Hamburger Bahnhof – Museum für Gegenwart

Un des musées Berlinois les plus intéressants. Un petit conseil pratique: le Hamburger Museum est gratuit le jeudi, comme tous les musées gérés par la ville, 4 heures avant la fermeture, à savoir de 14h à 18h. Il faut descendre du S-Bahn à Hauptbahnhof et sortir du côté de la très moche statue-cheval. Après avoir traversé 3 ou 4 feux, en plusieurs fois bien sûrs, puisqu’une des spécificités de Berlin est d’avoir des feux de signalisation trop courts pour que les piétons puissent traverser en une fois, on se retrouve face au grand bâtiment un peu classique du musée, sur lequel trônent les Néons bleus verticaux de Dan Flavin.
Ce musée, comme son nom l’indique, est une ancienne gare reconvertie en musée d’art contemporain en 1996. Une reconversion très réussie, et on imagine avec une petite larme ce qu’aurait pû être le Palais de la République…

En entrant, on arrive directement dans le hall de gare. Sur la droite se trouvent les pièces dédiées à la collection permanente. Andy Wahrol, Anselm Kiefer, Rauschenberg, Joseph Beuys…
Le reste de cet immense espace est dédié aux nombreuses expositions temporaires. Parmi les expos vues là-bas, la grande expo „Schmerz“ de cet été. En collaboration avec le musée d’histoire de la médecine, cette expo fascinante a été conçue sur le thème de la douleur sous toutes ses formes. De la souffrance du Christ à la mélancolie, des organes malades exposés en vitrine à la représentation du deuil par Bill Viola. Un seul regret: une pièce fermée à l’entrée de laquelle un large panneau avertissait „WARNING“, interdit aux femmes enceintes, aux enfants, aux cardiaques, aux petits Mickey… En voyant le visage blême et les cheveux décoiffés des gens qui en sortaient, je me suis dégonflée…

Jusqu’au 24 février, on peut voir au Hamburger bahnhof l’expo temporaire consacrée à Heinz Emigholz et intitulée Die Basis des Make-up. Une seule pièce consacrée à l’œuvre hors-norme de l’artiste. Aux murs, des centaines de dessins noir et blanc sont accrochés à quelques centimètres d’intervalle, remplissant tout l’espace. Au centre, des centaines de carnets exposés sous vitrines et un film reprenant les pages des carnets à un intervalle très rapide, donnant ainsi une certaine cohérence à l’ensemble. L’effet est assez hypnotisant. Les images et les textes se superposent sans que notre notre cerveau ait le temps de vraiment les distinguer et les analyser mais il choisit à notre insu de se focaliser sur certaines images, sans qu’on sache pourquoi. Une expo intéressante bien qu’un peu frustrante. Ce trop plein d’images donne un vertige qui empêche de se fixer sur une seule. Et tous ces petits carnets noircis de pattes de mouche qu’on ne peut pas feuilleter ni déchiffrer. Bref, une œuvre monstrueuse dont on ne peut saisir que quelques bribes.

www.hamburgerbahnhof.de
S-Bahn Hauptbahnhof

Par Soizic Cadio


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