Le Caffeinated Toothpaste de Bauman est servi

Josh Bauman est un illustrateur et BDiste Berlinois que nous suivons depuis un petit moment. De ses premières expositions du côté de Sameheads à la fresque murale du Heroes réalisée cet été il s’est écoulé quelques années. Le coup de crayon s’est affirmé, la narration, s’est fluidifiée. Le fruit d’un travail continu et chevronné de la part du dessinateur qui depuis avril 2010 tient son journal intime en BD sur son blog caffeinated toothpaste dont le nom singulier n’est pas sans rappeler son addiction pour le café (”no milk, no sugar, BLACK”). L’ensemble des planches imprimées et reliées est disponible à la vente depuis quelques jours sur le site de Josh Bauman. Il ne tient qu’à vous de découvrir les chroniques caféinées d’un Américain à Berlin…

“Caffeinated Toothpaste, volume 1: The good and the bad” by Josh Bauman - 10€

http://www.caffeinatedtoothpaste.com/store


Par Yann Faure

C/O Berlin : “Keine realistische Option einer Verlangerung”…

Aujourd’hui, on a reçu ce communiqué de presse de C/O Berlin, musée de photographie situé à Mitte dans les bâtiments d’une ancinne poste :

“Keine realistiche Option einer Verlängerung

In Folge der großen öffentlichen Resonanz auf die Kündigung zum 31. März 2011 hat der neue Eigentümer des Postfuhramtes, Herr Elad Sharon Tshuva, C/O Berlin ein Angebot über eine Verlängerung der Bleibefrist bis zum 31.12.2011 gemacht.

Das Angebot sieht einen Umzug innerhalb des Gebäudes bei gleichzeitiger Verkleinerung der Ausstellungsflächen vor. So kann u.a. der Haupteingang nicht mehr genutzt werden. C/O Berlin hat diese Möglichkeit sorgfältig geprüft und berechnet. Die Kosten inklusive Erlösausfall während der Umbau- und Umzugsphase belaufen sich auf bis zu 600.000 Euro. Angesichts des verbleibenden Nutzungszeitraums von rund sieben Monaten bis Ende 2011 ist dies für C/O Berlin leider keine realistische Option.

C/O Berlin wird sich nach wie vor verstärkt um eine Verlängerung des Mietverhältnisses bis 31. Dezember 2011 in den bestehenden Flächen bemühen und hofft auf das Entgegenkommen des Eigentümers.

Wir werden Sie über den Fortgang der Gespräche auf dem Laufenden halten.”

Et en français dans le texte : Le 31 mars dernier, le C/O Berlin annonçait que le nouveau propirétaire des lieux résiliait son contrat et reprenait possession du bâtiment, pour le quel il avait d’autres desseins. Suite au mouvement de soutien populaire qui a suivi cette annonce, le propriétaire a décidé de prolonger l’occupation des lieux par C/O jusqu’au 31 décembre 2011. Durant cette période, le C/O pourra continuer d’exister mais verra sa surface d’exposition considérablement réduite (il ne pourra plus occuper, par exemple le grand hall d’entrée du bâtiment). Les pertes de recettes dûes à ce déménagement et aux travaux sont estimées à 600.000 euros. C/O Berlin fait savoir qu’il n’existe aucune perspective de prolongation après le 31 décembre 2011…


Par Soizic Cadio

Berlin, quand la nuit meurt en silence…

On a reçu ça du Icon, la fin d’une époque?

“Dear Friends!


On January 1st, 2011, it’ s all over!

We’ re an institution in Berlin´s nightlife. A nightlife the city administration loves mentioning in its bid to attract tourists and investors. That brings the city money - but it brings us nothing. On January 1st, 2011, our license is being withdrawn.

A new appartment block has been built next door - modern living in Prenzlauer Berg - chic and expensive. Having a club as neighbours doesn’ t fit into that picture. There’ ve been too many complaints from the new residents, not due to loud music, but because of the people on the sidewalk. The authorities of Berlin´s Pankow district have decreed: we have to go.

That destroys another piece of Berlin’ s world-famous club culture.

Until the end of the year, we’ ll be soldiering on, inviting all our favourite DJs to rock our hallowed halls. On December 31st, 2010, there’ ll be one last “Icon goes …” . And we’ ll be dancing till we drop during the entire week leading up to that final event.

Meanwhile, we’ re working on new plans and ideas to keep our dream alive with the friends who’ ve accompanied us so far. We’ ll leave no stone unturned in our bid to find a new home for high-quality bookings beyond mainstream, false coolness and for the intimate atmosphere you’ ve come to expect.

Pamela, Lars & Team”

Le Icon c’était ça.


Par Yann Faure

Le programme du weekend

Voilà encore un weekend bien chargé qui s’annonce. Le 1er mai tombant cette année un samedi, le but est de trouver un moyen de compenser cette criante injustice en rentabilisant chaque minute du weekend.

Ce soir, vendredi, commencez par un vernissage très attendu à la galerie Haunch of Venison, qui accueille l’enfant gâté de l’art contemporain, Damien Hirst, accompagné de l’Américain Michael Joo. L’exposition, titrée Have you ever looked at the Sun, présentera diverses installations, peintures et sculptures des deux artistes.

Demain samedi, 1er mai oblige, vous croiserez forcément le chemin d’un barbecue. Pour ceux qui n’ont encore jamais expérimenté le 1er mai à Kreuzberg, oubliez tout ce que vous avez entendu, vous ne courrez aucun risque. Evitez juste les gros bonhommes en bleu à la mine renfrognée sous leur casque ignifugé, de même que les petits bonhommes en noir à la mine renfrognée sous leur keffieh, et surtout, évitez de vous retrouver entre les deux. A part ça, profitez simplement de votre ballade dans la Oranienstrasse en suivant l’odeur de saucisse de grill en grill.

Dans la soirée de samedi, rendez-vous au Stattbad Wedding. Honte à nous de ne pas avoir mentionné ce lieu plus tôt mais ce weekend offre une bonne occasion d’en parler puisque le Stattbad fête demain soir sa première année d’existence. L’ancienne piscine de Wedding, reconvertie en lieu d’exposition-club, accueille pour l’occasion l’artiste Français Nicolas Dusollier et l’artiste Néo-Zélandais Nick Dewar (premier artiste du Heroes !). Les barbecues seront aussi de la partie et le lieu en lui-même vaut le déplacement jusqu’à Wedding, pour une expérience soirée piscine vide et exposition dans les anciens vestiaires restés intacts. La cave sera également ouverte pour la partie club.

Dimanche 2 mai, si vous avez suivi notre programme, vous dormez. Sinon, profitez de ce dimanche pour vous faire une journée galeries dans le cadre du Gallery Weekend Berlin. Pendant 3 jours (à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche 2 mai), 40 galeries dont quelques unes des plus grandes galeries berlinoises (Mehdi Chouakri, Thomas Schulte, Sprüth Magers, Wentrup…) vous ouvrent leurs portes nuit et jour.

Dimanche soir, 20h00, podcastez le Masque et la Plume et allez dormir du sommeil du juste après un weekend fructueux, plein de culture et de saucisses.


Par Soizic Cadio

Le programme de la semaine

Comme nous sommes des lapins très bien intentionnés, nous vous avons concocté un petit programme pour la fin de la semaine. Que vous soyez plutôt Hip-Hop, lecture, tricot ou soirées à thème, voilà qui devrait vous occuper jusqu’à dimanche.

Ce soir, mercredi 21 avril, clash East Coast / West Coast avec une soirée Hip-Hop US au Astra : La Coka Nostra au grand complet (Everlast, DJ Lethal, Danny Boy, Ill Bill et Slaine), accompagnée d’Inspectah Deck et DJ Mathematics du Wu-Tang. Entrée 20-25 €.


La suite..


Par Soizic Cadio

Philharmonique for dummies

Très chers lecteurs, nous avons testé pour vous le Philharmonique, le vrai, celui avec tout plein de musiciens et tout et tout. La musique de chambre c’est pas trop notre truc, si on avait pu se faire Wagner on aurait sauté dessus, histoire que vous compreniez un peu notre état d’esprit. Comme on voulait du spectacle, on a choisi une messe de Bruckner, histoire de rajouter sur la scène une soixantaine de choristes et quatre solistes.

Alors le philharmonique, ça vous tente ? Les lapins techno vous expliquent tout ce qu’il faut savoir en 5 leçons, pour que la magie de la musique ne soit pas gâchée par de malheureux oignons.

Leçon n°1 : L’habit fait le moine : Dressing code for dummies

Voilà quelques années que vous vivez à Berlin, et vous avez progressivement intégré le dressing code Berlinois. Couleurs flashy et motifs improbables représentent 90% des textiles de votre garde-robe, et vous jouez allègrement avec les superpositions. Le matin, face à l’armoire, les questions subsistent toujours, mais vous parvenez sans trop d’effort à opérer la combinaison gagnante.
« Est-ce que je mets les poids sur les rayures ou les rayures sur les poids ? »
« Converses bleues fluo ou Adidas argentées ? »
« Et pourquoi pas les fleurs de lys Ken Panda rouges avec les baleines bleues imprimées par dessus »
« Sac à main fushia ou Tote Bag Rütli Wear ?»
Voilà, votre sélection est faîte. Check rapide avec votre partenaire pour éviter les partner look hasardeux (il est vrai que les rayures bleues marines sont à la mode depuis la dernière collection H&M), et à deux en marinière, on a vite fait de passer pour des 92 en vacances sur les côtes Bretonnes. Check partner look opéré, pas de doublon ce matin, tout s’annonce tranquille, “cemendou”, mer d’huile, et vogue la galère. Mais voilà, ce soir, vous vous rendez au Philharmonique, et ce n’est que dans le U-bahn qui vous emmène vers Potsdamer platz, que vous réalisez que vos vêtements sont les mêmes que ceux que vous avez revêtus le matin, avec une petite odeur de tabac et de sueur en plus, parce que oui, quand les concerts commencent à 20h, on a pas le temps de repasser chez soi pour prendre une petite douche salvatrice et mettre la panoplie sobre et chic que vous avez porté il y a 6 mois pour un entretien d’embauche.

Leçon n°2 : Une bonne hygiène buccodentaire : parce qu’une haleine fraîche peut faire oublier que votre tandem vestimentaire fait saigner les yeux (rayures bleues fluo et fleur de lys rouge pétant avec des baleines dessus)

Trop tard pour reculer, il est déjà 19h20, la faim commence à se faire sentir, vous pariez sur une petite échoppe pour vous ravitailler, qui d’après vos souvenirs flous de la dernière fois où vous avez mis les pieds à Potsdamer platz (ca devait être pour l’anniversaire de la chute du mur) devrait se trouver entre la station de U-bahn et l’entrée du Philharmonique. Votre esprit divague… « Et pourquoi pas une salade en ce début de printemps, léger et frais, juste ce qu’il faut pour apprécier une messe de Bruckner. » Et flûte, vos souvenirs flous (de la dernière fois où vous avez mis les pieds à Potsdamer platz) vous ont trahi, la petite échoppe que vous aviez repéré est en fait un Subway.

Dans ce cas, trois possibilités s’offrent à vous :
1. Ne pas manger. Au risque de gargouiller du ventre pendant une messe de Bruckner, problématique lors d’un concert où le chef d’orchestre marque des poses toutes les 20 minutes pour permettre aux gens de tousser, ce qu’ils font d’ailleurs on y reviendra dans le leçon 3.
2. Opter pour un sandwich de petite taille au risque là aussi de gargouiller du ventre à des moments impromptus car un petit sandwich risque de ne pas rassasier le travailleur de force que vous avez été tout au long de cette journée et en plus vous sentez l’oignon cru.
3. Notre option. Opter pour un sandwich double, et éviter ainsi les gargouillis, mais qui dit double size dit deux fois plus d’oignons crus, et odeur persistante lors de la représentation.

Là, nos gentils lecteurs devraient nous faire remarquer qu’une quatrième possibilité s’offre à vous, opter pour un double sandwich sans oignons parce que, oh magie du Subway, on peut choisir ce qu’on veut dans son sandwich. À ces lecteurs nous répondrons que : 1. Ils ont raisons mais que 2. nos esprits (pourtant vifs) ne nous ont pas poussé vers cette option parce que trop habitués à dire « alles » quand l’homme derrière la broche à Kebab de 4h du matin nous demande la teneur de la garniture et que 3. Ces lecteurs n’avaient de toute façon pas prévu le surplus de sauce sweet chili qui se répandrait sur vos mains au premier croque dans le sandwich double size. Bref, 19h40, vous sentez l’oignon mais vos mains sentent le sweet chili.

Leçon n°3 : L’art d’être discret : Où se cacher au philharmonique quand vos vêtements piquent les yeux et que vous sentez l’oignon ?

19h45, vous rentrez dans le sacro-saint philharmonique. On apprécie la classe des checkeuses de tickets qui ne vous font pas remarquer que vous sentez l’oignon cru et celle des hôtesses de vestiaires qui ne vous disent pas que vos vêtements piquent les yeux une fois le manteau noir qui vous dissimulait retiré. Là, vous remarquez que le philharmonique propose un service de restauration des plus chics et vous regrettez d’avoir pris l’option n°3 au Subway. Vous êtes à découvert en habit de lumière, la représentation ne commence que dans 15 minutes et vous cherchez une planque afin de vous soustraire aux regards pesants de l’assemblée chic et âgée. Un petit passage aux toilettes peut représenter une solution temporaire à cette situation de gêne, nous vous recommandons cependant le balcon au premier étage, en plein air et non éclairé.
Les petits plus de la planque balcon :
- Possibilité de fumer une petite cigarette pour substituer à l’odeur de l’oignon celle du tabac froid
- Repérage des semblables, des jeunes avec des habits flashy qui sentent l’oignon, sentiment de normalité.
- Observation de la clientèle qui se rend aux étages et se dire qu’on peut mettre du violet et des fleurs oranges pour aller au philharmonique mais qu’il faut avoir plus de 70 ans.

19h55 : Vous sentez l’oignon, le sweet chili, le tabac froid, vos vêtements n’ont pas changé de couleurs mais dans l’obscurité personne n’y prête attention.

Lecon n°4 : Les règles de savoir-vivre, ou l’art de renifler, tousser et glavioter tout en restant chic.

Vous avez gravi en 12 secondes les marches et les quelques mètres qui vous séparaient de vos places. Vous vous tassez dans votre siège en vous disant que si on prenait une photo de l’assemblée vous deviendriez bien malgré vous le centre plastique bleu et rouge de la photographie. La salle, tout en bois clair est plutôt impressionnante, très scandinave, ce qui ne vous empêche pas de vous plaindre de la rigidité de votre siège (lui aussi en bois). Les choristes font leur entrée. Les applaudissements retentissent, mais l’énergie de l’assemblée (70 ans de moyenne d’âge) faiblit après quelques secondes. Les 40 choristes restants rentrent sur scène dans un silence de mort. Deuxième vague d’applaudissements pour les musiciens du philharmonique, là aussi quelques secondes, et une troisième vague pour le chef d’orchestre et les solistes (plutôt discrets par ailleurs pour cette messe de Bruckner). Le concert commence et là, changement de saison oblige, votre gorge (peut être titillée par les vapeurs d’oignon), commence à vous grattez, au point d’émettre un léger toussotement, arrêtez malheureux, ça ne se fait pas. Attendez donc la fin de la première partie et si l’ennui venait à vous gagner, concentrez- vous sur ces panneaux de bois, qui placés de chaque côté de la scène, pivotent pour changer l’acoustique de la salle (enfin c’est la seule explication que nous ayons trouvé). Ah, ça y est, le chef d’orchestre relève sa baguette, n’attendez pas les applaudissements, ils ne viendront pas. Mais dès que le chef d’orchestre abaisse la baguette, c’est un concert de toux, de raclement de gorges, et de reniflements qui se fait entendre, le moment où jamais de placer votre quinte de toux personnel. Quand tout le monde a bien éructé, le concert reprend.

Leçon n°5 : Savoir partir dignement, ou comment savoir quand le concert est fini.

Voilà une heure et demie que vous êtes assis (les panneaux de bois pivotant n’ont plus de secrets pour vous), vous commencez à vous demander pourquoi les solistes qui se sont levés trois fois et chanté 67 secondes en tout et pour tout, sont aussi respectés quand soudain le chef d’orchestre dresse sa baguette, vous vous apprêter à tousser à plein poumon quand l’ensemble de la salle applaudit à tout rompre, un événement qui signifie deux choses :
1. Le concert est fini
2. Il va falloir applaudir longtemps, très longtemps, 10 minutes environ, d’abord le chef d’orchestre puis les solistes, puis l’orchestre, puis le chœur, puis le chef d’orchestre, puis le premier violon, puis les solistes, puis l’orchestre, puis le chœur, puis les solistes, ah encore le premier violon, l’orchestre, ah et le chef d’orchestre encore, et les solistes et le chef d’orchestre, ah… on dirait bien que c’est fini.


Par Yann Faure

Demain, Stricken Bar au Heroes !

Do you tricot ? Oui, non, peut-être-bien-faut-voir ? Dans tous les cas, vous êtes plus que bienvenus à la deuxième session du Stricken Bar ! Après le Luzia, sympa mais un peu trop grand et sombre, Emmanuelle et Oryanne ont élu domicile au Heroes. Ce qui n’est pas pour déplaire aux propriétaires des lieux, atteints récemment par une fièvre tricoteuse irrepressible…

Le concept du Stricken Bar reste le même : il s’agit de tricoter et boire un verre en même temps (ou l’un après l’autre pour les tricoteurs non confirmés), tradition homologuée par le Collectif France Tricot. Vous pouvez ramener votre matériel ou vous faire plaisir au rayon tricot de chez Karstadt (environ 1 € la pelote et 5 € une paire d’aiguilles), mais vous pouvez également emprunter le matériel sur place.

Et n’allez pas croire que le tricot est hors-saison, tout ça parce que tout d’un coup il fait un peu beau. A Berlin, on n’est jamais à l’abri d’une petite rechute, et puis il y a plein de chouettes modèles de tricot pour l’été.

Enfin, classe internationale, vous pouvez voir les tricopathes en action dans l’édition spéciale de Canal Plus du 17 mars (Partie 4 à partir de 6 min 30 environ) !

Stricken Bar #2, Vendredi 19 Mars 2010 à partir de 19h00 au Heroes (Friedelstrasse 49, Neukölln)


Par Soizic Cadio


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.