Les lapins techno is watching you



Par Yan & Zou

Un mur


Par Zou

Smoking, No smoking

En France comme en Allemagne, les fumeurs ont la vie dure depuis quelque temps déjà. On ne va pas peser le pour et le contre pour la énième fois: nous sommes fumeurs… Avant de repartir pour Berlin en décembre dernier, peu au courant des évolutions législatives Outre-Rhin et persuadés que Berlin était la ville du bonheur, on a fait les malins devant tous nos amis fumeurs: « Nous, on part à Berlin, c’est trop cool, là-bas c’est la liberté! Vous qui restez en France, vous êtes condamnés à passer vos soirées sur le trottoir! ». On a bien déchanté en arrivant à Berlin. Quoi? Ici aussi c’est interdit? La ville des chômeurs, des clubbers et des artistes envoie aussi ses fumeurs sur le trottoir?
Nous avons donc dû nous résoudre à choisir nos bars en fonction de leur terrasse… Attention anecdote…   

Samedi soir, on a décidé de faire une escapade-fumeur à Kreuzberg. Après avoir lutté contre le sommeil pendant 2h30 au cinéma devant I’m Not There, le film sur Bob Dylan, nous sommes partis à la recherche d’un bar pas trop bondé et fumeurs-freundlich dans les rues de Kreuzberg 36. On a finalement trouvé un endroit très sympathique qui n’est certainement mentionné dans aucun guide berlinois. Sur la petite place au milieu de la Oranienstrasse, un peu après le bateau Ivre, on tombe par hasard sur ce petit café sans prétention qui affiche clairement la couleur par un petit écriteau sur sa porte: „Wir rauchen für den Frieden. Nicht Raucher werden nicht diskriminiert“. Fumer pour la paix, ça nous plaît. Enfin un endroit au juste milieu, qui n’est ni surpeuplé de gens branchés, ni totalement vide à part un serveur à la mine blafarde éclairé par des néons faussement festifs. On entre donc au café Jenseits et on tombe sur le serveur le plus gentil du monde. Un petit monsieur dodu aux cheveux et à la barbe blanche nous fait signe qu’il arrive tout de suite. On commande deux Flensburger, la bière qui fait plop quand on l’ouvre, mais le gentil monsieur nous répond dans un Français impeccable qu’il n’en a plus. À la place, il nous propose de la Budweiser, la plus ancienne bière d’Europe, importée de République Tchèque, « pas de la Bud qui pue made in USA ».
Allez… Quelques bières pour l’histoire, quelques clopes pour la paix… Si on peut rendre service…

Pour information, le magazine Zitty a sorti un numéro très utile où il recense les endroits où l’on peut encore fumer à Berlin. En voici quelques-uns:

Charlottenburg
- Dicker Wirt – Danckelmannstr. 43
- Dicke Wirtin – Carmerstr. 9
- Dollinger – Stuttgart Platz 21
- Schwarzes Cafe – Kantstr. 148

Friedrichshain
- CSA – Karl-Marx-Alle 96
- Macando – Gärtnerstr. 15
- Paule’s Metal Eck – Krossener Str. 15 / Simon-Dach-Str.
- Stereo 33 – Krossener Str. 24
- Tagung – Wühlischstr. 29

Kreuzberg
- Barbie Deinhoff – Schlesische Str. 16
- Bateau Ivre – Oranienstr. 18 (fumeur à partir de 16h)
- Kirk – Skalitzer Str. 75
- Möbel Olfe - Reichenbergerstr. 177
- Salon Schmück – Skalitzer Str. 80
- Wiener Blut – Wiener Str. 13

Mitte
- Hackbarth’s – Auguststr. 49
- Strandbad Mitte – Kleine Hamburger Str. 16

Prenzlauerberg
- 8 mm Bar – Schönehauseralle 177B
- Emper Sportsbar – Milastr. 5
- Haliflor - Schwedter Str. 26 (fumeur à partir de 18h)
- Zu mir oder zu dir – Lychener Str. 15

Schöneberg/Tiergarten
- Bar am Lützowplatz
- Cafe M – Otto-Schmirgal-Str. 7
- Green Door – Winterfeldtstr. 50


Par Zou

Salon franco-allemand du recrutement à Berlin

J’ai assisté, vendredi dernier, à un événement dont il peut être intéressant de parler ici. Le salon franco-allemand du recrutement à Berlin, organisé par le site connexion-emploi. Tout un programme… J’ai décidé d’y faire un tour, malgré le peu d’intérêt que m’inspiraient les recruteurs potentiels présents sur le salon : Total, un laboratoire d’appareils auditif, une entreprise d’impression, des cabinets de recrutement dans le domaine du marketing ou du commerce, les Galeries Lafayettes, un restaurant Français… Étaient présents également les médias français dont nous avons parlé récemment : la Gazette, le Petit Journal, Rencontres. Deux autres raisons m’ont poussée à visiter ce salon : voir qui sont ces fameux Français qui cherchent du travail à Berlin et assister à une conférence intitulée « Postuler en France et en Allemagne : une différence certaine et une certaine différence »…. En réalité, j’ai appris qu’un CV allemand doit comporter une photo et être exempt de fautes d’orthographe. J’ai aussi appris que lorsqu’on postule pour un poste de contrôleur de gestion et qu’on a eu une expérience professionnelle dans le tourisme dix ans auparavant, il vaut mieux ne pas la mentionner. Thorsten Mühlberg, l’organisateur de la conférence, proposait ensuite une sorte de mini-consultation pour optimiser ses chances d’être embauché en Allemagne. Mais très vite, vingt personnes faisaient déjà la queue devant son petit bureau pour faire analyser leur CV. Il était déjà midi, je me suis découragée. Pas question d’aller chez Total. Juste le temps d’aller discuter un peu avec les représentants des journaux. J’ai donc pu rencontrer Cécile Boutelet, qui a lancé l’édition berlinoise du Petit Journal il y a un peu plus d’un an. L’occasion de savoir comment fonctionne ce média et d’avoir une discussion intéressante.
Quant aux Français présents sur les lieux… Ils étaient assez nombreux, pour la plupart âgés de moins de trente ans, quelques-uns en costumes, d’autres en sages jupes. La grande majorité d’entre eux faisaient la queue soit devant le stand de Thorsten Mühlberg, soit devant celui d’EuroJob Consulting, un cabinet de recrutement, en tenant fébrilement leurs CV franco-allemands entre leurs mains.
Deux phrases m’ont rappelé qu’il était temps de partir.
La chargée de communication de Total à un candidat:
« La prochaine fois, ne vous affalez pas sur la table et mettez une cravate »
Le représentant d’un restaurant Français à un candidat:
« On a deux salades qui marchent très, très fort en ce moment »

Par Zou

Kill Knut

Dans la rubrique Berlinpinpin se trouve en gros tout ce qu’on ne peut pas mettre ailleurs. Tout ce qui n’est ni un lieu, ni un lapin, ni un objet, ni de la Kultur, ni de la Konfitur, c’est du Berlinpinpin. Un peu comme du tralala, du tirelipinpon ou de la lambada. Impossible d’inaugurer cette rubrique sans parler de Knut. Où que vous soyez, vous avez forcément subi cette béatification généralisée de la population d’Europe autour de ce pauvre ourson qui n’avait rien demandé à personne.    

Et vous l’avez subie à plus forte raison si vous étiez à Berlin cet été. Pour ceux qui n’ont pas suivi ou ceux qui dormaient dans une tente au fin fond de l’Islande, Knut est un petit ours blanc né au zoo de Berlin. Jusque là, pas de raison de sortir les caméras. Mais la raison de cette émotion populaire, c´est que Knut a été abandonné par sa maman. Pauvre Knut. Méchante maman ours. C’est vrai que cet été au zoo de Berlin, si on contournait la foule qui se pressait devant les grilles de chez Knut pour aller voir les ours polaires adultes, on pouvait effectivement voir sa génitrice s’éclater en sautant dans l’eau comme une petite écervelée, pendant que sa progéniture criait famine pas très loin. Alors bon, on n’allait pas le laisser mourir ce pauvre Knut, donc on l’a nourri au biberon pendant des mois. Enfin on, pas moi hein, les soigneurs du zoo. Fin de l’histoire. Cette mini-tragédie a pourtant fait converger des milliers d’Allemands et d’Européens vers le zoo de Berlin. L’Ourson est devenu un super produit marketing qui satisfaisait tout le monde. Le zoo de Berlin d’abord, qui a dû voir tripler son nombre d’entrées annuelles. Les boutiques touristiques de Berlin, qui voyaient là l’occasion de renouveler un peu leur stock de symboles berlinois. Et enfin les “gens”, qui voyait en Knut l’occasion de s’émouvoir à moindre frais pour une bonne cause.

Sauf qu’aujourd’hui, Knut est deux fois abandonné… Les peluches à son effigie ont un peu lassé, les écrans de télé du U-Bahn ne suivent plus jour après jour sa courbe de poids et de taille. Et Knut lui-même n’a plus grand chose à voir avec la mignonne petite peluche blanche du début. Il est devenu une sorte d´adolescent ingrat et mal dans sa peau. Il a grandi, grossi et son pelage d’hiver tend vers le maronnasse. Plus personne ne se presse pour venir le voir et les gorilles ont retrouvé leur place de rois du zoo. Il y a bien encore quelques fans qui restent fidèles à leur visite hebdomadaire. Mais ceux-là font parfois un peu peur. Je soupçonne qu’il s´agisse des mêmes gens qui viennent au zoo tous les jours et qui parlent aux animaux comme des à de vieilles connaissances.

Mais comment va faire le zoo pour compenser la nette baisse des entrées qui le guette en 2008? Et bien figurez-vous que depuis quelques temps, un très mignon petit ours brun est très copain avec un très mignon petit chat. Mais il faut aller au zoo pour le voir. Si, je vous jure que c’est vrai…


Par Zou

Smyrna Kuruyemi (ou les fruits séchés)

Si vous vous êtes déjà promené l’été dans la Oranienstrasse à Kreuzberg, entre Kottbusser Tor et le très bobo Bateau ivre, vous avez sûrement remarqué avec curiosité tous ces gens qui, flânant sur les trottoirs ou assis à une terrasse de café, piochaient avec gourmandise dans un petit sac de papier marron. Nous aussi nous sommes interrogés, jusqu’au jour où on a découvert ce commerce Turque, qui est en fait une chaîne berlinoise. En entrant, on tombe sur un immense étalage d’épices de toutes les couleurs. Tout à droite, le plus intéressant, l’objet de cet article : les fruits séchés. Mangues, kiwis, figues, dattes, ananas, cerises… et surtout fraises séchées. Vous allez vous dire qu’on a un problème avec les fraises (voire le post sur les Yogurettes) mais celles-ci son vraiment délicieuses. Et leur café n’est pas mal non plus. On regrette un peu l’ancien vendeur, un énorme Turque qui adorait dire ses trois mots de français d’une voix tonitruante, mais bon, on le conseille quand même.
Oranienstrasse 27 / U Kottbusser Tor ou Görlitzer Bahnhof

Par Zou

DDR Museum – Musée de la RDA

 

Voilà un sympathique petit musée qui ravira les Ostalgiques et les curieux. La surface paraît étroite mais le musée recèle de nombreux trésors cachés. Les faux murs sont en effet troués de tiroirs ou de penderies que l’on ouvre en tirant sur une poignée. Surprise: des cahiers d’écoliers, la panoplie du parfait petit socialiste, la garde-robe de la travailleuse… Le musée de la DDR aborde dans un joyeux bordel tous les thèmes de la vie quotidienne dans l’ex-Allemagne de l’Est: les vacances, l’école, l’organisation du travail, les vêtements, la consommation, les loisirs, l’architecture, l’information, la Stasie…
Deux pièces sont particulièrement intéressantes: la Trabi dans laquelle on a le droit de s’asseoir (enfin pour ça, il faudra se battre avec tous les petits gosses qui veulent y monter avant vous) et la reconstitution d’un appartement-témoin. On entre par le salon, on s’assoit dans un canapé aux couleurs douteuses et on regarde la télé. On a même le choix entre un discours de Honecker et un épisode de Derrick. Dans la cuisine, on trouve toute une panoplie d’appareils ménagers très rigolos qu’on aimerait bien avoir chez soi.
On peut y passer 1 heure ou 3 heures mais on y apprend forcément un tas de choses. Et on a de fortes chances de rencontrer une petite dame de 60 ans qui nous dira qu’elle a les mêmes à la maison (les mêmes cahiers d’école, les mêmes robes, les mêmes assiettes…).  

www.ddr-museum.de
Karl Liebknechtstr. 1
Plein tarif : 5,50 € - Tarif réduit : 3,50 €


Par Zou


Les Lapins Techno: un blog curieux et culturel sur Berlin, en Français... les bars, les clubs, les bons plans, de la musique, les expos, les shops, Berlin.