Inglorious Basterds au Café Einstein

Depuis quelques semaines, les Berlinois sont de vraies midinettes. À leur corps défendant, ils sont à l’affût du dernier potin, à la recherche du scoop, alors que franchement, d’habitude, c’est pas leur genre. La cause de cette effervescence pipolesque, c’est la présence de Tarantino et de Brad Pitt à Berlin pour le tournage d’Inglorious Basterds. “Quoi, tu connais quelqu’un qui a un pote dont la cousine aurait vu Tarantino dans un bar de Kreuzberg / Brad Pitt dans un resto de Mitte?” Les breaking news de Zitty nous apprenent que Tarantino logerait à Kreuzberg, non loin de la Bergmannstrasse. Quant à ce snob de Brad Pitt, il aurait loué une villa à Wannsee. Mais selon le Berliner Morgenpost, il viendrait parfois s’encannailler dans les rues de Charlottenburg. Et l’hystérie collective dépasse largement les frontières de Berlin puisque pas un jour ne se passe sans que tel ou tel site ou blog ne publie ses photos “inédites” du tournage
Les Lapins Techno ne sont pas du genre à se repaître d’un tel spectacle. Tout comme la serveuse de la pizzeria de la Kurfürstenstrasse où on a l’habitude d’aller se sustenter au milieu de notre dure journée de labeur. Il s’avère qu’en face de la pizzeria se trouve le Café Einstein, très chic restaurant autrichien où se rend régulièrement Angela Merkel qui paraît-il adore leur risotto. Le Café Einstein a servi de décor au prochain Tarantino, éclairé nuit et jour par des projecteurs à pleine puissance (normal vu qu’à Berlin la nuit tombe à 11h du matin). 

Après avoir passé notre pause déjeuner tournés vers le café sans toucher à nos carbonara pour essayer d’entre-apercevoir un cheveux de Brad (juste comme ca hein), on a fini par payer notre plat, tout en s’efforcant de prendre un air blasé:

- Alors, vous l’avez vu? Nous demande la serveuse à l’air endormi.
- Ben nan… Mais par contre on a vu Daniel Brühl!
- Daniel Brühl? Ah oui, lui, oh, mouaif…”


Par Soizic Cadio

Rendez-nous notre U-bahn!

Les amis, l’heure est grave… Vous avez sûrement remarqué depuis quelque temps les subtiles (car encore aléatoires) insertions des nouvelles rames dans le faible (mais noble) trafic du U-bahn berlinois.
À l’heure où la population a les yeux rivés sur l’aménagement des rives de la Spree, la BVG en profite (car la BVG est sournoise, preuve en est ses contrôleurs camouflés, déguisés en touristes munichois l’été et en ivrognes berlinois l’hiver et qui vous prennent en traître la seule fois où vous n’avez pas jugé bon de prendre un ticket, car vous n’aviez pas de monnaie, et que les distributeurs de la BVG ne prennent pas tous la EC-Karte que de toute façon vous n’avez pas…) pour intensifier le processus introductif de ses nouveaux trains. Quelle fourberie ! (car la BVG est également fourbe).


Non content de transformer la fière voiture aux confortables banquettes, qui caressaient et berçaient le clubber ivre au petit matin, en un tube technologique et dépouillé et (dois-je le préciser?) aux banquettes des plus rigides, la BVG a profité de cette transformation (que certains appelleront d’une mauvaise foi sans pareille « modernisation ») pour changer la noble couleur qui le caractérisait : un orange un peu triste, délicat, tout droit sorti d’un épisode de Derrick. Une teinte subtilement mise en valeur par le violet des banquettes, l’intérieur bois verni et les motifs football collés sur ses vitres qui, avec les poubelles, participait à l’identité visuelle de la ville. Mais voilà, le bel orange n’est plus. Il cède la place à un jaune pétant type Borussia Dortmund des années 90… On appréciera d’ailleurs la similitude des logos de la BVG et du BVB… troublant hasard ou sombre machination?


Sauvons notre U-bahn !


Par Yann Faure

Les Incroyables Aventures des Lapins Techno épisode 2

Previously on LIADLT:

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And now, LIADLT continues….

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Par Yann Faure

Burgermeister, the best Burger in Berlin

How I Met Your Mother, saison 4, épisode 2: en 2030, Ted Mosby raconte à ses enfants comment était New York quand il s’y est installé (sale, bruyant, indiscipliné) et comment la ville est peu à peu devenue ce qu’elle est aujourd’hui (propre, chic et chère). Hum. Dans cet épisode, les cinq copains qui passent leur temps à se raconter des blagues en buvant des bières, partent à la recherche du meilleur burger de New York, que Marshall a goûté plusieurs années auparavant et qu’il n’a jamais retrouvé. Et pour cause: il a été remplacé par un distributeur automatique. Finalement (attention, spoiler), il s’avère qu’il a simplement déménagé quelques rues plus loin. Rien que pour la scène du “Burgasme” où Marshall croit entendre la voix de Dieu à travers son hamburger, cet épisode figure parmis les meilleurs de la série…

Si vous aussi, vous voulez votre Burgasme, pas besoin d’aller à New York puisque le meilleur burger de l’histoire du burger est à Berlin. Au Burgermeister. L’endroit en soi est assez extraordinaire. Situé sous les rails du métro aérien (U1), en face de la station Schlesisches Tor, le Burgermeister occupe une petite guérite verte Art Déco qui abritait autrefois les toilettes publiques… On commande son cheeseburger et ses frites, on prend son ticket et on attend que son numéro s’affiche quand la commande est prête. Ils ont même pensé à nos petits corps meurtris par le froid berlinois en mettant des vitres tout autour du Burgermeister, pour que l’on puisse attendre et manger sans perdre l’usage de ses doigts. Ding. Numéro 28. C’est à nous. On s’approche solennellement pour venir prendre son burger que l’on mange religieusement jusqu’à la dernière miette. Viande délicieuse, pain grillé juste ce qu’il faut, oignons, tomates et cornichons frais…

L’autre avantage du Burgermeister, c’est qu’il est situé au carrefour de la vie nocturne de Kreuzberg. Sa petite lumière accueillante sera donc là pour vous guider à toute heure du jour et de la nuit: à 18h (parce que vous n’avez mangé qu’un Frühstück depuis le matin et que c’est l’heure à laquelle votre estomac se réveille), à minuit (après le bar et avant le club) ou à 4h du mat, après une nuit mouvementée.

Voilà. Nous vous souhaitons un bon Burgasme. De rien, c’est normal.

Burgermeister
Oberbaumstrasse 8
U1 Schlesisches Tor
Ouvert tous les jours de 11h à 2h (4h le vendredi et le samedi)


Par Soizic Cadio

Berlin Berlin: Shoot! Shoot! Shoot!

Voici un tout nouveau blog photographique sur Berlin, “Berlin Berlin“. Si on vous parle de ce blog, c’est qu’il développe un concept très intéressant: la multiplicité des regards sur une ville. Chacun de ses trois auteurs (Matthieu, Alix, et Flora) poste quotidiennement un cliché de Berlin. Des détails, des scènes, des bâtiments… chacun livre sa perception de la journée à travers une image. Des perceptions et des points de vue qui confrontés l’un à l’autre prennent une nouvelle dimension et un nouveau sens.

 


Par Yann Faure

Kotti’s secrets

Kottbusser Tor, sa station de U-bahn, ses junkies (dont la très célèbre Christiane F.), ses dealers, ses kebabs, ses bars de paris sportifs, son passage Cicek déserté par les commerces, ses imposantes barres d’immeubles des années 60 où s’entassent les immigrés turcs… Comme Zoo à son époque, ce quartier cristallise un certain nombre de problèmes sociaux: la drogue, le chômage, la ghettoïsation des immigrés et plus précisément de la communauté Turque… Kottbusser Tor véhicule aujourd’hui son lot de craintes et de peurs fantasmées, ce qui fait de cette place un endroit à part où le Berlinois des beaux quartiers passe, transite, mais jamais ne s’arrête…

Lorsqu’on découvre cette place pour la première fois en tant que touriste, on ne peut s’empêcher de penser aux banlieues françaises également construites sur le triste modèle du Tetris. Un Tetris figé, austère, et où les empilements de barres ne rapportent pas de points… On descend du U-bahn, on jette un regard furtif sur la place, puis on s’engouffre dans les profondeurs de la station, le repère des drogués et de leurs fournisseurs. À peine sorti de la station, on presse le pas pour rejoindre la Oranienstrasse ou le Graeffekiez, mais jamais, non jamais on ne s’arrête.

Pourtant Kottbusser Tor, c’est aussi Kotti, un surnom donné à la place par ceux qui y vivent, ceux qui y travaillent, ceux qui s’y arrêtent parce que oui, Kottbusser Tor est un endroit attachant, vivant, un vrai Kiez avec ses habitants et sa vie de quartier et, cerise sur le ghetto, Kotti est également un des hauts lieux de la vie nocturne berlinoise. Mais pour le savoir, encore faut-il s’y arrêter et explorer ces barres que l’on ne saurait voir. Les Lapins Techno vous montrent les portes derrière lesquelles se cachent les lieux qui font les nuits de Kotti. Il ne tient qu’à vous d’y pénétrer.

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Möbel Olfe, Reichenberger Str. 177, RDC
Notre bar préféré avec le Raumfahrer.
On aime: ses serveuses à moustache, sa déco dépouillée et absurde, les meubles qui tombent du plafond (allusion au magasin de meuble qui résidait dans l’immeuble), ses murs de béton, ses néons verts et la Flensburger à 2€…
Pour s’y rendre: Sortir du U-bahn côté Rossmann, pénétrer dans le passage entre le Rossmann et le kebab, la vitrine du bar est visible du passage, mais attention, ne cherchez pas la porte, l’entrée se fait du côté opposé.

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Paloma, Skalitzer Str. 135, 1er étage
Le Paloma est un minuscule bar d’un vingtaine de m2.
On aime: l’étroitesse de l’espace, ses fenêtres inclinées, sa vue imprenable sur le U-bahn, ses DJs.
Pour s’y rendre: Sortir du U-bahn côté Kaiser’s et prendre l’escalier ouvert à droite du supermarché, puis l’escalier de gauche et la première porte à gauche au premier étage.
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Monarch, Skalitzer Str. 134, 1er étage
Le Monarch s’apparente au Paloma en plus grand, donc idéal pour danser.
On aime: ses fenêtres inclinées et sa vue sur le U-bahn (comme au Paloma), ses sièges le long des fenêtres, et son baby foot…
Pour s’y rendre: Sortir du métro côté Kaiser’s, longer la Skalitzer Strasse jusqu’a la porte du n°134. Monter les escaliers jusqu’au premier étage, puis pousser la première porte à gauche.

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Festsaal Kreuzberg, Skalitzer Str. 130, RDC
Le Festsaal Kreuzberg est un endroit bien connu pour ces concerts.
On aime: sa programmation oscillant entre groupes berlinois underground et figures de la scène internationale alternative, la simplicité de l’endroit (une salle carrée, une scène, un bar, comme au Lido), ses mezzanines.
Pour s’y rendre: Sortir du métro côté Kaiser’s, longer la Skalitzer Strasse jusqu’aux faibles lumières qui ornent le kiosque de l’entrée. La salle est au fond de la cour.
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West Germany, Skalitzer Str. 133, dernier étage
Le West Germany est également connu pour sa musique live.
On aime: le côté Trash et défoncé du lieu, les toilettes sur le palier, sa programmation très berlinoise.
Pour s’y rendre: Sortir du U-bahn côté Kaiser’s, longer la Skalitzer Strasse jusqu’à la porte du n°133. Gravir les escalier jusqu’au dernier étage, pousser la porte en face des toilettes.

Par Yann Faure

La Rock’n Roll attitude sur ton canapé: Soft Machines

Dans la série des objets onéreux, inutiles et indispensables voici les Soft Machines. Le concept est très simple : Des machines de légende comme la boîte à rythmes TR 808 de Rolland, la pédale d’effet proco RAT 2 ou la Big Muff de chez Electro-Harmonix dans des versions tissus et rembourrées pour bien caler vos fesses sur le canapé.Avouez que pour développer une idée aussi tordue, l’auteur de ces créations devait avoir de sacrés talents pour la couture mais surtout un énorme béguin pour ces petites machines. Évidemment, le créateur de ces monstres de tissu est musicien, musicienne plus exactement puisqu’il s’agit de la bassiste et guitariste du groupe pop rock Berlinois mondo fumatore.

Les spécialistes s’empresseront de faire remarquer que la réplique de la TR 808 n’affiche que 12 touches au lieu des 16 sur la véritable machine et que certains potards manquent à l’appel, à ceux-là nous répondrons avec courtoisie mais fermeté, que ces coussins ne font de toute façon pas de musique, puisqu’ils sont en tissus.
Seul hic, le prix : 99€ pour chacune de ces Softs Machines. Si on peut relativiser l’investissement pour la TR 808 dont l’original s’échange autour de 900€ sur eBay, il n’en va pas de même pour les pédales d’effets, étrangement moins chères que leur réplique en tissus.
Mais honnêtement, le prix de l’absurdité peut-il être raisonnable ?

Retrouvez le shop de Soft Machines sur Dawanda, ici.
http://fr.dawanda.com/shop/softmachines


Par Yann Faure


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.