‘Kultur & Konfitur’
Le Caffeinated Toothpaste de Bauman est servi
jeudi 10 février 2011
Berlinpinpin, Kultur & Konfitur Comments Off
Josh Bauman est un illustrateur et BDiste Berlinois que nous suivons depuis un petit moment. De ses premières expositions du côté de Sameheads à la fresque murale du Heroes réalisée cet été il s’est écoulé quelques années. Le coup de crayon s’est affirmé, la narration, s’est fluidifiée. Le fruit d’un travail continu et chevronné de la part du dessinateur qui depuis avril 2010 tient son journal intime en BD sur son blog caffeinated toothpaste dont le nom singulier n’est pas sans rappeler son addiction pour le café (”no milk, no sugar, BLACK”). L’ensemble des planches imprimées et reliées est disponible à la vente depuis quelques jours sur le site de Josh Bauman. Il ne tient qu’à vous de découvrir les chroniques caféinées d’un Américain à Berlin…
“Caffeinated Toothpaste, volume 1: The good and the bad” by Josh Bauman - 10€
http://www.caffeinatedtoothpaste.com/store
Par Yann Faure
Philharmonique for dummies
vendredi 26 mars 2010
Berlinpinpin, Kultur & Konfitur, Mitte, Musique, Tiergarten 7 commentaires
Très chers lecteurs, nous avons testé pour vous le Philharmonique, le vrai, celui avec tout plein de musiciens et tout et tout. La musique de chambre c’est pas trop notre truc, si on avait pu se faire Wagner on aurait sauté dessus, histoire que vous compreniez un peu notre état d’esprit. Comme on voulait du spectacle, on a choisi une messe de Bruckner, histoire de rajouter sur la scène une soixantaine de choristes et quatre solistes.
Alors le philharmonique, ça vous tente ? Les lapins techno vous expliquent tout ce qu’il faut savoir en 5 leçons, pour que la magie de la musique ne soit pas gâchée par de malheureux oignons.
Leçon n°1 : L’habit fait le moine : Dressing code for dummies
Voilà quelques années que vous vivez à Berlin, et vous avez progressivement intégré le dressing code Berlinois. Couleurs flashy et motifs improbables représentent 90% des textiles de votre garde-robe, et vous jouez allègrement avec les superpositions. Le matin, face à l’armoire, les questions subsistent toujours, mais vous parvenez sans trop d’effort à opérer la combinaison gagnante.
« Est-ce que je mets les poids sur les rayures ou les rayures sur les poids ? »
« Converses bleues fluo ou Adidas argentées ? »
« Et pourquoi pas les fleurs de lys Ken Panda rouges avec les baleines bleues imprimées par dessus »
« Sac à main fushia ou Tote Bag Rütli Wear ?»
Voilà, votre sélection est faîte. Check rapide avec votre partenaire pour éviter les partner look hasardeux (il est vrai que les rayures bleues marines sont à la mode depuis la dernière collection H&M), et à deux en marinière, on a vite fait de passer pour des 92 en vacances sur les côtes Bretonnes. Check partner look opéré, pas de doublon ce matin, tout s’annonce tranquille, “cemendou”, mer d’huile, et vogue la galère. Mais voilà, ce soir, vous vous rendez au Philharmonique, et ce n’est que dans le U-bahn qui vous emmène vers Potsdamer platz, que vous réalisez que vos vêtements sont les mêmes que ceux que vous avez revêtus le matin, avec une petite odeur de tabac et de sueur en plus, parce que oui, quand les concerts commencent à 20h, on a pas le temps de repasser chez soi pour prendre une petite douche salvatrice et mettre la panoplie sobre et chic que vous avez porté il y a 6 mois pour un entretien d’embauche.
Leçon n°2 : Une bonne hygiène buccodentaire : parce qu’une haleine fraîche peut faire oublier que votre tandem vestimentaire fait saigner les yeux (rayures bleues fluo et fleur de lys rouge pétant avec des baleines dessus)
Trop tard pour reculer, il est déjà 19h20, la faim commence à se faire sentir, vous pariez sur une petite échoppe pour vous ravitailler, qui d’après vos souvenirs flous de la dernière fois où vous avez mis les pieds à Potsdamer platz (ca devait être pour l’anniversaire de la chute du mur) devrait se trouver entre la station de U-bahn et l’entrée du Philharmonique. Votre esprit divague… « Et pourquoi pas une salade en ce début de printemps, léger et frais, juste ce qu’il faut pour apprécier une messe de Bruckner. » Et flûte, vos souvenirs flous (de la dernière fois où vous avez mis les pieds à Potsdamer platz) vous ont trahi, la petite échoppe que vous aviez repéré est en fait un Subway.
Dans ce cas, trois possibilités s’offrent à vous :
1. Ne pas manger. Au risque de gargouiller du ventre pendant une messe de Bruckner, problématique lors d’un concert où le chef d’orchestre marque des poses toutes les 20 minutes pour permettre aux gens de tousser, ce qu’ils font d’ailleurs on y reviendra dans le leçon 3.
2. Opter pour un sandwich de petite taille au risque là aussi de gargouiller du ventre à des moments impromptus car un petit sandwich risque de ne pas rassasier le travailleur de force que vous avez été tout au long de cette journée et en plus vous sentez l’oignon cru.
3. Notre option. Opter pour un sandwich double, et éviter ainsi les gargouillis, mais qui dit double size dit deux fois plus d’oignons crus, et odeur persistante lors de la représentation.
Là, nos gentils lecteurs devraient nous faire remarquer qu’une quatrième possibilité s’offre à vous, opter pour un double sandwich sans oignons parce que, oh magie du Subway, on peut choisir ce qu’on veut dans son sandwich. À ces lecteurs nous répondrons que : 1. Ils ont raisons mais que 2. nos esprits (pourtant vifs) ne nous ont pas poussé vers cette option parce que trop habitués à dire « alles » quand l’homme derrière la broche à Kebab de 4h du matin nous demande la teneur de la garniture et que 3. Ces lecteurs n’avaient de toute façon pas prévu le surplus de sauce sweet chili qui se répandrait sur vos mains au premier croque dans le sandwich double size. Bref, 19h40, vous sentez l’oignon mais vos mains sentent le sweet chili.
Leçon n°3 : L’art d’être discret : Où se cacher au philharmonique quand vos vêtements piquent les yeux et que vous sentez l’oignon ?
19h45, vous rentrez dans le sacro-saint philharmonique. On apprécie la classe des checkeuses de tickets qui ne vous font pas remarquer que vous sentez l’oignon cru et celle des hôtesses de vestiaires qui ne vous disent pas que vos vêtements piquent les yeux une fois le manteau noir qui vous dissimulait retiré. Là, vous remarquez que le philharmonique propose un service de restauration des plus chics et vous regrettez d’avoir pris l’option n°3 au Subway. Vous êtes à découvert en habit de lumière, la représentation ne commence que dans 15 minutes et vous cherchez une planque afin de vous soustraire aux regards pesants de l’assemblée chic et âgée. Un petit passage aux toilettes peut représenter une solution temporaire à cette situation de gêne, nous vous recommandons cependant le balcon au premier étage, en plein air et non éclairé.
Les petits plus de la planque balcon :
- Possibilité de fumer une petite cigarette pour substituer à l’odeur de l’oignon celle du tabac froid
- Repérage des semblables, des jeunes avec des habits flashy qui sentent l’oignon, sentiment de normalité.
- Observation de la clientèle qui se rend aux étages et se dire qu’on peut mettre du violet et des fleurs oranges pour aller au philharmonique mais qu’il faut avoir plus de 70 ans.
19h55 : Vous sentez l’oignon, le sweet chili, le tabac froid, vos vêtements n’ont pas changé de couleurs mais dans l’obscurité personne n’y prête attention.
Lecon n°4 : Les règles de savoir-vivre, ou l’art de renifler, tousser et glavioter tout en restant chic.
Vous avez gravi en 12 secondes les marches et les quelques mètres qui vous séparaient de vos places. Vous vous tassez dans votre siège en vous disant que si on prenait une photo de l’assemblée vous deviendriez bien malgré vous le centre plastique bleu et rouge de la photographie. La salle, tout en bois clair est plutôt impressionnante, très scandinave, ce qui ne vous empêche pas de vous plaindre de la rigidité de votre siège (lui aussi en bois). Les choristes font leur entrée. Les applaudissements retentissent, mais l’énergie de l’assemblée (70 ans de moyenne d’âge) faiblit après quelques secondes. Les 40 choristes restants rentrent sur scène dans un silence de mort. Deuxième vague d’applaudissements pour les musiciens du philharmonique, là aussi quelques secondes, et une troisième vague pour le chef d’orchestre et les solistes (plutôt discrets par ailleurs pour cette messe de Bruckner). Le concert commence et là, changement de saison oblige, votre gorge (peut être titillée par les vapeurs d’oignon), commence à vous grattez, au point d’émettre un léger toussotement, arrêtez malheureux, ça ne se fait pas. Attendez donc la fin de la première partie et si l’ennui venait à vous gagner, concentrez- vous sur ces panneaux de bois, qui placés de chaque côté de la scène, pivotent pour changer l’acoustique de la salle (enfin c’est la seule explication que nous ayons trouvé). Ah, ça y est, le chef d’orchestre relève sa baguette, n’attendez pas les applaudissements, ils ne viendront pas. Mais dès que le chef d’orchestre abaisse la baguette, c’est un concert de toux, de raclement de gorges, et de reniflements qui se fait entendre, le moment où jamais de placer votre quinte de toux personnel. Quand tout le monde a bien éructé, le concert reprend.
Leçon n°5 : Savoir partir dignement, ou comment savoir quand le concert est fini.
Voilà une heure et demie que vous êtes assis (les panneaux de bois pivotant n’ont plus de secrets pour vous), vous commencez à vous demander pourquoi les solistes qui se sont levés trois fois et chanté 67 secondes en tout et pour tout, sont aussi respectés quand soudain le chef d’orchestre dresse sa baguette, vous vous apprêter à tousser à plein poumon quand l’ensemble de la salle applaudit à tout rompre, un événement qui signifie deux choses :
1. Le concert est fini
2. Il va falloir applaudir longtemps, très longtemps, 10 minutes environ, d’abord le chef d’orchestre puis les solistes, puis l’orchestre, puis le chœur, puis le chef d’orchestre, puis le premier violon, puis les solistes, puis l’orchestre, puis le chœur, puis les solistes, ah encore le premier violon, l’orchestre, ah et le chef d’orchestre encore, et les solistes et le chef d’orchestre, ah… on dirait bien que c’est fini.
Par Yann Faure
In bed with Josh Bauman
jeudi 4 février 2010
Kultur & Konfitur, Neukölln Comments Off
Du 5 au au 26 février prochains, le Heroes accueille une exposition de Josh Bauman, dessinateur de comics, illustrateur et café-addict patenté. Nous l’avons interviewé pour en savoir un peu plus sur lui, ses influences, son processus créatif et ses projets en cours. Voilà le résultat, en anglais pour ne pas dénaturer ses propos, qui vous donnera très certainement l’envie d’en savoir un peu plus sur ce dessinateur brillant, inventeurs de scientifiques maléfiques, de vaches alcoolisées et de carburateur à la merde de chien, qui prend le métro de Berlin comme inspiration quotidienne…
Plus que 10 jours pour voir Thomas Demand
jeudi 7 janvier 2010
Kultur & Konfitur 1,121 commentaires
L’exposition Thomas Demand à la Neue Nationalgalerie se poursuit jusqu’au 17 janvier. Pas de temps à perdre donc, pour courir voir les photos de l’artiste dans le musée de verre. Une exposition de photographie où la photographie n’est qu’un des procédés artistiques utilisés parmi d’autres. La photo est un résultat, un medium final qui n’est là que pour rendre compte d’un processus. La méthode de travail de Thomas Demand est singulière, c’est d’abord l’image qui guide sa démarche : images personnelles, images d’archives, photos de presse… L’artiste s’attache ensuite à reproduire fidèlement cette image au travers d’une maquette en papier et carton. Il photographie la scène puis détruit la maquette. Le réel devient image, puis il est reconstruit artificiellement en trois dimensions, puis à nouveau figé pour être détruit.
Au delà de l’intérêt du procédé, l’exposition présentée par la Neue Nationalgalerie laisse songeur. Le visiteur déambule parmi les photographies géantes accrochées sur d’immenses rideaux de couleur sombre et observe pensivement des scènes glaciales et vidées de toute vie comme des scènes de crime reconstituées en laboratoire. Aucune présence humaine dans ces photos, les êtres étant définis par leur absence (des sièges vides, une tasse dans une évier, une table dressée avant un dîner). Pour donner la clé de chaque scène, la légende de chaque photographie, Thomas Demand a demandé à l’écrivain Botho Strauß d’écrire des textes. Moins explicatifs que contextuels, les textes apportent un éclairage sûrement plein de sens mais on peut tout aussi bien les ignorer sans scrupule et s’en tenir à l’image… Le thème général de l’exposition, c’est l’Allemagne, pays de naissance de l’artiste mis à l’honneur par tous les moyens et tous les médias en 2009.
Neue Nationalgalerie, Potsdamer Straße 50
S Potsdamer Platz, U2 Mendelssohn-Bartholdy-Platz
Entrée : 8 € / 4 € TR
Par Soizic Cadio
Sous les palmiers, la plage
lundi 4 janvier 2010
Berlinpinpin, Kultur & Konfitur, Neukölln 932 commentaires
Vous avez peut-être déjà vu cette couverture du Ex Berliner de janvier, de loin la plus belle couverture que le mensuel anglophone Berlinois ait jamais faite. Il s’agit d’une vision de Berlin en 2050 dessinée par le collectif Peach Beach où l’on voit, entre autres, une Fernsehturm surplombée d’éoliennes, une Spree asséchée et des camps de réfugiés climatiques, Unter den Linden devenu Unter den Palmen, une femme en Burka, un casino Vattenfall… Soit une vision pas vraiment rêvée de Berlin dans un graphisme joyeusement bordélique et naïf.
Cette superbe illustration est donc l’oeuvre de Peach Beach, collectif composé de trois artistes et designers basé à Neukölln (Falk Hoger, Attila Szamosi et Lars Wunderlich, ce dernier étant l’auteur de la couverture en question). Mêlant un goût prononcé pour les comics, le streetart et la surabondance graphique façon So Me, ce collectif a notamment réalisé le design de divers événements berlinois comme la Fuckparade, ou le Festival Berlin lacht, édité des t-shirts avec La Fraise, travaillé sur des pochettes d’albums ou décoré superbement les murs de bars et clubs comme La Villa à Friedrichshain. En un mot, on aime…
Par Soizic Cadio
Berlin everyday…
vendredi 4 décembre 2009
Kultur & Konfitur, Neukölln 956 commentaires
Demain, samedi 5 décembre, le café Heroes vous invite tous (oui tous) à venir assister au vernissage de l’exposition Berlin Everyday, avec photographies de Leila Garfield et textes de Tattiya Kliengklom, de 17h à 22h. Et comme c’est bientôt Noël, vous pourrez vous mettre du Glühwein et des Plätzchen plein la panse, et faire le plein d’esprit de Noël avec le magnifique sapin et la nouvelle déco Chalet Suédois du Heroes…
Heroes, Friedelstrasse 49, Berlin Neukölln
Par Soizic Cadio
.HBC .is .back (ceci n’est pas une rumeur…)
jeudi 26 novembre 2009
Clubs, Kultur & Konfitur, Mitte 750 commentaires
Le .HBC, le BHC, le seul lieu de la capitale où les soirées commencent par des combats en combinaison dans une piscine de boue et s’achèvent avec le jet d’un téléviseur par la fenêtre, parce que tu comprends, “c’était écrit “Demolition party” sur le flyer”.
La suite..
Par Yann Faure













