Gemüseschlacht 2008 : Friedrichshain 1 – Kreuzberg 0 (la bataille de légumes)

Dimanche 27 juillet 2008. 12h00. Oberbaumbrücke. La guerre des légumes peut commencer après plusieurs semaines de préparation intensive. Chaque camp affûte ses armes et scrute l’adversaire. Chacun se prépare à plusieurs heures de combat acharné, où tous les coups sont permis pour vaincre le frère ennemi. Les chars sont en place, les munitions rassemblées, les combattants sur le qui vive.  

Nous vous parlons là d’une guerre fratricide qui sévit au cœur de Berlin depuis plusieurs années, sans que personne ne sache précisément quand tout cela a commencé. L’origine de la Gemüseschlacht, ou guerre des légumes, serait (d’après le gentil policier chargé de surveiller les hostilités) la réforme de la carte administrative de Berlin, qui avait pour but de fusionner certains quartiers en une seule entité administrative. Au nom de cette réforme, les quartiers de Friedrichshain et de Kreuzberg ont donc fusionné en 2001 pour devenir Friedrichshain-Kreuzberg. Quelques irréductibles auraient décidé de marquer leur opposition à cette nouvelle « réunification » en organisant chaque année une bataille rangée sur l’illustre Oberbaumbrücke, le pont qui relie les deux quartiers. Et c’est aujourd’hui, dimanche 27 juillet, que les deux camps ont choisi de s’affronter dans la bonne humeur sous un ciel bleu azur, sous l’œil bienveillant de la Fernsehturm et du Molecule Man, et sous le regard halluciné des passagers du U-Bahn, qui surplombe le pont.

Arrêtons là les explications et reprenons notre compte-rendu des hostilités. Rapidement, les Kreuzbergiens prennent l’avantage grâce à un char de fortune du haut duquel les assaillants lancent leurs munitions en perçant les lignes ennemies en moins de 20 minutes. Pendant ce temps, les projectiles volent de part et d’autre : légumes et fruits pourris en tout genre (pêches, tomates, bananes, citrons, choux-fleurs…), œufs pourris, farine, ballons de baudruche remplis d’eau ou de liquide indéterminé. Ayant repoussé Friedrichshain dans ses tranchées, Kreuzberg sort sa botte secrète : une catapulte très élaborée qui permet d’envoyer des ballons d’eau à vitesse éclair. Mais si Kreuzberg remporte haut la main la première manche en surprenant l’ennemi par sa créativité, les combattants de Friedrichshain s’avèrent plus efficaces sur la durée. Ils reprennent finalement l’avantage et repoussent les Kreuzbergiens de leur côté du pont, après une bonne heure de combat au corps à corps à l’aide de battes en mousse.

Comme chaque année, la victoire revient à Friedrichshain, que l’on soupçonne d’être soutenu par des renforts de Prenzlauer Berg, qui crient à l’unisson « Ost Berlin ! Ost Berlin ! ». Kreuzberg de son côté, est aidé de factions venues de Neukölln, mais rien n’y fait. Ironie du sort, Kreuzberg, le plus à l’est des quartiers Ouest, se retrouve encore une fois à l’Ouest malgré lui. Au-delà de l’aspect ludique et défouloir de cette bataille rangée se cache le symbole d’une division géographique encore bien persistante. Kreuzberg a toujours été à l’Ouest, Friedrichshain à l’Est, et cette géographie de fait s’est vue matérialisée par un mur pendant près de 30 ans.


Par Soizic Cadio & Yann Faure

A chacun son Fahrrad 2: appel à contributions

Voici le petit nouveau chez Les Lapins Techno… Un vélo Motobécane (un vrai) très trendy, chic, et disponible en un seul coloris: jaune citron (vert moutarde pour certains). Bref un vélo tip top mais qui n’a toujours pas de petit nom. 
Bob? Brandon? Hans? …? Nous attendons vos suggestions…

Par Yann Faure

Retour à Paris

Il y a des moments comme ça où le lapin français berlinois (aussi techno soit-il) sent le besoin irrésistible de retourner dans son clapier d’origine. Le Retour est le passage obligé pour tout expatrié qui garde en lui (même si l’expatrié s’en défend) les délicieux souvenirs d’un croissant frais trempé dans le café, de petits cubes de comté blottis au pied d’un verre de Bordeaux, ou d’un steak fondant sur son lit d’échalotes. 
Même si au premier abord la perspective du retour peut se révéler des plus sympathiques, l’expatrié devra vite se rendre compte qu’il a (même si l’expatrié s’en défend) intériorisé les us, coutumes et habitudes de son lieu de résidence et que par conséquent le Retour est une épreuve délicate voire difficile pour ne pas dire dangereuse. Pour éviter les situations humiliantes à votre retour en France où comme dirait l’ami Goffman, pour ne pas “perdre la face”, voici les quelques recommandations d’un lapin techno qui a regoûté aux joies de la vie Parisienne pendant une petite semaine (ce qui explique également la baisse sensible du nombre des posts sur le blog mais ça c’est une autre histoire).  
Conseil n°1: N’attendez pas au feu quand le bonhomme est rouge, pour ceux qui auraient oublié la signalétique parisienne, le bonhomme vert signifie marcher, le bonhomme rouge signifie trotter. N’oubliez pas, un arrêt trop marqué au feu peut vous valoir les sourires voire les sarcasmes du Parisien sédentaire qui pourrait très vite vous qualifier 1. de provincial 2. de touriste 3. de touriste étranger, et ça c’est encore pire.
Conseil n°2: Ne reprenez par le garçon de café (toujours aussi sympathique) quand celui-ci vous indique le prix de votre consommation (à régler immédiatement), et ce même si 4€50 pour du sirop de menthe avec de l’eau ou 7€ pour un shot de tequila c’est un peu cher. Après tout, comme dirait le charmant garçon, “un shot reste un verre et un verre… c’est un verre!”
Conseil n°3: Ne jamais ramener de souvenirs à vos amis parisiens sédentaires qui s’apparenteraient à de petites fraises délicatement séchées et confites provenant de l’incontournable  Smyrna sur la Oranienstrasse. 20€ de fraises séchées ne suffiront pas à rassasier les estomacs et seront à l’origine d’une nouvelle addiction chez vos amis et (la fraise séchée n’étant pas disponible à Paris) d’une sensation de manque qui peut rendre agressif les plus sympathiques d’entre eux (un exemple ici). Préférez donc l’incontournable et indétrônable boule de neige porte de Brandenburg.
Conseil n°4: Le manque toujours le manque, peut être à l’origine de comportements alimentaires proches de la boulimie. Si comme le lapin expatrié que je suis, vous avez une envie irrésistible, de croissants, de cafés serrés, de boeuf, de beaufort, de vin rouge, de boeuf, de rillettes, de saucisson, d’éclair au café, de boeuf, de lotte, de beurre salé, de saucisse de morteau, de boeuf,  de poulet fermier, de menthe à l’eau… et de boeuf, organisez-vous! La disponibilité de l’ensemble de ces produits dans votre réfrigérateur et dans chaque commerce qui jonche les avenues peut vous conduire à ingurgiter l’ensemble de ces mets en quelques heures et à en subir les conséquences digestives, financières, et sanitaires. L’excès de viande rouge et notamment de boeuf peut également rendre quelque peut agressif le végétarien de fait que vous êtes devenu.
Conseil n°5: Evitez la FNAC et les kiosques. Un petit tour à la FNAC (juste pour voir) peut avoir des conséquences fâcheuses sur votre budget (déjà amoindri par le prix de votre voyage, vos besoins gastronomiques, et le pouvoir d’achat naturel d’un Berlinois). Surtout ne vous affolez pas et posez-vous les bonnes questions: Est-ce que dans une situation normale (même en prenant en compte l’offre très avantageuse de la Fnac: 3 DVD pour 20€) j’achèterais les DVD collector de “Rabbi Jacob”, “La cité de la peur” et “le Père Noël est une ordure”? 
Pour les Kiosques, évitez les doublons, non il n’est pas nécessaire d’acheter simultanément Les Inrocks, Volume, Tsugi, Trax et Technikart pour avoir un aperçu de l’actualité culturelle Hexagonale. 
Conseil n°6: N’allumez pas la télé! Certes la jolie boîte noire dans le salon parle Français mais vous pouvez très vite vous retrouvez malgré vous aficionados du Tour de France, Fan de Dr House ou vouloir repeindre votre porte de chambre façon D&Co (si si ça existe toujours).
Conseil n°7: Ne promettez rien. N’oubliez pas que vous avez payé pour un seul bagage en soute avec Easy Jet, pas un de plus. Rentrez au pays vous transforme de fait en transporteur livreur plus rapide et plus fiable que la Fedex et peut vous valoir les commandes nombreuses de vos amis expatriés (Un croissant français (le vrai!), de l’aligot de l’aubrac, des figurines Daft Punk, une bouteille de Sauterne… ). Outre le marathon que vous effectuerez dans les rues de Paris (30°, pollution, circulation) pour collecter les multiples objets, la logique implacable du contenu et du contenant vous obligera à de nombreuses manipulations du contenu (op cit) et de votre contenant (sac à dos décathlon 70l) pour finalement vous poser les vraies questions: Est-ce que je préfère mes vinyles à mes caleçons? A t’on vraiment besoin de chaussettes en été? Peut-on prendre l’avion en portant 3 pulls et 2 pantalons sans avoir l’air louche?
Voilà pour ces quelques conseils, que nous espérons utiles pour tous les expatriés d’une année (Et oui Erasmus a une fin sinon ça serait pas aussi bien) qui rentreront bientôt dans leurs petits clapiers français. Très bon retour à eux! Les lapins techno, eux, ne sont pas (plus) Erasmus et restent à Berlin pour continuer à partager leurs découvertes. 
D’ailleurs on vous rappelle que Demain (vendredi), DJ Feadz (Ed Banger), le plus Berlinois des artistes Parisiens (l’ex petit protégé d’Ellen Allien sur B-pitch control), est au Icon pour une soirée des plus prometteuses. Est-ce qu’Uffie sera là? mystère…

Par Yann Faure

Golden Gate

par Saniya Al Saadi


Par Soizic Cadio & Yann Faure

Melt Festival 2008

Pour certains, été rime avec soleil, vacances, jeux olympiques. Pour d’autres, il rime avec voyages interminables, plantage de tente et concerts à la chaîne, en un mot, avec festivals. Si vous faîtes partie de cette deuxième catégorie, nous vous conseillons fortement le Melt festival, non loin de Berlin, plus précisément à Gräfenhainichen. Voilà la liste des ingrédients qui composent le festival parfait:

Blood Red Shoes: Vous n’avez sûrement pas échappé au buzz Blood Red Shoes, les White Stripes à l’envers et en mieux. Une jolie brune à la guitare, un petit blond fluet à la batterie et un concert parfait, énergique et efficace.

dEUS: On ne présente plus les Belges de dEUS, qui restent les rois des riffs de guitare déchaînés, malgré un dernier album un peu décevant. Mais leurs concerts ravissent les nostalgiques en faisant la part belle aux vieux tubes, Suds & Soda et The Ideal Crash en tête.

Kate Nash: Phénomène pop du moment selon certains, pire album de l’année selon d’autres, la polémique n’a pas lieu d’être aux concerts de cette Anglaise mutine à la voix haut perchée.

The Notwist: S’il y a un concert à ne pas rater à ce moment précis, à cet endroit précisément, c’est bien celui des Notwist, que l’on retrouve avec plaisir après six ans d’absence.

Uffie: Les morceaux de la jeune Américaine sont distillés au compte goutte par Ed Banger depuis deux ans, mais toujours pas d’album en vue. Raison de plus pour aller voir la Hot Chick en chair et en os, accompagnée de son fidèle compagnon, Feadz.

Battles: Pas de buzz ni d’hystérie collective autour des Battles, pourtant l’un des groupes les plus brillants et les plus passionnants du moment. Ces gars là sont juste des génies de la musique et leurs concerts ressemblent à un gros n’importe quoi parfaitement maîtrisé.

Los Campesinos: Comme I’m From Barcelona, Los Campesinos est un groupe chorale au nom trompeur. Un concert sautillant en perspective à base d’indie-pop à la sauce galloise.

Björk: Un pur moment de magie dont on sort tout émerveillé en chantant à tue-tête “All is full of love” à qui veut l’entendre (ou pas). Observez bien la machine du futur: une table électronique où un musicien pose et déplace des objets pour produire des sons…

Ajoutez à tout cela une pincée de Boys Noize, un brin de Hot Chip et une louche de Neon Neon et dégustez le tout sous la pluie à Berlin ce weekend. Tous les renseignements sur le festival et la programmation complète ici. Les prix? 45 € pour un jour, 65 € pour deux jours, 85 € pour trois jours.


Par Soizic Cadio

C’est la Fest dans mon Kiez

Aujourd’hui, samedi 12 juillet, les Kiez Kreuzbergiens de Graefestrasse, Bergmannstrasse et Reuterstrasse ont sorti leurs tables, leurs ballons et leurs orchestres pour une grande spaghetti party. Nous avons donc rejoint nos voisins sur le Maybach Ufer le long du canal, où se tient habituellement le marché Turc, pour aller manger notre assiette de pâtes à la sauce tomate.
Toute l’organisation de la “Lange Tafel” (la longue table) est gérée par les élèves des écoles du quartier, dont la célèbre Rütli Schule qui n’a visiblement pas mérité sa réputation. 

Le marathon de la spaghetti débute à midi et l’on peut poursuivre l’après-midi en jouant au jeu de l’oie ou en apprenant à danser le rock, pour les plus borderline. Des vieux, des ados, des bébés, des Français, des Turcs, des Allemands, des pâtes, des pâtes, oui mais des spaghetti.


Par Soizic Cadio

Palast der Republik
par Saniya Al Saadi


Par Soizic Cadio & Yann Faure


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.