Le Raumfahrer

Photo: Anna Blancke (Tip Berlin)

 

Dans cette ville qui regorge de cafés, de Kneipen, de clubs, où chaque semaine ouvre un nouveau bar destiné à être le plus branché le temps d’un encart dans Zitty, la quête du bar préféré est rude. Celui où l’on emmène tous ses potes de passage. Celui où l’on se réfugie à n’importe quelle heure, pour l’apéro ou la dernière bière (de trop). Celui qui fait office de salon.

Le Matilda (Graefestrasse 12) a un temps incarné ce rôle pour les Lapins Techno. Puis les cendriers ont disparu des tables et l’endroit est devenu un peu trop propre pour y consommer autre chose que des Frühstück. Le Ankerklause (Kottbusser Damm 104) a pris sa place. La petite cabine de bateau installée près du canal, avec son Jukebox et sa déco kitsch, avait tout pour devenir notre « bar du coin ». Seulement, on ne peut plus fumer non plus, à part dans la véranda prise d’assaut à toute heure du jour et de la nuit.

Du coup, bravant le froid et la fainéantise qui s’empare de nous une fois l’hiver venu, nous avons pris nos vélos pour nous aventurer vers le Reuterkiez, un peu plus à l’est. Et là, la petite devanture rouge et arrondie du Raumfahrer nous a appelés tel un phare dans la nuit. Voilà donc notre bar préféré du moment.

Photo: Anna Blancke (Tip Berlin)

D’abord, les gens. Nous y avons convié l’un de nos amis, expert en détection d’indésirables. Le verdict était formel : il est quasiment impossible de trouver au Raumfahrer une personne antipathique au premier coup d’œil. La clientèle est tout simplement normale et plus métissée qu’ailleurs. Les gens sont sympas, parlent fort, mais pas trop, sont branchés, mais pas trop.

Ensuite, la déco. La couleur dominante est le rouge, déclinée dans tous les tons de la devanture à la peinture murale en passant par l’étiquette de la bière Astra, reine des soirées du Raumfahrer. Les murs sont en béton et le plafond est orné d’une multitude de câbles et de tuyaux qui contribuent au charme du lieu. Finalement, sans trop qu’on sache pourquoi, l’alchimie fonctionne parfaitement et, à part le Möbel Olfe, on n’a pas trouvé d’autre bar susceptible de devenir notre bar préféré. Si vous avez d’autres suggestions…

Raumfahrer

Hobrechtstrasse 54

U8 Schönleinstrasse

Ouvert du lundi au samedi à partir de 19h


Par Soizic Cadio

Le Unkul l’été

Le Unkul est probablement notre endroit préféré à Berlin. Est-ce qu’on doit vraiment révéler à la terre entière l’existence et la localisation du paradis sur terre? Allez, de toute façon, ils ont un site internet alors… Notre découverte du Unkul est dûe à un heureux hasard. À la recherche du Flohmarkt de Treptower Park, que nous n’avons d’ailleurs jamais trouvé, on a décidé de quitter la rive du parc où se promènent des berlinois pure souche mangeurs de Curry Wurst, pour aller s’aventurer de l’autre côté de la Spree. Arrivé au milieu du pont, on commence à entendre le rythme sourd d´une musique techno dont l´origine semble provenir d´une haute cheminée d´usine. Sur cette grande cheminée en briques rouges, un drapeau noir annonce sobrement „Unkul“. On finit notre traversée, on tourne à droite, on longe l’usine et on retourne à droite. Et là, on décide que ce sera notre nouvel endroit préféré.

Au pied de l’usine désaffectée, dans un renfoncement ouvert, se trouve un long bar. Et devant le bar, un grand jardin un peu sauvage jonché de toutes sortes de choses pour s’asseoir. Un grand jardin fait de récup et de bric et de broc, un grand bordel naturel. Des hamacs, des canapés défoncés en velours noir, un peu étrange sur une pelouse, une calèche (si c´est vrai, une calèche, où on peut s’asseoir à l’abri du soleil), des fauteuils en plastique fluo, une mini piscine, des escaliers en bois qui ne mènent nulle part, juste pour poser ses fesses.

Bière pas chère, Mojito à 2 €, on se trouve une place confortable et on se laisse aller à la langueur de la chaleur. On peut aussi juste observer les gens, un petit microcosme évoluant avec naturel dans ce paradis artificiel. Une nonchalance et une tranquillité dans lesquelles on pourrait baigner des heures, un peu ivres sous l’effet conjugué de l´alcool et de la chaleur. Régulièrement, des DJs se succèdent toute l´après-midi pour donner un rythme à cette langueur.
Et si on s’ennuie à regarder les bébés de couples lesbiens gambader tout nus dans l’herbe, on peut aussi jouer au ping-pong, au badminton ou au babyfoot. Et les toilettes, c´est au fond à gauche dans la caravane.

www.unkul.de

Bientôt, le Unkul l’hiver.


Par Soizic Cadio


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.