Visual Pulsations @ Studio 23

Le collectif pariso-berlinois Elektrotribe est à la production d’une soirée visuelle et techno qui se tiendra demain (samedi 31 mai) au Studio 23: VISUAL PULSATION
Une soirée Techno, puisque dès 22h les artistes d’Elektrotribe feront bouger les pitchs avec au menu, Dominic Tausenfreund et André Uhl en DJ et Voodoo J en live.
La soirée sera également visuelle, puisque chez Elektrotribe et Studio 23 l’image importe autant que le son. On observera avec grand intérêt la performance VJ de Mona Ruijs dont la vidéo démo hébergée sur Myspace est plus que prometteuse.   

Quand? à partir de 22h samedi 31 mai

Combien? C’est gratuit

Où?
Studio 23 Berlin
Holzmartstrasse 11
S+U Jannowitzbrücke


Par Yann Faure

LE vidéoclub de Berlin : Videodrom

Pour Les Lapins Techno, louer un DVD signifiait descendre au distributeur de vidéos le plus proche, insérer notre carte bleue et faire défiler les jaquettes, pour finalement louer Harry Potter ou le dernier Spiderman. Nous avons vu les derniers « vrais » vidéoclubs fermer les uns après les autres, en même temps que la VHS amorçait son inexorable extinction. A Berlin, on trouve très peu de distributeurs, mais la plupart des vidéoclubs ne ressemblent pas à l’idée que l’on peut se faire du vidéoclub de quartier. Dans ces immenses espaces aseptisés éclairés au néon industriel, on ne trouve souvent que les derniers blockbusters et des kilomètres de films d’horreur et d’action. Ils offrent parfois un petit rayon de films d’auteurs mais là, le second problème du Français en quête de DVD à louer à Berlin se fait jour : les sous-titres. La plupart de ces films sont édités dans de petites collections qui limitent au maximum l’éventail de langues et de sous-titres. Et voir un film anglais sous-titré en allemand quand on est Français et pas bilingue, peut s’avérer assez vite fastidieux…  


Il existe toutefois un petit paradis pour les cinéphiles et les étrangers : Videodrom, un vidéoclub perdu quelque part au croisement de rues oubliées de Kreuzberg. Le lieu est relativement petit et des centaines, des milliers de DVD sont entassés dans de grandes étagères tapissées de papier peint zébré. On y passe de la bonne musique, les vendeurs comme les clients ont l’air sympathique, on peut se détendre et prendre le temps de chercher le film qui sauvera notre dimanche soir du cafard. Une étagère spéciale est dédiée à « La France », occasion de voir ou de revoir tous les Truffaut, Godard, Tati, Ozon, Chabrol, Resnais… On peut même louer La Boum si le cœur nous en dit ! Toutes les nouveautés, ces films qu’on regrette d’avoir ratés au cinéma les six derniers mois, sont également présentes. De même pour les grands classiques, de Woody Allen à Tarantino en passant par Spielberg. Et si l’envie nous prend de passer un weekend en ermite sans sortir de chez soi, on peut louer l’intégralité de Six Feet Under, Columbo, Les Soprano ou Doctor House.


Pour louer un film, il suffit de se faire faire une carte de membre en apportant une pièce d’identité et une facture d’eau ou d’électricité (ils ne prennent pas l’Anmeldung). On paye ensuite 3,60 € par DVD, un tarif relativement élevé mais justifié. On peut également s’abonner pour 25 € par mois.

Videodrom ne se contente pas de louer des DVD en quantité et en qualité, ce dont on aurait pu se contenter. Il offre également un apport éditorial non négligeable en publiant tous les six mois un catalogue d’une centaine de pages sur le fonds (« Cool old stuff ») et les nouveautés disponibles (« Hot new stuff »). Les créateurs de videodrom ont mis en place une véritable stratégie autour de la vente et la location de produits culturels. Outre la location, avec Videodrom de Mittenwalder Strasse, ils ont ouvert un magasin de DVD, livres, magazines, soundtracks… dans la Oranienstrasse, et un shop online de produits culturels.

Videodrom (location)
Mittenwalder Strasse 11
Videodrom Shop
Oranienstrasse 195
www.videodrom.com


Par Soizic Cadio

Concerts à Berlin : un petit coin de France

Photographie Nôze
Le Bureau Export de la musique française de Berlin nous a communiqué la liste des concerts d’artistes français à venir dans la capitale allemande. Pour les nostalgiques du bon son bien de chez nous, voici notre sélection…

23.05.2008
ALIF SOUND SYSTEM
Electronic, HipHop/R&B
Supamolli  

26.05.2008
MICKY GREEN
Pop, Rock
Roter Salon

30.05.2008
VICARIOUS BLISS
Electronic
Icon

02.06.2008
SYD MATTERS
Pop, Rock
Maschinenhaus @ Kulturbrauerei

03.06.2008
CAMILLE
Chanson, Pop
Postbahnhof

07.06.2008
DOP
Electronic
Centrum Club

07.06.2008
NÔZE
Electronic
Watergate

13.06.2008
DOLIBOX
Electronic
Club 103

14.06.2008
LES PETITS PILOUS
Electronic
Maria am Ostbahnhof

14.07.2008
PARA ONE
Electronic
Club 103

25.07.2008
DSL
Electronic
Icon

25.07.2008
FEADZ
Electronic
Icon

26.07.2008
MASSILIA SOUND SYSTEM
Chanson, Reggae/Ragga, World
Popdeurope @ Arena


Par Yann Faure

Berlin für Arme, Berlin pour les pauvres, Bernd et Luise Wagner

Dans les librairies berlinoises, le rayon le plus complet, et sans doute le plus lucratif, semble être le rayon « guides ». A côté des grands classiques réactualisés chaque année au rythme des transformations incessantes de la ville, on trouve en général tout une panoplie de guides qui veulent nous vendre du Berlin à toutes les sauces : Berlin à vélo, Berlin en Trabi, Berlin à l’époque communiste, Berlin et les tags, Berlin pour les végétariens, Berlin pour les ours… Ou Berlin pour les pauvres, un ouvrage qui apporte un nouveau souffle au créneau « guides ». Nous nous sommes donc plongés avec intérêt dans la lecture de Berlin für Arme, de Bernd et Luise Wagner, ovni amusant, rafraîchissant et fort pratique pour les lapins aux poches percées…

 

Inutile de revenir sur les statistiques habituelles qui tendent à enfoncer le clou une fois pour toutes : oui, Berlin est une ville pauvre et ses habitants le sont aussi, du moins les 200 000 berlinois qui vivent de l’aide sociale (345 €). C’était le cas de Bernd Wagner, l’auteur de cet ouvrage. Avec 345 € par mois, mieux vaut être ingénieux et malin, ce qui est également son cas.

 

Berlin pour les pauvres est plus que le reflet d’une ville, c’est un livre dans l’air du temps. A l’heure où les discours politiques incitent la population à travailler toujours plus pour gagner juste assez, la population manifeste pour un pouvoir d’achat décent en France, et les fonctionnaires berlinois découvrent les bienfaits de la grève. Bernd Wagner lui, ne rêve pas de gagner plus. Il a seulement décidé que l’on pouvait faire de la pauvreté un véritable art de vivre, pas seulement de survivre. Selon lui, la pauvreté est la condition naturelle de l’homme. Diogène ne vivait-il pas dans un tonneau ? Et que dire de notre ancêtre, l’homme de Cro-Magnon ? Un fois ce constat établi, Bernd Wagner entreprend de nous donner un ensemble de conseils bien avisés pour vivre à Berlin en étant pauvre, à commencer par le moyen d’obtenir l’aide sociale : avant tout, ne pas se décourager, même si votre dossier tombe dans une faille spatio-temporelle de l’administration… Ensuite, comment se nourrir de manière équilibrée avec 345 € par mois ? D’abord, connaître comme sa poche les offres et les prix des différents supermarchés discount, parce que tout pauvre bien informé doit savoir que l’huile d’olive est bien moins chère chez Aldi que chez Lidl ! On peut aussi aller se servir directement chez le producteur, c’est-à-dire partir à la cueillette dans la nature. Une carte de Berlin nous montre quels sont les meilleurs endroits pour trouver champignons, mirabelles et autres noisettes.

 

Bernd Wagner pense aussi à nourrir nos esprits en nous donnant une foule de tuyaux pour se cultiver à l’œil. Musées, théâtres, littérature, concerts, cinéma… : chaque activité requiert un certain nombre de techniques, que l’on sent vécues et expérimentées. Mais le mieux reste quand même de s’alimenter tout en se cultivant, ou de se cultiver tout en boulotant. Pour ça, rien de mieux que les vernissages des galeries et les réceptions des ambassades. On peut retrouver à la fin du livre la liste des ambassades généreuses en buffet, avec leur adresse et le jour de la fête nationale du pays en question, occasion rêvée de s’incruster dans une réception officielle ! La dernière partie du livre, consacrée aux adresses, est une mine d’informations : les clubs gratuits, les restaurants pas chers, les friperies, les bouquinistes, les bureaux des objets trouvés… Si on a besoin d’un parapluie, il suffit de se rendre au bureau des objets trouvés de la BVG, compagnie des transports de Berlin, et de réclamer un parapluie noir perdu il y a trois jours. Apparemment, on a 9 chances sur 10 de s’entendre répondre « oui, c’est celui-ci ? » …

 

Ce petit livre rouge est tout à la fois : un guide pratique, un livre drôle et divertissant, un manifeste sur le mode de vie et de consommation actuel… On attend maintenant le guide « Paris pour les pauvres », avant qu’il n’y ait plus d’étudiants, de chômeurs, d’artistes et de travailleurs pauvres à Paris…

Berlin für Arme, Bernd et Luise Wagner, Eichborn Berlin, 8 €


Par Soizic Cadio

Herr Müller versucht es mal… (Carnaval des cultures rétro)

1. Le rythme vous envahit…


2. Les photographes sont là pour vous…


3. Vous êtes Carnaval!

Série de photographies par Anna Fernandez


Par Soizic Cadio & Yann Faure

Wanted

Les doudous ont parfois une valeur inestimable, en particulier les doudous-lapins. Les lapins techno se devaient de faire circuler l’information pour retrouver la mascotte perdue (300 € quand même, la chasse aux lapins rapporte…)

Par Soizic Cadio

Sameheads ou les fluofrangins

Photographies par Thomas Toussaint

Dimanche 11 mai, jour du Carnaval des cultures de Berlin, Les Lapins Techno ont préféré à l’ambiance roots du défilé des chars l’ambiance fluo de Sameheads, magasin de créateurs de Kreuzberg 61. Un an plus tôt, nous avions timidement franchi la porte de cette boutique pour découvrir les créations incroyables de ce collectif d’artistes. Nous voilà, un an plus tard et toujours un peu intimidés, prêts à interviewer les fondateurs de ce lieu : Nathan, Leo et Harry, les Dukes Brothers. Âgés de 27, 25 et 23 ans, les trois frères ont découvert Berlin il y a trois ans et ont voulu y rester. Tout ce qui leur manquait, c’était un projet et un peu d’argent. Après plusieurs mois passés à accumuler les jobs, ils sont revenus à Berlin dans l’idée de monter un bar. Finalement, sans aucun background dans la mode, ils sont devenus le cœur d’un réseau d’artistes et de stylistes qui remplissent leur boutique de leurs créations.


Le magasin en lui-même, situé dans la Nostitzstrasse, est un véritable musée. Les couloirs sinueux et les recoins tortueux de Sameheads communiquent avec un magasin de 2nd Hand (Bonnie & Kleid) tenu par une Américaine, qui leur a proposé à l’époque de leur louer une partie de l’espace. « Kreuzberg, it’s all about chance ». Pas un choix prédéterminé, juste un hasard. Mais comme le hasard fait bien les choses, leur boutique se trouve à deux pas de la Bergmanstrasse, la rue commerçante et touristique de Kreuzberg 61.


Nathan, Leo et Harry collaborent avec une vingtaine de stylistes et designers de diverses nationalités, dont un Français, NUCLEUS aCCumbens, que nous rencontrerons bientôt. Dans la boutique, des T-shirts, des jupes, des pantalons, des vestes, des sacs, des bijoux, des disques… Mais comme Sameheads ne fait rien comme tout le monde, les bijoux sont des robots en pendentifs ou des colliers de câbles, les T-shirts sont fluo et bariolés de motifs très graphiques, les pantalons sont zébrés et les jupes ont des formes et des matières indescriptibles. « L’idée est de proposer des créations originales mais accessibles, des pièces uniques que les gens porteront dans la rue », explique Leo. Un T-shirt coûte entre 20 et 30€, une jupe entre 50 et 70 €, par exemple. Au bout de deux ans d’existence, les frères Dukes peuvent se permettre d’être plus sélectifs et de ne vendre que ce qu’ils aiment vraiment. Leur souhait originel était d’apporter un peu de « fun » au style « Zombie » berlinois : fluo et Italo Disco contre style épuré et Techno Minimale. La « night scene » berlinoise est leur bureau, c’est là où se crée leur réseau d’amitiés et de relations. Sameheads organise également des soirées dans des lieux conceptuels en soi, Kebab ou Kindergarten… Pas de Dresscode imposé dans ces soirées, juste la volonté que les gens osent et se lâchent sur le style.


Quand on leur demande quel est leur magasin de vêtements préféré, les frangins répondent qu’ils n’en ont pas et que leurs vêtements proviennent principalement de Friperies et de Flohmarkts. « Très honnêtement, je ne me souviens même pas de la dernière fois que j’ai acheté un vêtement neuf dans un magasin », nous répond Nathan, affublé d’une chemise à carreaux rouge et orange et d’un caleçon moulant noir, blanc et gris.
Après une bière en leur compagnie, on est moins intimidé, et on en sait un peu plus sur ces trois garçons dans le vent, aussi branchés que sympathiques (et oui ça existe). Un lieu unique à découvrir absolument.

Le noyau dur des créateurs de Sameheads:
Frank + Loe
Raki Barcelona
Dacopia
Ian Liddle
Zehn 961
Eppo
Lindo Killer
Tanka by laurent Sylla
Alexander Moloko

Sameheads : Nostitzstrasse 11
U6 Mehringdamm – U7 Gneisenaustrasse
Myspace.com/sameheads


Par Soizic Cadio & Yann Faure


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.