Moabit Vice

La saga de l’été Berlinois s’appelle Moabit Vice. Chaque semaine, le magazine et agenda culturel Tip publie sur son site Internet un nouvel épisode de cette série, parodie de Deux flics à Miami, version Moabit. Pour qui a déjà mis les pieds à Moabit, quartier oublié au nord de Tiergarten, ce simple titre a de quoi faire sourire. S’il est un quartier qui, justement, n’apparaît pas ou peu dans les pages agenda de Tip, c’est Moabit.
D’ailleurs, (parenthèse historique du professeur Lapinwiki), le nom de Moabit viendrait du Français. Les Huguenots débarqués à Berlin pour fuir les persécutions l’auraient baptisé ainsi en référence au pays de Moab, où les Hébreux auraient été parqués avant d’entrer au pays de Canan. Tout un programme… Bref.
Dans le rôle des deux flics à Miami, deux loosers de Moabit dans la plus pure tradition des séries policières Allemandes. Un logo on ne peut plus kitsch (qui a osé associer du vert et du violet depuis le générique de Sauvé par le Gong?), un générique absurde (pourquoi voit-on des flammands roses?) et une bande son à faire pâlir Eric Serra sont les ingrédients de cette mini série d’environ 5 minutes par épisode.
Dans le dernier épisode en date, publié vendredi dernier, Sunny et Rico (c’est le nom des deux protagonistes, représentants de la police du style) se retrouvent devant l’Arbeitsamt de Moabit, équivalent de l’ANPE, à traquer un Hartz IV, l’équivalent du Rmiste, qui roule en ferrari. De très bon goût et encore mieux que Tatort.

Par Zou

Virtual lapin

Photographie: Cécile Tollu-Polonowski

Par Yan & Zou

Entendu à…

Entendu samedi 22 août à 18h au Tacheles… Un touriste Français à ses amis: 
“D’abord j’te ferai dire… le Punk, avant d’être une musique, c’est AVANT TOUT un courant littéraire et cinématographique…”

Par Yan & Zou


Par Yan & Zou

Christiane F., 46 ans…

Christiane F. Ce nom vous évoque peut-être quelque chose. Peut-être avez-vous été adolescente dans les années 90, élevée à Nirvana et adepte de lectures un peu trash donnant l’illusion de franchir des lignes interdites par procuration… Peut-être avez-vous lu Christiane F., 13 ans droguée, prostituée, fascinée par le Berlin des années 70, à l’époque où Bowie y enregistrait Heroes accompagné de son fidèle compère Iggy Pop.  

Si ce nom ne vous évoque rien, voici un petit résumé. En 1978, deux journalistes du magazine Stern partent à la rencontre de jeunes adolescents autour de la gare de Zoo dans l’idée de faire un reportage sur la scène de la drogue à Berlin. Au cour de leur enquête, ils vont croiser Christiane F., dont l’histoire va devenir emblématique d’une ville et d’une génération. Au lieu d’un reportage, c’est un best-seller qui va naître de cette confession. Christiane F. habite dans une cité de Neukölln dans les années 70, avec une mère dépassée et un père violent. De déménagements en crises familiales, elle connaît à 13 ans son premier amour, son premier acide et sa première piqûre d’héroïne. Rien de cette descente aux enfers ne nous est épargné, sur fond de Berlin gris et bétonné où la “scène” de la drogue se concentre autour de la gare de Zoo et du Sound. Christiane F. est entourée d’une bande de bébés zombies qui vont tomber les uns après les autres, palliant à l’absence d’autorité parentale et à l’abandon de l’école par toujours plus de drogues. L’histoire de Christiane F. a également donné lieu à un film, Wir Kinder vom Bahnhof Zoo, avec en guest star David Bowie jouant son propre rôle, comme une figure emblématique du Berlin de cette époque.

Cette histoire a donné lieu à certaines dérives, de l’utilisation du film comme pamphlet moralisateur anti-drogue à la fascination morbide de certaines adolescentes pour cette “héroïne” (lu sur un forum: “Christiane F. est mon idole! Son histoire est formidable, j’aurais aimé avoir eu sa vie”…). La vie de Christiane F. a donc été largement exploitée, elle-même ayant passé plusieurs années de sa vie à faire la promotion du livre et du film sur des plateaux de télé.

Si l’on vous parle de ça, c’est que Christiane F. a refait surface il y a quelques jours dans les journaux à scandales Allemands. Le livre s’achèvait sur un paragraphe de rédemption où l’on apprenait que Christiane F. s’en était sortie, qu’elle avait définitivement abandonné la drogue et vivait à Hamburg une vie clean et saine. Sauf qu’on apprend aujourd’hui que Mme F. vient de perdre la garde de son fils, qu’elle a replongé dans la drogue et que personne ne sait vraiment où elle est. Elle aurait été vue du côté de Kreuzberg, la “scène” s’étant déplacé de la gare de Zoo à Kottbusser Tor. 30 ans plus tard et 7 km au sud-est, la photo floutée de Christiane F. se retrouve aujourd’hui dans le Bild entre la pin-up dénudée et les résultats du foot…


Par Zou

Berlin raucht !

Photo: Coffe and cigarettes, Jim Jarmusch 
Nous vous faisions part ici il y a quelques mois de notre étonnement face à l’interdiction de fumer dans les lieux publics à Berlin, proclamée le 1er janvier dernier.  

A quoi ressemblerait un Kneipe sans l’épaisse fumée qui le caractérise et quel goût aurait une bière sans cigarette? Le Kneipe est une institution à Berlin. Il est à la fois bar (où l’on boit généralement de la bière) et snack (où l’on mange généralement des Boulettes ou des Curry Wurst pour éponger la bière). Mais surtout, le Kneipe est sombre, 100% bois d’ébène, et peuplé de vieux Berlinois moustachus à mulette comme on les aime, qui fument clope sur clope. On se demandait aussi ce que serait la vie des clubs Berlinois après l’interdiction de fumer, sachant que bon nombre de ces clubs se situent dans des lieux obscurs occupés plus ou moins légalement où l’atmosphère enfumée participe à l’ambiance.

Finalement, il s’avère qu’il est impossible d’interdire de fumer dans ces endroits parce que:
1. tout le monde s’en fout. 2. C’est anticonstitutionnel.

On avait déjà remarqué qu’un certain nombre de lieux passaient outre l’interdiction de fumer (partielle après le 1er janvier, totale après le 1er juillet), notamment à Kreuzberg et Neukölln. Le Jenseits entreprenait à ce titre de “fumer pour la paix” et le Möbel Ölfe faisait presser des sous-bocs à son nom, ornés d’un cendrier dégueulasse rempli de mégots. La résistance s’est organisée et des patrons de bars et de restaurants de Berlin et Tübingen ont porté plainte contre la loi, au motif qu’elle nuisait gravement à leurs affaires. Et la Cour fédérale de Karlsruhe a jugé la loi anticonstitutionnelle, autorisant ainsi les lieux de moins de 75 m² à remettre des cendriers sur les tables.


Par Zou

Bienvenue dans la vie .com

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis quelques jours LES LAPINS TECHNO ont délaissé leur URL “blogspot” pour un fringuant “.com”. 
C’est vrai que c’est plus classe dans le navigateur, mais le changement soudain d’URL a également ses inconvénients puisque, depuis l’événement, les nouveaux articles des lapins n’apparaissent plus dans Google. Seuls les posts antérieurs au changement d’adresse sont accessibles depuis le moteur de recherche. Dernier en date, l’appel à contributions pour baptiser mon super nouveau vélo motobécanne (il s’appelle ”raclette du mékong”). 
On repart donc à zéro pour le référencement… Merci Google. 

Par Yan


Les Lapins Techno: un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, de la musique, les expos, les shops, Berlin.