appelle Psykat et contraste de par son allure. Elle est plutôt grande et fine, et affiche un crâne rasé comme pour dissimuler ce physique avantageux …et ça marche. La chanteuse suscite plus la peur et l’inquiétude que le sex-appeal. Sa voix n’est certainement pas de la même teneur que son acolyte, néanmoins ses gesticulations et ses mimiques donnent superbement la réplique aux airs de midinettes de Legs Akimbo.

Et c’est parti… le concert d’électro clash devient performance pornographique et/ou artistique c’est selon. Et que je m’entortille dans du scotch et que je fais semblant de mourir, et que je prends un ananas et que je le mets dans ma culotte (le groupe est Australien et là-bas il y a des ananas), et que je l’éventre sur scène et que je jette le jus sur le public qui en redemande, etc. Ah oui et au fait ça parle de quoi tout ça ? les titres des chansons sont plutôt explicites, je vous en donne quelques-uns en vrac : Oral fixation, Mercy BJ, Virgins do it best, Is that dress legal

Verdict : que du bonheur ! plus qu’un concert, une aventure étrange aux pays rose et noir du Team Plastique.

Je signale également que leur album « T.I.T.S. this is the shit » est disponible à la vente après chaque concert et disponible en téléchargement sur Itunes et que les dates de concert sur Berlin sont nombreuses alors allez-y…

myspace.com/teamplastique
www.team-plastique.com


Par Yann Faure


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.