Disco Dawn Boys: l’interview Berlinoise
lundi 29 juin 2009
Clubs, Musique
C’était il y a quelques semaines, les Disco Dawn Boys débarquaient à Berlin le temps du Oh là là festival pour un DJ Set et un Live à la défunte Scala au coeur de Mitte. 48h et quelques clubs plus tards, nous rencontrions Redhotcar et Mondkopf dans un petit café tranquille de Prenzlauer Berg, le temps d’un Brunch dominical, l’occasion de demander aux jeunes experts électroniques leurs impressions de la night life et du son made in Berlin.
Vous venez souvent à Berlin ?
Mondkopf : Moi, ça fait la troisième fois que je viens, j’étais venu une semaine et puis un soir pour jouer à une Tilt!, donc là je commence à avoir mes petits repères.
Redhotcar : Bah ouais tu vois, moi, c’est la deuxième fois que je viens et j’ai déjà l’impression de… euh je me sens chez moi en fait.
Vous venez à Prenzlauer Berg à chaque fois ?
M : Bah ouais, moi j’aime bien ce coin en fait, surtout le marché (Flohmarkt Mauerpark), tous les dimanches en sortant du club. C’est parfait quoi. Il n’y a pas ça à Paris. Il y a des parcs, mais c’est pas pareil, c’est pas la même ambiance.
C’était quand la première fois ?
R : C’était il y a un an. En fait je suis venu en Allemagne plein de fois mais pas à Berlin. Il y a un an je suis venu pour interviewer Bookashade et en fait le matin, au moment de prendre mon avion, je suis ressorti, il faisait beau, j’avais un bon feeling avec la ville… J’ai loupé volontairement mon avion et je suis resté une semaine de plus.
Et comment ressentez vous la ville par rapport à Paris? Ce n’est pas la même musique, ce n’est pas la même scène, pas la même ambiance, pas les mêmes clubs.
M : Ouais. Bah disons qu’on apprécie vraiment la techno. Comme on disait hier soir, ici il y a le son pour. Déjà, ils n’ont pas de limitation de décibels donc c’est génial et ils ont des soundsystems de malade.
R : En fait nous, en France, on est beaucoup plus polis en quelque sorte. Ici on a fait deux types de soirées, rien que sur deux jours. On a fait Scala et Villa qui sont des clubs qui correspondent un peu à nos clubs électro à Paris. Et hier soir c’était un Français qui jouait au Watergate mais tu sentais qu’il jouait à la Berlinoise. C’était super violent par rapport à mes standards Rex club. C’est tout de suite la rave party. Même au social club où il y a des kids qui sont prêts à avoir du gros son, il y a toujours deux types de soirées. Electro ou minimale, deep house.
M : Au Watergate, j’ai retrouvé un peu le même public qu’au Rex.
R : C’est peut-être moi qui choisi mal mes soirées. Mais au Rex ça ne joue pas si violent.
M : Mais non, c’est sûr, ça ne joue pas si violent mais le public, c’est un peu le même.
Et votre impression de la Scala, pour y a voir joué ? (Le club vient de fermer ses portes)
R : Ouais, moi j’avais fait la soirée institube boys noize et c’était vraiment fou au premier étage et moins au deuxième, alors que là quand on a mixé au deuxième, c’était parfait. Et même le son n’était pas terrible la première fois que j’étais venu en tant que spectateur, là il n’y avait aucun problème.
Et les réactions du public ?
R : Bah c’est marrant, c’est ce qu’on disait, on sentait qu’on était dans un club plutôt électro, parce qu’on a commencé sur un morceau assez droggy et ça flottait un peu et dès qu’on est passé à des choses plus conventionnelles, plus techno mélodique, ça a mieux marché. C’est sûrement une exception. A Berlin, tu sens vraiment qu’il y a un rapport des gens à la techno. Même quand tu vas au Rex, il y a des soirs assez magiques mais sinon c’est juste de la musique de danse et des gens qui dansent. Et là, que ce soit au Watergate ou au Berghain, tu sens clairement qu’il y a un truc en plus. Tu sens vraiment qu’il y a un lien à la techno. C’est peut-être un inconvénient pour faire d’autres choses mais quand tu viens de Paris, c’est ce qu’on disait hier, moi j’ai l’impression de rentrer à la maison, d’être vraiment chez moi quand il y a un club ou tu peux vivre l’expérience techno, ça se passe vraiment comme une rave. J’écoute plein de techno, mais ici il y a quelque chose en plus, quelque chose de consolateur dans la fête.
Et vous avez une préférence dans les clubs ?
R : On en a pas fait assez pour faire un classement… Moi la première fois que je suis venu, je ne suis pas sorti du tout en fait. C’est bizarre parce que j’entendais déjà parler depuis longtemps des clubs, mais j’avais plus été séduit par l’aspect hyper décontracté de la ville donc j’ai passé ma semaine à boire des bières dans des parcs.
M : T’as l’impression que c’est le week-end tous les jours. C’est paisible. Bah là on logeait à Mitte, et le matin, on entendait les petits oiseaux, pas de voitures, rien du tout c’était calme. C’est cool, surtout quand tu vas en club le soir, le lendemain t’as pas stressé, c’est cool.
R : Même quand tu sors du club, t’es pas stressé. C’est un peu stressant quand tu sors des clubs à Paris la nuit. Tu te sens pas trop chez toi dans la rue. À Paris, tu utilise la rue pour aller ailleurs. Ici, avec tous les parcs, les terrains vagues, la ville est hyper espacée, y a un vrai truc d’espace public.
Vous avez des adresses que vous appréciez particulièrement ?
M : Déjà, ici, c’est très bon.
Vous n’avez pas fait le tour des disquaires ?
R : Si, moi je suis allé à hardwax, c’était juste parfait. Il a des disques qui sont spécialisés Hardwax et qui défoncent. Hardwax c’est super bien.
M : Après il y a la Kastanien allee pas loin.
Les gens l’appellent la casting allée…
M : C’est vrai que c’est branché, mais c’est paisible, il y a toujours un petit bar sympa. Tu as envie de faire tous les cafés.
Et Kreuzberg vous connaissez un peu ?
M : Ouais Kreuzberg c’est cool aussi.
Bah oui, et il y a le Tresor, le Watergate, c’est sûr le Berghain reste à Friedrichshain…
R : On n’a pas fait le Tresor, mais ce qui est cool avec le Berghain, c’est qu’en plus d’être un des meilleurs lieu du monde, leur résidence fait aussi la meilleure techno. Il y a un truc assez déconcertant. Ils ont tout gagné.
Et qu’avez-vous pensé du Oh là là festival ?
R : Moi ça m’a fait super plaisir de rencontrer des gens que je connais de nom à paris depuis hyper longtemps. Turzi par exemple.
M : Bah ouais Turzi on aime beaucoup ce qu’il fait et du coup c’était super de le rencontrer.
R : Rone, on l’avait remixé, mais on ne l’avait jamais rencontré.
Nous on a trouvé ça assez rafraîchissant, du son vraiment direct…
R : Dans le genre in your face, la soirée Boynoise, j’étais abasourdi. Il avait joué ce morceau de The proxy qu’est devenu un tube, Raven. Le truc n’était pas sorti. Tout le monde était là, « oi ! oi ! oi ! » C’était hyper impressionnant, tu avais 500 personnes comme ça en train de lever le bras comme dans un vieux concert de punk. Et il y avait en plus ce côté rave…
Donc il arrive à combiner le côté techno et le côté électro
R : Bah ouais moi c’est ce que j’aime chez Boynoize, j’aime pas toujours tout ce qu’il fait mais pour en avoir discuter avec lui, mais il se sent vraiment faire de la techno, de la techno un peu nouvelle mais de la techno quand même, et son mix pour I love techno par exemple est super bien, il mélange des trucs d’électro mais qui reste comme ça sur un base techno. Et des trucs qu’on écoute plus nous genre Len Faki.
Justement en artistes Berlinois techno, vous avez des chouchous ?
R : Il y en a beaucoup… moi j’écoute que ça. Ben Klock, Len Faki. Ha oui et j’adore Error Smith. Notre nom Disco Dawn Boys, ça vient d’un album d’Error Smith même si la musique n’a rien à voir.
Et vous votre son, il est curieusement plus proche du son Berlinois que du son Parisien…
R : Moi je trouve qu’il y a un truc entre les deux. J’ai l’impression qu’on fait des trucs répétitifs, progressifs, comme le font les Allemands, mais bon, nous on est Français quand même, donc on aura jamais complètement cette approche. Nous on fera toujours des morceaux pour un auditeur plus tourné vers la pop.
Tags: Ben Klock, Berghain, Berlin, Clubs, Disco Danw Boys, Len Faki, Mondkopf, Redhotcar, Scala, Watergate








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