mars, 2008
Des livres et des cafés : Oranienstrasse
lundi 17 mars 2008
Kreuzberg, Kultur & Konfitur, Shops commenter
Oh * 21 (Oranienstr. 21)
Lorsqu’on arrive de Görlitzer Bahnof, la première librairie que l’on rencontre s’appelle Oh * 21. L’intérieur est assez sobre, les livres sont entreposés sur de hautes étagères métalliques, comme dans une sorte d’usine du livre. Des quatre librairies de la Oranienstrasse, celle-ci paraît être la plus spécialisée dans le domaine de la littérature « engagée », si présente dans l’histoire du quartier. Voici quelques-unes des rubriques que l’on peut y trouver: Fascismus, Anti-Fascismus, Vernichtung, Frauen, Ökologie, Kapital, Neue Recht… Le ton est donné. On y trouve également un rayon de littérature classique et de romans, mais l’on sent surtout dans cet endroit le souffle des thèmes qui ont façonné Kreuzberg depuis plusieurs décennies.
Modern Graphics (Oranienstr. 22)
La vitrine donne à elle seule l’envie de passer des heures dans cette boutique de BD et de Comics. Les amateurs de BD dilettantes seront comblés autant que les nerds collectionneurs de X-men introuvables. On y trouve un grand nombre de bandes dessinées, allemandes et étrangères, dont quelques-unes sont disponibles en version originale (Black Book, Calvin and Hobbes), la majorité étant traduite en allemand (Perspepolis, Donjon Parade). On y trouve également de nombreux livres d’art, de graphisme ou de design, des vieux comics pas chers et plein de petits objets rigolos et régressifs. Modern Graphics est une sympathique boutique tout en longueur où il y a toujours du monde.
NGBK (Oranienstr. 25)
NGBK est à la fois une librairie est une galerie d’art contemporain. La librairie en elle-même est spacieuse et très complète. On y trouve notamment une importante sélection de revues et de magazines spécialisés sur de nombreux thèmes ainsi qu’une multitude de livres sur Berlin. Outre les habituels guides et cartes de Berlin, NGBK présente à peu près tous les ouvrages disponibles sur la ville : art, politique, histoire, romans…D’immenses rayonnages de romans, de livres d’art ou de cuisine, font de cette librairie l’une des plus intéressantes de Berlin.
La galerie mérite également le détour. L’exposition actuelle présente certaines pièces très intéressantes, notamment en photo et en vidéo. À l’entrée de la galerie, dans une petite pièce sombre, des vidéos de chorales filmées dans différentes villes (Hambourg, Singapour, Los Angeles, Saint-Pétersbourg…) passent en boucle toute la journée. Ces chorales sont le fruit d’ateliers ouverts dans ces villes durant plusieurs mois et ouverts à tous ceux qui le souhaitaient. Dans ces ateliers de « complaintes », les participants ont été chargés d’écrire des paroles en se plaignant de leur ville avec humour, le tout ensuite mis en musique sur des airs d’opérette.
Antiquariat Kaligramm (Oranienstr. 28)
La dernière librairie de la Oranienstrasse est en fait un petit bouquiniste où l’on trouve – logiquement – de nombreux livres d’occasion, et curieusement de nombreux ouvrages de philosophes ou de sociologues français, en allemand dans le texte, bien sûr.
Par Zou
Bloc-notes…
mercredi 12 mars 2008
LLT Gallery, Uncategorized commenter
photographie par Les Lapins Techno
Par Zou
Berlin, métropole culturelle, Boris Grésillon
mardi 11 mars 2008
Berlinpinpin, Kultur & Konfitur commenter
Son étude passe par tous les rappels historiques nécessaires à la compréhension de la ville. L’âge d’or des années 1920 et de la République de Weimar (Fritz Lang, Georg Grosz, Berthold Brecht, le Bauhaus…), la « Germania » du IIIème Reich, la ville occupée par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale puis divisée par le mur, la vitrine occidentale du socialisme et la vitrine orientale du capitalisme, la réunification, le retour des institutions, le « chantier » … Cette trame historique est constitutive d’une trame urbaine riche en « lieux de mémoire » mais, paradoxalement, empêche la ville de se figer, de se complaire dans un passé muséifié. Tant de passés doivent cohabiter que cela crée une dynamique absente à Paris ou à Londres. Mais revenons à ce statut de métropole culturelle cher à Boris Grésillon. Malgré un chômage élevé, malgré les difficultés économiques, malgré la position excentrée de Berlin par rapport à la banane bleue, la ville exerce depuis plusieurs années une force d’attraction incomparable sur l’Europe et au-delà. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le parcours d’artistes, de musiciens, de peintres Français pour s’en rendre compte. La petite phrase « vit et travaille à Berlin » est devenue une ritournelle familière. Entre 2003 et 2007, le nombre de Français à Berlin serait passé de 9 000 à 17 000. L’attrait semble aussi fort sur les Anglo-Saxons et les Européens de l’Est, Polonais, Roumains ou Russes. On peut avancer sans trop de risque que la richesse culturelle de Berlin constitue l’une des principales sources de cette attraction pour l’avoir nous-mêmes subie.
La ville de Berlin investit beaucoup dans la culture, particulièrement dans es lieux de la culture officielle, dite culture « in », et l’Etat fédéral se soucie également de plus en plus de son développement culturel (450 millions d’€ en 2003). Boris Grésillon dénombre dans son étude ces lieux de la culture in : 3 opéras, 8 orchestres symphoniques, 120 théâtres, 350 musées et galeries… Il met aussi des noms sur cette fameuse culture : Frank Castorf, Claus Peymann, Daniel Barenboïm, Thomas Ostermeier… C’est, selon lui, cette culture de capitale qui permet à Berlin de tire son épingle du jeu du marasme économique. Car la culture rapporte à Berlin, elle n’est pas un supplément d’âme mais un véritable poumon. Elle emploierait plus de 50 000 personnes et le tourisme culturel rapporterait à la ville plus d’1,5 milliards d’euros chaque année.
L’autre facette de cette richesse culturelle est celle que Boris Grésillon nomme fort justement la culture « off ». Celle qui fascine et confère à la ville son air de mystère et de liberté. La culture off est plus alternative, plus difficile à repérer, plus secrète. Établie dans des cours, des quats, des bâtiments industriels à l’abandon, elle fait la vitalité e Berlin et structure elle aussi sa géographie. Elle a établi ses quartiers à Prenzlauer Berg, Kreuzberg ou Friedrichshain.
On ne vous en dira pas plus sur cet ouvrage à lire impérativement si vous voulez en savoir plus sur Berlin que ce qu’en disent les guides touristiques. Voilà une étude complète, intéressante et poussée sur Berlin, en Français, détail non négligeable…
Par Zou
Kreuzberg Museum : « Schade das Beton nicht brennt »
lundi 10 mars 2008
Berlinpinpin, Kreuzberg, Musées commenter
Le premier intérêt de ce musée est la reconstitution du quartier en maquettes très précises, où chaque façade, chaque square, chaque boutique est représenté. Sous les maquettes, on trouve de curieuses jumelles dans lesquelles on aperçoit une photo en 3D d’un commerçant ou d’un habitant de Kreuzberg, dans sa boutique ou dans son appartement. Ces petits personnages figés dans les jumelles ont l’air étrangement vivants dans leur petite pièce en 3D.
Sur les murs, tout autour de la pièce, une longue frise chronologique reprend l’histoire du quartier grâce à des textes et des photos. Mieux vaut parler allemand si l’on veut saisir pleinement la dynamique de Kreuzberg. On y apprend que l’histoire du quartier, resté longtemps à la marge de la ville, a été très mouvementée. Situé à l’ouest du mur mais à l’est de la ville, le destin de Kreuzberg à l’époque du mur a été des plus singuliers. Dans les années 60 a été mise en œuvre une importante politique urbaine appelée « Sanierung », soit rénovation. Ce plan devait s’accompagner de destructions et de reconstructions d’immeubles et d’appartements pour leur donner un format standard, ce qui devait passer par de nombreuses expulsions et délogements. L’histoire de quartier est également étroitement liée à la communauté turque, largement concentrée à Kreuzberg dès les premières vagues de migration. Durant la période de « Sanierung », la communauté de Kreuzberg s’est animée, s’est révoltée, s’est unie contre. Scandalisée par les expulsions et les spéculations immobilières, elle a mis en place de nombreuses associations et réunions de quartier pour organiser la résistance par des actions spectaculaires comme l’occupation illégale de logements vides.
Enfin, confortablement installé dans un canapé, on peut achever sa visite en visionnant de courtes vidéos sur des thèmes qui ont fait l’histoire et la vie de Kreuzberg : la constitution du club mythique SO36, les manifestations, les émeutes urbaines et la répression policière, la communauté turque… On peut également y voir un film dont le titre pourrait être celui du musée : « Schade das Beton nicht Brennt ». Dommage que le béton ne brûle pas.
Kreuzberg Museum
U1 U8 Kottbusser Tor
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h
Entrée gratuite
Par Zou
Bloc-notes…
vendredi 7 mars 2008
LLT Gallery commenter
photographie par Les Lapins Techno
Par Yan & Zou
Cupcake
jeudi 6 mars 2008
Bars/Cafés, Prenzlauer Berg 1 commentaire
Par Zou












