LAPIN, j’écris ton nom…

Berlin est la ville des lapins. Pour ceux qui pensent encore que Berlin est la ville des ours, une petite mise à jour s’impose.
Que celui qui a déjà vu un ours à Berlin me jette la première pierre. (Petite précision au préalable, Knut n’est pas un ours, c’est une carte bancaire, un modèle de peluche, une page myspace, mais certainement pas un ours). Alors ? Personne ?
Les lapins, eux sont bien réels et sortent à la nuit tombée pour se coller une bonne grosse tranche de Nightlife Berlinoise. Ils sont partout, ils sont mignons, ils sont curieux, artistes, fêtards, amants d’un soir, et amateurs de techno, les Lapins sont ein Berliner et ce n’en déplaise à Knut. Preuve de cette montée en puissance des petites victimes de la myxomatose, cette collection de lapins capturés ici et là sur les murs et dans les parcs de la ville…
Vous aussi, prouvez à Knut qu’il est un gros hasbeen et capturez tous les lapins que vous pourrez, mettez les dans un email et refermez bien et envoyez les à leslapinstechno@yahoo.fr.
Nous nous chargerons de leur enlever leur petit pyjama à même la toile.
Bonne chasse.

Par Yann Faure


Photographie par Mareile Kabowski
www.mareilekabowski.de


Par Soizic Cadio & Yann Faure

10. Lange Buchnacht in der Oranienstrasse

Nous vous parlions il y a quelques semaines des nombreuses librairies qui animent la Oranienstrasse. La Lange Buchnacht, ou la longue nuit du livre, qui aura lieu pour la 10ème année consécutive le 12 avril prochain confirme l’intensité et la richesse de la vie culturelle et littéraire de ce quartier. Cette initiative est encouragée et soutenue par l’Union Européenne et le Land de Berlin dans le cadre du programme « Soziale Stadt », ville sociale. L’événement dépasse largement le cadre des librairies de la Oranienstrasse, puisque plus de 40 lieux y participent : magasins, cafés, bars, galeries, Kinder Garten, bibliothèques, musées, pompiers… Dans ces lieux, parmi lesquels on trouve le SO36, le Möbel Olfe, le musée de Kreuzberg, le Kiez Café, ou encore le café Alibi, auront lieu plus de 100 événements et manifestations liés au livre et à l’écrit. L’occasion parfaite pour découvrir cette rue pleine de charme que certains comparent à la parisienne rue Oberkampf. L’entrée est gratuite dans tous les lieux participant et pour toutes les manifestations présentées.
Vous pouvez retrouver le programme complet sur le site www.lange-buchnacht.de. Voici une petite sélection des lieux que Les Lapins Techno ne manqueront pas de visiter samedi prochain :  

15.00 / Feuerwagen / Oranienplatz Nordseite
Les pompiers expliqueront aux petits et aux grands enfants le fonctionnement d’un camion de pompiers. Chouette…

18.00 / Smyrna Kuruyemis / Oranienstrasse 27
Installation audio du journaliste et spécialiste de la popculture, Laf Üuberland, autour de textes de l’auteur de polar Américain, Ross Thomas.

18.30 / Mama Z. und Söhne / Oranienstrasse 186
Lea Straeisand, Martin Betz, Johannes Franke et Georg Weisfeld sont des prophètes du mardi. Tous les trois mardis, ils invitent quelqu’un pour parler de Dieu et du monde, vaste programme. Pour l’occasion, ils se font prophètes du samedi.

19.00 / Kreuzberg Museum / Adalbertstrasse 95A
Présentation du gagnant du concours jeunesse organisé conjointement par le magazine Zitty et la librairie Modern Graphics sur le thème Chance / Poisse

19.30 / Max & Moritz / Oranienstrasse 162
Nuit du polar sur le thème « mourir en beauté » : lectures de différents auteurs et vidéoprojections

20.00 / Kreuzberg Museum / Adalbertstrasse 95A
Visite guidée des plaques commémoratives de la Oranienstrasse en mémoire des victimes de la Shoah et des lieux où elles habitaient.

20.00 / NGBK / Oranienstrasse 25
Nichtstun !… in der neuen Gesellschaft : littératures de l’art de ne rien faire dans la société d’aujourd’hui.

20.30 / SO36 / Oranienstrasse 190
« Berlin pour les pauvres » : leçon et lecture de Bernd et Luise Wagner

21.00 / Modern Graphics / Oranienstrasse 22
Lecture de l’œuvre de Marco Denevi « Ein Hund auf Albrecht Dürers Stich, Ritter, Tod und Teufel » avec projection des dessins de l’artiste espagnol Max.

21.30 / Schokofabrik / Marianenstrasse 6
Que fait un reporter local ? Waltraud Schwab, reporter au Taz, lit des reportages et portraits de gens, de lieux et d’événements de Berlin.

22.00 / Möbel Olfe / Reichenbergerstrasse 177
Longue nuit de la clope. Lecture de textes sur la cigarette, les fumeurs, la fumée.

Après cette longue journée et cette longue nuit, nous vous ferons un petit compte-rendu de l’événement et nous attendons les vôtres.


Par Soizic Cadio

Europäische Clubnacht : La nuit européenne des clubs le 19 Avril

L’idée d’une Europe musicale n’est pas nouvelle. Après l’Europe de l’atome, celle du charbon et de l’acier et l’Europe économique, la musique était une raison de plus de ne pas se mettre sur la margoulette entre nations voisines.
On en connaît aujourd’hui le résultat : l’Eurovision, succession affligeante de chanteurs ringards et dansants, épinglés des heures durant par les commentaires racistes d’une paire de présentateurs has-been (genre Drucker aux Victoires de la musique mais en pire).
Admettons tout de même que la France a fait récemment preuve d’un certain courage en envoyant se casser le nez l’année dernière les talentueux « Fatals Picards », et cette année le génial « Sébastien Tellier »…
Bref, l’idée d’une Europe musicale n’est pas nouvelle et peut mener à certains excès. Vigilance et méfiance sont donc de mise envers toutes initiatives associant les termes « musique », « Europe » et prétendant à la « branchitude ».
C’est pourtant le pari fou qu’ont tenté le ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, la commission des clubs de Berlin et le Auswärtigem Amt, en travaillant à la deuxième édition de la nuit européenne des clubs. Le principe est simple, une nuit, une ville, 34 clubs, 27 pays, 30 groupes, 100 DJ et VJ, un seul tarif (12 Euro) pour accéder à l’ensemble des clubs pendant la nuit. Avouez que l’initiative a de quoi séduire… Les lapins Techno, eux, y seront. 

Representing France :

Au KINGKONGKLUB
Plateau Repas www.myspace.com/plateaurepas
Ania et le programmeur www.myspace.com/aniaetleprogrammeur

Au TAPE CLUB
Etienne de Crecy www.myspace.com/etiennedecrecy
Sebastien Bouchet www.myspace.com/sebastienbouchet

Au TRESOR
Anthony Dupont www.myspace.com/antonydupont
Subspace www.myspace.com/subspacemusic

On vous passe les détails sur le reste de la programmation, elle est consultable ici :
http://www.clubcommission.de/Download-document/9-Europaeische-Clubnacht-19.04.08-Line-up-mit-Adressen.html


Par Yann Faure

Droit de réponse: Sylvain Bourmeau, journaliste à Mediapart

La visibilité n’étant pas la première vertu de notre mode d’affichage de commentaires, Les Lapins Techno ont jugé bon de publier le commentaire de Sylvain Bourmeau, journaliste à Mediapart, réagissant à notre article du 1er avril 2008 intitulé “Mediapart vs DDR Museum“. Le voici:
“Bonjour et merci de l’intérêt que vous portez à Mediapart.
Le texte que vous signalez n’est pas un article d’un journaliste de Mediapart mais celui d’un historien de l’Université Paris 1, Nicolas Offenstadt, par ailleurs l’un des fondateurs du comité de vigilance sur les usages publics de l’histoire (mis en place en raison des références constante et sauvages de notre nouveau président de la République). Nicolas Offenstadt a créé sur mediapart une “édition participative” c’est à dire un blog collectif avec une douzaine d’autres historiens sur ce même thème. Son texte est lisible gratuitement (tout n’est pas payant sur Mediapart) puisqu’il est publié non pas dans le journal mais dans la partie club (sorte de mini espace public)du site. Dans le journal des journalistes de Mediapart sont payés pour écrire et il faut payer pour les lire. Dans la partie Club, des citoyens, qu’ils soient juste lecteurs, ou chercheurs, experts, amateurs, universitaires, acteurs sociaux divers, et même journalistes à Mediapart écrivent gratuitement, es qualité ou non, et donc on peut les lire gratuitement. Deux régimes donc sur Mediapart pour conserver certains principes qui unissent presse (vieille ou non) et démocratie. En revanche, pour commenter, où que ce soit (journal ou Club) il faut être abonné oui, c’est la meilleure des garanties pour obtenir des commentaires de qualité, et pas juste des énervements de gens de passage qui disent à peu près n’importe quoi comme il y en a tant sur le net.
Bien,
Sylvain Bourmeau, journaliste à Mediapart et lecteur de votre blog.”

Par Yann Faure

Berlin Alexanderplatz, Alfred Döblin

A l’image de la Fernsehturm elle-même, voilà un roman qui se mérite. Massive, imposante, fière voire arrogante, la tour télé qui orne Alexanderplatz se laisse admirer de loin et sa pointe rouge et blanche fait figure de phare symbolique, de point de repère pour le piéton qui se dit : « Regarde, la Fernsehturm est juste là, on est tout près de l’Alexanderplatz ». Grave erreur. Lorsque l’on se dit ça, on est quasiment sûr d’avoir encore trois bons quarts d’heure de marche pour l’atteindre. Mais quelle récompense quand on y arrive enfin.  

Il en va un peu de même avec le roman d’Alfred Döblin. Dès les premières pages et quasiment jusqu’à la fin, on se dit qu’on n’y arrivera pas. Quel étrange langage, quelle étrange histoire, quel étrange personnage… Alexanderplatz, « l’Alex », est la scène, le cœur du roman, et un personnage à part entière. Alexanderplatz dans les années 1920… Peut-on imaginer cet endroit sans son âme communiste ? Peut-on se représenter cette place sans son immense tour télé devenu un symbole de la ville servi à toutes les sauces ? Mais le Berlin d’Alfred Döblin n’est pas monumental. La prison de Tegel exceptée, on n’y voit que des rues, des immeubles, des Kneippe et des gens. Les monuments sont absents et c’est tant mieux.

L’histoire est celle de Franz Biberkopf, un homme solide et costaud, ancien déménageur, qui sort de quatre ans de prison pour avoir battu à mort sa compagne, Ida. Sa sortie de prison marquera le début d’un dur retour à la vie et à la ville. Franz Biberkopf fait le vœu de mener dorénavant une vie honnête, loin de la pègre et des bas-fonds berlinois. Les circonstances en décideront autrement. Il rencontrera des femmes, jusqu’à la petite Mimi qu’il adorera. Il rencontrera des hommes, jusqu’à l’infâme Reinhold qui causera sa perte. Au cours de toutes ces aventures, il perdra : un bras, sa Mimi, son honnêteté, sa naïveté, son argent, son poids. Jusqu’à la folie et la rédemption finale.

Mais plus encore que l’histoire, c’est la langue qui est intéressante ici. C’est un cliché qui se répète dès qu’on évoque Berlin Alexanderplatz mais c’est effectivement un roman qui rappelle beaucoup le Voyage au bout de la nuit de Céline. Même si les auteurs ont peu de choses en commun à part leur époque : Alfred Döblin est Juif et devra quitter l’Allemagne en 1933, Céline est antisémite et collaborateur et s’exilera en Allemagne en 1945. Mais les deux romans sont des romans qui gueulent. Des romans sonores à la langue vivante voire violente. C’est aussi cette langue qui rend la lecture difficile, d’autant que la traduction semble être un peu datée. Les personnages de Berlin Alexanderplatz parlent dans ce livre comme ils devaient parler en 1928 dans les bars enfumés de Berlin :

« - Que se passe-t-il donc aujourd’hui, Cilly ? C’est jour férié ?
Elle arrangeait sa coiffure.
- Ben ! Oui, c’est dimanche.
- Non, fête pour de bon que j’veux dire.
- P’t-être bien chez les Catholiques, j’en sais rien.
- Rapport aux Cloches qui font tout ce potin.
- Quand ça ?
- Mais là, à la minute, pardi !
- J’ai rien entendu. T’as entendu qu’eque chose, Franz ?
- J’te crois, qu’est ce qui t’faut alors !
- T’auras rêvé grosse bête ! »

Et ces cloches, c’est le début de la fin pour Franz.
Entre ces dialogues et la narration des aventures de Franz, le narrateur nous parle beaucoup : de la météo, de la mort, des agneaux et des veaux sans défense que l’on égorge dans les abattoirs, de la vie, de la politique… En outre, ses titres sont pour le moins explicites et aident le lecteur à s’y retrouver dans le déroulement des chapitres : « Les dimensions de Franz Biberkopf, il est de taille à se mesurer avec les héros de l’antiquité », « A homme nouveau, métier nouveau ou pas métier de tout », « Le mercredi des cendres. Mais le lecteur peut aussi bien sauter ce chapitre » (j’aime particulièrement ce dernier titre…).
Bref, Berlin Alexanderplatz est un roman… proliférant. Dont la lecture demande courage et persévérance…


Par Soizic Cadio

Stil in Berlin : la mode par les Berlinois

Photographie par Stil in Berlin

Dignes représentants et ambassadeurs du bon goût, Les Lapins Techno ne pouvaient pas rester plus longtemps silencieux sur le sujet qui fait vibrer les cœurs et les portefeuilles : la mode… la mode… la mode…
Aujourd’hui, Les Lapins Techno se la jouent donc « Mademoiselle Agnès » pour vous parler du petit blog qui monte et qui ravira les plus coquets d’entre vous : « Stil in Berlin » ou « le style dans Berlin » (mais ça sonne moins bien).
L’objet de ce blog est des plus simples : capturer sur pellicule les Berlinois les plus stylés qui feront et déferont la mode de demain (et il y en a !). Alors, si en vous rendant au supermarché, les flashs crépitent dans votre direction, pas de panique, vous êtes tout simplement tendance.  

Le Blog : stilinberlin.blogspot.com
Myspace : myspace.com/stilinberlin


Par Yann Faure


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.