Meine U-Bahn

Berlin n’aura jamais autant ressemblé à Paris qu’en ce jour (semaine ?) de grève de la BVG, l’occasion pour nous de revenir sur ce curieux train qu’on appelle « U ».  

Les stations de métro berlinoises possèdent un charme tout à fait particulier et déroutant. Les premiers jours, à plus forte raison si l’on vient à Berlin en touriste, on utilise souvent et presque exclusivement le S-Bahn, l’équivalent en plus chic du RER parisien. Les lignes de S-Bahn traversent la ville sur toute sa longueur et s’arrêtent à tous les endroits qu’il « faut » avoir vus. Charlottenburg et son château. Savignyplatz et ses écrivains. Zoologischer Garten et son Zoo. Tiergarten et ses hectares de forêt. Bellevue et la maison du président. Hauptbahnhof et, au choix, son toit en verre, le Hamburger Bahnhof ou le Reichstag. Friedrichstrasse et le Mitte de luxe (Galeries Lafayettes, Gendarmenmarkt). Hackescher Markt et le Mitte branché. Alexanderplatz et sa mythique tour télé.

Une fois qu’on a vu tout ça, et surtout si on habite à Berlin, on délaisse rapidement le confort du S-Bahn pour s’aventurer dans le U-Bahn. Et c’est une autre histoire. Tout un pan du passé de la ville est encore vivant dans ses souterrains. Stations « à l’ouest », stations « à l’est » ou stations fermées à l’époque du mur, on change d’ambiance à chaque arrêt. Quelques constantes cependant. Le quai est toujours situé au milieu des voies, contrairement au métro parisien où les rails séparent les deux quais. Cet espace central est parfaitement aménagé pour le temps d’attente (parfois long, surtout le dimanche) entre les métros. Stands de currywurst et kiosques de presse, de quoi passer agréablement le temps avant de monter dans son train. Dans les stations de l’Ouest, souvent très colorées, de grands espaces sont prévus sur les murs pour la publicité, même si ces espaces restent parfois vides, faute d’investisseurs. Les stations de l’est sont plus sobres. En général, seul le nom de la station apparaît, sur les murs dénués de pubs, entouré de losanges ou autres arabesques.
Chaque station possède un caractère bien particulier. On a vite ses stations préférées et celles où on se dit, chaque fois qu’on y passe, « quel drôle d’endroit ».

Quelques exemples de ces étranges endroits :
Fehrbelliner Platz et ses couleurs années 60, orange, violet, marron, du meilleur goût. À l’extérieur, une sorte d’aberration architecturale rouge pétant au milieu d’une place rescapée du IIIème Reich.
La station Heidelberg Platz et son ambiance cathédrale, agrémentée de photos du 18ème siècle.
Les mignonnes stations en porcelaine blanches et vertes qui précèdent Alexander Platz sur la U2 (Spittelmarkt, Märkisches Museum).
Kottbusser Tor, grouillante de monde à toute heure du jour et de la nuit et repaire favoris des dealers et des vendeurs de clopes au rabais.

Toutes considérations esthétiques mises à part, on vous épargne la complexité de certains trajets, les travaux qui vous obligent à trois changements au lieu d’un, les lignes qui ne couvrent que 4 stations, des lignes différentes qui arrivent sur le même quai… Bref, inutile de préciser que le U-Bahn berlinois, on l’aime beaucoup même si on le regarde encore parfois comme une bizarrerie. En prime, un plan du U-Bahn à l’époque du mur dégotté sur un Flohmarkt (oui, on y passe tous nos dimanches, et alors) et qui nous montre toutes les lignes et les stations de l’époque.


Par Soizic Cadio


Les Lapins Techno, Currywursters since 2007. Un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, les shops, Berlin.