Les Médias Français à Berlin

Dans la mesure où il y a de plus en plus de Français à Berlin (22 000 officiellement, peut-être le double officieusement), il est normal que les médias destinés aux Français installés à Berlin croissent dans les mêmes proportions. Voici donc une liste non exhaustive des principaux médias francophones, accompagnée de commentaires totalement subjectifs.   

RFI Berlin (106.0)
Depuis 1995, RFI émet à Berlin sur la fréquence 106.0 et possède depuis 1997 son propre studio à Berlin. Trois fois par jour, de 8h30 à 9h, de 12h30 à 13h et de 18h à 19h, RFI diffuse les infos et de courtes émissions en allemand. Le reste du temps, RFI émet en Français, pour le bonheur des non-germanophones.
Certes, RFI ne remplacera jamais France Inter et le flash de 8h fait pâle figure à côté de la „douce“ voix de Nicolas Demorand. Mais c’est toutefois agréable d’entendre une voix française dans sa radio et d’avoir des flash info réguliers. L’information sur RFI est largement et logiquement tournée vers l’international. Difficile donc, d’obtenir des informations pointues sur un sujet précis de l’actualité française. Ainsi, on a entendu parler, en quelques mots, du fameux texto de Sarkozy seulement 4 ou 5 jours après que l’information ait été révélée par le site du Nouvel Observateur, mais on maîtrise sur le bout des doigts l’actualité africaine ou le résultat des élections chypriotes. On peut aussi être agacé par les inlassables rediffusions des émissions, qui passent au moins deux fois par jour, parfois le week-end, sans compter les nombreux teasings entre chaque diffusion…
Malgré tout, certaines émissions abordent des sujets intéressants (on sent un grand effort pour suivre au plus près la „révolution numérique“) et ça peut faire du bien, parfois, de changer de point de vue. En écoutant les actualités de RFI, on prend conscience qu’il se passe des choses dans le monde en dehors du dernier discours de Nicolas Sarkozy ou de sa dernière baisse dans les sondages.

La Gazette de Berlin vs Le Petit Journal
Berlin a la chance d’abriter deux journaux indépendants réalisés par des Français pour des Français. La première possède une édition papier et un site Internet, le second n’est présent que sur le Web. Notre préférence ira pour le Petit Journal, malgré notre attrait pour le papier. Le Petit Journal est présent dans toutes les villes étrangères où vivent de nombreux expatriés Français. Il est même possible de lancer sa propre édition du Petit Journal dans sa ville à l’étranger, si elle n’existe pas déjà. Berlin a son édition, qui publie quotidiennement des articles souvent intéressants. C’est en tous cas une source fiable, avec des informations chiffrées et de nombreuses interviews. La Berlinale a par exemple fait l’objet de pas moins de 7 articles. Économie, culture, société, politique… Tous les thèmes y sont abordés.
www.lepetitjournal.com/berlin
La Gazette de Berlin a l’avantage d’offrir une version papier, devenue payante depuis peu, le modèle économique du gratuit n’étant en aucun cas viable pour un média qui ne peut capter une part conséquence du marché publicitaire. Par rapport au Petit Journal, la Gazette tente de créer avec ses lecteurs un rapport plus personnel et affectif, rapport rendu notamment possible par la présence d’une version papier dans les lieux fréquentés et appréciés par ses lecteurs. La Gazette de Berlin sort deux fois par mois, disponible dans un certain nombre de lieux dont l’adresse figure sur leur site, et les articles sont pour la plupart accessibles gratuitement en ligne. Elle traite également de sujets politiques, économiques, culturels…
www.lagazettedeberlin.de

Paris-Berlin, le news magazine franco-allemand
Enfin, on peut trouver dans certains points de vente (kiosques et librairies), pas spécifiquement à Berlin mais dans toute l’Allemagne et la France, le news magazine Paris-Berlin, qui répond aux caractéristiques des news magazines d’information comme Le Point ou le Nouvel Obs, mais qui est dédié aux relations franco-allemandes sous tous les angles. On y trouve là encore des dossiers politiques, économiques, culturels et sociaux… Mais sur papier glacé. Diffusé à 30 000 exemplaires de part et d’autre du Rhin, Paris-Berlin présente la particularité, par rapport à la Gazette et plus encore au Petit Journal, de tout miser sur le papier et de ne rien laisser en accès gratuit sur le site, à part le sommaire du magazine. Pour ne jamais l’avoir acheté personnellement, je ne peux pas dire grand chose sur le contenu, si ce n’est qu’il est disponible aux Galeries Lafayettes.
www.magazine-paris-berlin.com


Par Zou

Un concert de Team Plastique ou l’art et le porno chic

Un homme monte sur la scène. La silhouette est grande, barrée d’un manche de guitare. Un écran derrière s’allume et des motifs roses et noirs défilent. La lumière soudaine accentue le contraste et les contours de l’ombre du guitariste Axel Dankeschon se précisent. Les premières notes s’échappent, se superposent pour finir dans un déchaînement de décibels et de saturations.   

Au plus fort du bruit, on pousse dans mon dos. Je me retourne. Une toile plastique transparente laisse entrevoir deux visages. Le curieux attelage traverse la salle jusqu’à la scène. Ce sont elles, les deux créatures manquantes du Team Plastique. La boîte à rythme commence à jouer comme la toile libère les deux jeunes femmes aux tenues légères et singulières. La première s’appelle Legs Akimbo. Sa poitrine est tout simplement énorme et contraste avec la petitesse de son corps. Elle est LA voix du Team Plastique, un timbre écorché mais limpide, qui dynamise chaque battement de la beat box. La deuxième s’appelle Psykat et contraste de par son allure. Elle est plutôt grande et fine, et affiche un crâne rasé comme pour dissimuler ce physique avantageux …et ça marche. La chanteuse suscite plus la peur et l’inquiétude que le sex-appeal. Sa voix n’est certainement pas de la même teneur que son acolyte, néanmoins ses gesticulations et ses mimiques donnent superbement la réplique aux airs de midinettes de Legs Akimbo.

Et c’est parti… le concert d’électro clash devient performance pornographique et/ou artistique c’est selon. Et que je m’entortille dans du scotch et que je fais semblant de mourir, et que je prends un ananas et que je le mets dans ma culotte (le groupe est Australien et là-bas il y a des ananas), et que je l’éventre sur scène et que je jette le jus sur le public qui en redemande, etc. Ah oui et au fait ça parle de quoi tout ça ? les titres des chansons sont plutôt explicites, je vous en donne quelques-uns en vrac : Oral fixation, Mercy BJ, Virgins do it best, Is that dress legal

Verdict : que du bonheur ! plus qu’un concert, une aventure étrange aux pays rose et noir du Team Plastique.

Je signale également que leur album « T.I.T.S. this is the shit » est disponible à la vente après chaque concert et disponible en téléchargement sur Itunes et que les dates de concert sur Berlin sont nombreuses alors allez-y…

myspace.com/teamplastique
www.team-plastique.com


Par Yan

Ode à la Yogurette

Sa texture moelleuse et craquante à la fois, son goût délicieusement sucré, ses petits morceaux de fraise 100% chimiques, son emballage rose pâle si rassurant… Je vous présente la Yogurette, la meilleure chose qui soit arrivée à l’Allemagne depuis les Kinder.   

Il semble que je sois la seule à éprouver une telle passion pour cette petite barre chocolatée au nom « très français ». Entre chacun de mes passages dévastateurs au rayon Yogurettes, la pile ne baisse jamais. Le nom fait aussi partie du charme, avec ce petit « ette » très infantilisant. Pourtant, on n’en trouve malheureusement pas en France. Mais dans tous les supermarchés allemands trône la Yogurette, même dans les plus discount.

On me dit que c’est chimique et trop sucré, que mon addiction pour ces barres vendues par 8 est un peu inquiétante. Il est vrai que je peux en ingurgiter 16 en quelques minutes mais, comme le Nutella, je pense que la Yogurette est remplie d’une substance chimique addictive liée directement à mon cerveau. Et puis ça coûte seulement 0,69€ au Netto, alors quand on n’a pas d’argent et qu’on ne s’achète que des pâtes et des patates, le petit rectangle rose au fond du panier est un réconfort pour les yeux et le cœur…


Par Zou

Neue Nationalgalerie: Die aufregende Kunst des 20. Jahrhunderts

Le Kulturforum est une sorte de parallèle moderne à l’île des musées. On y trouve la Gemäldegalerie (musée de peintures classiques du 15ème au 19ème siècles), une bibliothèque d’art, un musée des instruments de musique, un centre de mode et de design… et la Neue Nationalgalerie consacrée à l’art moderne. Elle a beaucoup fait parler d’elle cet été avec la grande exposition au titre un brin provocant « Die schönsten Franzosen kommen aus New York » (Les plus beaux Français viennent de New York), consacrée à 150 tableaux de maîtres français prêtés par le Museum of Modern Art de New York. Face à l’affluence record de visiteurs, nous avons décidé de laisser passer l’effervescence (donc de rater l’expo) et de visiter la Neue Nationalgalerie quelques mois plus tard, à l’occasion de l’exposition « Die aufregende Kunst des 20. Jahrhunderts ». Je viens à l’instant de comprendre le titre de l’exposition, et par là-même l’expo elle-même, dont le sens m’a du coup échappé pendant la visite…

Il s’agit d’une sorte de grande rétrospective de la peinture du 20ème siècle, retraçant la plupart des grands courants picturaux à travers quelques œuvres représentatives. Tout y passe, dans le désordre : Expressionnisme, Expressionnisme Symbolique, Dadaïsme, Surréalisme, Réalisme, Bauhaus, Cobra, Art Minimal, art de la DDR… J’ai donc parcouru un peu sceptique l’histoire de l’art moderne en me perdant entre les pièces, les courants et la chronologie.

Et puis j’ai compris en regardant dans le dictionnaire le sens du mot « aufregend », qui signifie agaçant, énervant, irritant. Du coup, on comprend mieux le sens de cette expo et la justification de cette juxtaposition un peu chaotique. Il s’agit donc d’œuvres agaçantes, pas spécialement provocantes mais susceptibles d’irriter. Par exemple les « monochromes » américains du courant Colour Field Painting, un style dominant aux Etats-Unis après la Seconde Guerre Mondiale qui cherchait à réduire ses tableaux à trois éléments fondamentaux : couleur, format, matière. Il s’agissait de s’abstraire de toutes les notions d’histoire, de mythe, de mélancolie, de mémoire, qui prévalaient dans la peinture européenne. Irritants aussi, les tableaux d’artistes contestataires Allemands de l’entre-deux-guerres (Otto Dix…), des artistes de la DDR…

Rétrospectivement, c’est une expo intéressante. Enfin ce petit mot « aufregend » est intéressant. Est-ce qu’il signifie que l’expo montre des peintures qui ont fait scandale en leur temps, qui ont irrité la morale, les dogmes et la bonne conscience de leurs contemporains ? Est-ce qu’elle nous parle de notre propre irritation face à des monochromes de Klein ou des néons de Dan Flavin ? D’ailleurs, à ce titre, j’ai rencontré un spécimen assez irritant des musées d’art moderne et contemporain. L’accompagnatrice d’un groupe de collégiens français qui cherchait à gagner la complicité de ses élèves en se ralliant à leurs railleries dans la salle dédiée à l’art minimal : « C’est vraiment scandaleux… Comment on peut exposer ça dans un musée ? Moi aussi je pourrais le faire… Tiens, c’est de l’art ça, l’étagère là ? ». Bref, une expo intéressante où on peut voir les liens, les passerelles, les connexions entre des styles et des époques, qui la plupart du temps nous échappent.

www.neue-nationalgalerie.de

8€ - 4€ tarif réduit – Le billet donne accès à l’ensemble du Kulturforum
U2 Mendelssohn-Bartholdy-Park

Par Zou

Hamburger Bahnhof – Museum für Gegenwart

Un des musées Berlinois les plus intéressants. Un petit conseil pratique: le Hamburger Museum est gratuit le jeudi, comme tous les musées gérés par la ville, 4 heures avant la fermeture, à savoir de 14h à 18h. Il faut descendre du S-Bahn à Hauptbahnhof et sortir du côté de la très moche statue-cheval. Après avoir traversé 3 ou 4 feux, en plusieurs fois bien sûrs, puisqu’une des spécificités de Berlin est d’avoir des feux de signalisation trop courts pour que les piétons puissent traverser en une fois, on se retrouve face au grand bâtiment un peu classique du musée, sur lequel trônent les Néons bleus verticaux de Dan Flavin.
Ce musée, comme son nom l’indique, est une ancienne gare reconvertie en musée d’art contemporain en 1996. Une reconversion très réussie, et on imagine avec une petite larme ce qu’aurait pû être le Palais de la République…

En entrant, on arrive directement dans le hall de gare. Sur la droite se trouvent les pièces dédiées à la collection permanente. Andy Wahrol, Anselm Kiefer, Rauschenberg, Joseph Beuys…
Le reste de cet immense espace est dédié aux nombreuses expositions temporaires. Parmi les expos vues là-bas, la grande expo „Schmerz“ de cet été. En collaboration avec le musée d’histoire de la médecine, cette expo fascinante a été conçue sur le thème de la douleur sous toutes ses formes. De la souffrance du Christ à la mélancolie, des organes malades exposés en vitrine à la représentation du deuil par Bill Viola. Un seul regret: une pièce fermée à l’entrée de laquelle un large panneau avertissait „WARNING“, interdit aux femmes enceintes, aux enfants, aux cardiaques, aux petits Mickey… En voyant le visage blême et les cheveux décoiffés des gens qui en sortaient, je me suis dégonflée…

Jusqu’au 24 février, on peut voir au Hamburger bahnhof l’expo temporaire consacrée à Heinz Emigholz et intitulée Die Basis des Make-up. Une seule pièce consacrée à l’œuvre hors-norme de l’artiste. Aux murs, des centaines de dessins noir et blanc sont accrochés à quelques centimètres d’intervalle, remplissant tout l’espace. Au centre, des centaines de carnets exposés sous vitrines et un film reprenant les pages des carnets à un intervalle très rapide, donnant ainsi une certaine cohérence à l’ensemble. L’effet est assez hypnotisant. Les images et les textes se superposent sans que notre notre cerveau ait le temps de vraiment les distinguer et les analyser mais il choisit à notre insu de se focaliser sur certaines images, sans qu’on sache pourquoi. Une expo intéressante bien qu’un peu frustrante. Ce trop plein d’images donne un vertige qui empêche de se fixer sur une seule. Et tous ces petits carnets noircis de pattes de mouche qu’on ne peut pas feuilleter ni déchiffrer. Bref, une œuvre monstrueuse dont on ne peut saisir que quelques bribes.

www.hamburgerbahnhof.de
S-Bahn Hauptbahnhof

Par Zou

Dé truk en trok o brikabrak: SPD mon amour

Badge SPD für Berlin

0,50 €

Flohmarkt Fehrbelliner Platz
le dimanche jusqu’à 16h
U3 et U7 fehrbelliner platz


Par Zou

Tazpresso

Le Tazpresso est le café sympathique du sympathique journal „Die Tageszeitung“, familièrement appelé Taz, justement parce qu’il est sympathique. Orienté très à gauche, le Taz est un peu l’équivalent vraiment à gauche de notre Libération. Son emblème est une petite patte de panthère et son siège est situé dans la Kochstrasse, juste au dessus de Tazpresso. Le long de la grande baie vitrée, on peut déguster un expresso commerce équitable, lire gratuitement le journal, manger, acheter des produits dérivés du Taz, mais pas fumer des cigarettes. La clientèle se compose majoritairement d’intellectuels de gauches, assez chics et dégarnis, qui eux aussi lisent nonchalamment leur journal. Le lieu est élégant sans être lounge et l’ambiance, tranquille et détendue, sous-entend toutefois que se trouvent ici des gens qui réfléchissent très fort…

Rudi-Dutschke-Strasse 23 / Ubahn 6 Kochstrasse / Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 20h

Depuis mai 2008, presque plus besoin de se déplacer, le Taz Café vient à nous avec le Tazpressomobil. La petite camionnette rouge à l’effigie de la panthère Taz sillonne Berlin au rythme des marchés et des fêtes de rue: le mardi et le vendredi sur le Maybachufer, le samedi à Chamissoplatz à Kreuzberg et le jeudi à Kollwitzplatz à Prenzlauer Berg.

Par Zou


Les Lapins Techno: un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, de la musique, les expos, les shops, Berlin.