Le programme du weekend

Voilà encore un weekend bien chargé qui s’annonce. Le 1er mai tombant cette année un samedi, le but est de trouver un moyen de compenser cette criante injustice en rentabilisant chaque minute du weekend.

Ce soir, vendredi, commencez par un vernissage très attendu à la galerie Haunch of Venison, qui accueille l’enfant gâté de l’art contemporain, Damien Hirst, accompagné de l’Américain Michael Joo. L’exposition, titrée Have you ever looked at the Sun, présentera diverses installations, peintures et sculptures des deux artistes.

Demain samedi, 1er mai oblige, vous croiserez forcément le chemin d’un barbecue. Pour ceux qui n’ont encore jamais expérimenté le 1er mai à Kreuzberg, oubliez tout ce que vous avez entendu, vous ne courrez aucun risque. Evitez juste les gros bonhommes en bleu à la mine renfrognée sous leur casque ignifugé, de même que les petits bonhommes en noir à la mine renfrognée sous leur keffieh, et surtout, évitez de vous retrouver entre les deux. A part ça, profitez simplement de votre ballade dans la Oranienstrasse en suivant l’odeur de saucisse de grill en grill.

Dans la soirée de samedi, rendez-vous au Stattbad Wedding. Honte à nous de ne pas avoir mentionné ce lieu plus tôt mais ce weekend offre une bonne occasion d’en parler puisque le Stattbad fête demain soir sa première année d’existence. L’ancienne piscine de Wedding, reconvertie en lieu d’exposition-club, accueille pour l’occasion l’artiste Français Nicolas Dusollier et l’artiste Néo-Zélandais Nick Dewar (premier artiste du Heroes !). Les barbecues seront aussi de la partie et le lieu en lui-même vaut le déplacement jusqu’à Wedding, pour une expérience soirée piscine vide et exposition dans les anciens vestiaires restés intacts. La cave sera également ouverte pour la partie club.

Dimanche 2 mai, si vous avez suivi notre programme, vous dormez. Sinon, profitez de ce dimanche pour vous faire une journée galeries dans le cadre du Gallery Weekend Berlin. Pendant 3 jours (à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche 2 mai), 40 galeries dont quelques unes des plus grandes galeries berlinoises (Mehdi Chouakri, Thomas Schulte, Sprüth Magers, Wentrup…) vous ouvrent leurs portes nuit et jour.

Dimanche soir, 20h00, podcastez le Masque et la Plume et allez dormir du sommeil du juste après un weekend fructueux, plein de culture et de saucisses.


Par Soizic Cadio

Berlin vu par le Lonely Planet

Vous connaissiez Les Lapins Techno Bloggers, adeptes du tout Online, des réseaux Facebook, Myspace, des Twits Twitters et des vidéos Youtube. Voici un scoop… Les Lapins Techno retournent au bon vieux papier et travaillent à la rédaction d’un guide sur Berlin. Attention! Un vrai guide, imprimé, avec de gros morceaux de Berlin dedans, et une maison d’édition qui devrait le sortir début 2009… On vous en reparle très bientôt…
Hormis le fait qu’on est super fiers et qu’on arpente Berlin en long et en large sur nos vélos pour trouver les meilleures adresses, la conception d’un tel ouvrage a poussé les rédacteurs, (c’est à dire nous-mêmes) à une étude de la concurrence et donc à une lecture approfondie des guides déjà publiés sur notre Berlin adorée, au premier rang desquels, le Lonely Planet Berlin, un guide incontournable, très complet, rempli de bonnes adresses et de perles, oui des perles, grosses comme des ballons de Foot! En voici quelques-unes:
“Chaque 1er mai (Maifeiertag), les quartiers centraux de la ville accueillent de gigantesques manifestations anticapitalistes, que les plus prudents veilleront à éviter, d’autant que des groupes d’extrême droite programment leurs marches le même jour. La police se déploie donc massivement et, en l’espace de quelques heures, le défilé se transforme en mêlée entrecoupée de violence, de vandalisme et d’incendies de voitures. A franchement parler, nous mentionnons cet événement uniquement pour que vous puissiez prendre vos distances.” 

Ils ont oublié de mentionner les prises en otage et les viols collectifs… Sans être particulièrement téméraires, ni violents ou “vandales”, on recommande chaudement le 1er mai à Kreuzberg. Des rues noires de monde, des familles, des jeunes, des vieux, des stands de nourriture des quatre coins de la planète, des concerts à chaque coin de rue… Certes, vers 11h00, les choses dégénèrent un peu mais pas au point de déranger les buveurs et les dîneurs en terrasse.

“Les salaires s’échelonnent entre 2 000 et 5 000 € bruts par mois, ce qui constitue un revenu tout à fait raisonnable”.

Gloups. Nous, ce serait plutôt moins de la moitié de l’estimation la plus basse. Mais c’est bien, ça équilibre avec les 200 000 personnes qui vivent avec les 350 € par mois du Hartz IV…

“Si les Berlinois portent les cheveux courts, les hommes ont tendance à se les laisser pousser légèrement, et les queues de rat semblent désormais l’apanage de la jeunesse et des adeptes des années 1980. Les piercings et les tatouages sont monnaie courante - notamment chez les femmes - et plus la scène est alternative, plus les décorations sont excessives.”

No comment. Notez juste le vocabulaire, choisi avec soin…

“Si la partie est de Kreuzberg a un petit air grunge, ce temple culinaire pourrait marquer un tournant dans la vie de ce quartier.”

Oui, vite, nettoyons ce quartier dégueulasse avec son air grunge là, que ça ressemble un peu plus à P’Berg (qui pour le Lonely Planet est un quartier “animé et expérimental”…).

Pour être tout à fait honnête, tout dans le Lonely Planet n’est pas dans ce goût là. La partie dédiée aux arts est notamment bien faite (musique, arts plastiques, architecture…). Toutefois, certaines erreurs sont impardonnables. Les Lapins Techno vous promettent de rendre à Kreuzberg ses lettres de noblesse…


Par Soizic Cadio

Le 1er mai sur ton iPod

Photographie par Anna Fernandez

L’euphorie du 1er mai est peu à peu retombée. Les éclats de verre et les emballages de saucisses ont été ramassés, les milliers de bières vides ont été soigneusement récupérées par des glaneurs en quête de consigne à récupérer, les punks sont sagement rentrés chez eux, les policiers sont retournés à leurs patrouilles, les commerçants de Kreuzberg retrouvent une vie normale après avoir fait la meilleure recette de l’année. Mais il reste encore quelques traces, comme par exemple ce montage sonore réalisé par les Lapins techno, composé uniquement de sons captés le 1er mai, du matin jusqu’à tard dans la nuit.  

LE 1ER MAI SUR TON IPOD.MP3

Vous y trouverez, en vrac :

Une manifestation de Turcs Marxistes Léninistes Maoïstes (si, à Kreuzberg ça existe) qui s’est terminée par l’Internationale chantée le poing levé.

Un concert un peu chaotique sur la Michaelkirchplatz où, après une panne de courant d’une dizaine de minutes, le chanteur et le batteur tentent de meubler en attendant que le guitariste refasse les réglages de ses pédales d’effets.

Un concert de Hip Hop magistral où un gros Black met le feu à la Oranienstrasse (au sens figuré) et où une vague de mains et de têtes se balancent au rythme du flow endiablé.

La fameuse rencontre entre les CRS et une foule indéterminée de gens pas contents. Le jeu commence vers 11h00, on sent alors une certaine excitation dans l’air. Une première bouteille de bière s’éclate sur le sol et les CRS, attendant, désœuvrés, depuis le matin, se mettent en rang, suivant une chorégraphie bien huilée. Et c’est partie pour plusieurs heures d’échauffourées. Une bouteille de bière. Un escadron de CRS qui fend la foule pour s’emparer d’un des meneurs et l’emmener dans un fourgon sous les huées de la foule. Une trentaine de CRS bloque l’accès à une rue non loin de nous. Un couple décide de se poster devant eux et de se rouler la pelle du siècle, pour la postérité. L’occasion ou jamais pour les photographes amateurs qui se sentent l’âme de photoreporters parce qu’ils sont dans le feu de l’action, de prendre la photo de leur vie : un baiser enflammé sur fond de CRS. Faites l’amour, pas la guerre, rien n’a changé…


Par Soizic Cadio & Yann Faure

Mai 08: J-1

Photographie par Thomas Toussaint

À Berlin, nous sommes bien loin des célébrations des 40 ans de Mai 1968. Nous avons lu avec plaisir le numéro spécial de Pilote, on s’est instruit sur les « jeunes » en lisant le dossier spécial du Nouvel Obs, ou « quarante ans après mai 68, la jeunesse d’aujourd’hui »… Mais l’ambiance n’y est pas. En contrepartie, on échappe aussi aux gesticulations de ceux qui veulent liquider un héritage qui n’est pas le leur et qui, a 13 ans déjà, rêvaient de rétablir l’ordre contre tous ces gauchistes qui cherchaient la plage sous les pavés.  

Mais on ne nous enlèvera pas le 1er mai. Demain, donc, les Lapins pointeront le bout de leur museau dans les rues de Kreuzberg pour aller renifler la bonne odeur de saucisse gauchiste. Ici, on est loin du traditionnel défilé des syndicats. L’heure est aussi à la manifestation, mais ce sont des punks et des anarchistes que l’on verra, entre autres, sous les banderoles. C’est donc souvent avec un léger frémissement, voire avec une lueur d’effroi au fond de l’œil que les Berlinois évoquent le 1er mai à venir, songeant immédiatement aux violents affrontements qui ont eu lieu certaines années entre policiers et manifestants. Tout en s’efforçant de se rassurer immédiatement : les choses ont changé, les manifestations du 1er mai ne virent plus au chaos (à part dans certaines rues, à certaines heures…). Il s’agit maintenant d’une grande fête populaire, avec bières, barbecue, spectacles de rue (ça, on se demande si c’est une bonne chose…) et concerts toute la journée et une bonne partie de la nuit.

On sait que ce sera festif, car en matière de fête, les Kreuzbergiens font bien les choses. On évitera seulement certaines rues à certaines heures et surtout, si on a envie d’un cheeseburger, on évitera soigneusement le Mac Do, on ira plutôt au Kreuzburger


Par Soizic Cadio


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.